Une particularité liée à la physique quantique des champs est que, pour un état quantique donné, le nombre de particules, n’est pas toujours défini. C’est (entre autres) ce qui interdit d’employer systématiquement une description purement corpusculaire de la matière. Cela interdit aussi de définir le vide comme un milieu qui ne contient aucune particule. Ainsi, lorsque deux particules (par exemple, deux électrons) interagissent, elles peuvent le faire « simplement », en échangeant un seul photon.
Toutefois, ce photon peut, une fois qu’il a été émis par le premier électron, disparaître. Ce faisant, il génère une paire de particule/antiparticule. Il peut aussi réapparaître un moment plus tard, avant l’absorption par le deuxième électron, par recombinaison de la paire créée de manière furtive. Ceci implique, entre autres, que la masse des particules ne serait pas une propriété intrinsèque des particules elles-mêmes, mais serait étroitement liée à la manière dont celles-ci interagissent avec la structure quantique du vide.
Particules virtuelles
La conséquence principale de cette particularité est l’impossibilité de considérer la matière comme étant constituée d’une somme de particules élémentaires, se déplaçant dans le vide. Ceci implique que l’élémentarité ne peut plus se concevoir en termes d’objets. Le vide contient en effet des particules « virtuelles » qui sont clairement responsables de la masse au repos des choses. Le vide ne se contente donc pas de s’opposer à la matière. Il devient un composant incontournable de la matière. Le fait que la matière puisse échanger de l’énergie virtuelle avec le vide qui la constitue a des conséquences tout à fait remarquables.
Pour comprendre cela, considérons N quanta vibrant avec une fréquence f. Selon la relation de Planck-Einstein, chaque quanta véhicule une énergie E = h·f, où h désigne la constante de Planck. Dans ces conditions, l’énergie E totale associée à N quanta tous identiques s’écrira : E = N×(h·f). Toutefois, en physique quantique des champs, le nombre de particules est autorisé à fluctuer d’une quantité ∆N. Il en découle alors un flou énergétique ∆E = ∆N×(h·f). D’autre part, l’angle de phase φ de l’onde associée au quanta de fréquence f varie comme φ = 2π·ν·t. On aura donc pour une résolution temporelle ∆t, un flou sur la phase ∆φ = 2π·ν·∆t. Or, selon de principe d’incertitude d’Heisenberg, le flou en énergie ∆E et le flou en durée de vie ∆t doivent toujours être tels que ∆E·∆t ≥ ħ/2.
Cohérence et incohérence
Ceci conduit directement à la relation d’incertitude fondamentale de la physique quantique des champs : ∆N×∆φ ≥ 1/2. Cette relation nous informe sur l’existence de deux types d’états pour la matière. Un état « séparable » ou encore « incohérent » où le nombre d’objets ne fluctue pas, soit ∆N = 0. Ceci entraîne bien sûr ipso facto une incertitude totale sur la phase quantique. Ces états incohérents nous bien familiers, car ils interviennent dès qu’il est possible de compter les choses. Comme beaucoup de choses naturelles sont dénombrables, cela permet d’ignorer l’existence d’une phase quantique.
Toutefois, cet état d’incohérence s’oppose à un autre état « inséparable » ou encore « cohérent ». Ici, il peut exister d’énormes fluctuations du nombre total d’objets qui ne cessent d’être créés ou détruits. La conséquence est que la phase quantique prend une valeur de plus en plus précise puisque dans ces conditions ∆φ → 0. Cohérence signifie ici qu’il est parfaitement vain de vouloir compter le nombre de constituants élémentaires. Même si ces derniers sont séparables par la pensée, ils se comportent physiquement comme un seul bloc. En fait, ils forment sous la une seule entité indissociable car soudée par la cohérence de phase qui règne au sein de cette entité.
Domaines de cohérence
Comme vous l’aurez peut-être compris, cette cohérence c’est celle que l’on peut observer à notre échelle. Car, la relation de base ∆N×∆φ ≥ 1/2 est invariante d’échelle puisque le facteur 1/2 est sans dimension. On explique ainsi que des choses puissent avoir un comportement déterministe, alors qu’un extraordinaire chaos interne règne dans ces choses apparemment formées de plusieurs parties. C’est sûrement là l’un des résultats les plus troublants de la physique quantique des champs, qu’un chaos destructeur puisse aussi être créateur de structures. Le fait qu’il faille sans cesse créer et détruire les composants élémentaires pour acquérir une stabilité et une structure est une façon révolutionnaire de penser la matière.
L’eau qui est formée de molécules indiscernables répondant toutes à la formule H2O n’échappe pas bien sûr à cette règle. Elle pourra donc sous deux exister sous deux états. L’un incohérent que l’on associe aisément à l’eau des chimistes. L’autre cohérent que l’on pourra associer à l’eau morphogénique. D’un point de vue pratique, la théorie indique que cette cohérence implique environ 10 millions de molécules d’eau [1]. Autrement dit, tout assemblage de molécules d’eau doit être découpé en blocs contenant chacun 10 millions de molécules d’eau. Ces blocs sont nommés « domaines de cohérence ». Concrètement, comme le nombre d’Avogadro est voisin de 1024, cela signifie qu’il existe dans 18 grammes d’eau (une mole) environ 1017 domaines de cohérence.
Mémoire de l’eau
De plus, chaque bloc peut se trouver, soit dans un état cohérent (bit 1), soit dans un état incohérent (bit 0). Cela revient à dire que l’eau morphogénique se comporte comme un milieu pouvant mémoriser jusqu’à 10 péta-octets d’information. D’où la validation de l’idée de mémoire de l’eau, défendue par certains scientifiques et vivement rejetée par d’autres. En fait, ceux qui valident cette idée se placent de facto dans le cadre de la physique quantique des champs. À l’inverse, ceux qui la refusent, se placent de facto dans le cadre de la physique quantique de première quantification où le nombre d’objets n’est pas autorisé à varier. Ils rejoignent en cela, tous ceux qui se placent dans le cadre de la physique classique, où la notion même de phase quantique est totalement ignorée.
1937, en pleine guerre civile espagnole, qui oppose les républicains aux fascistes, un poète irlandais de vingt-deux ans, engagé dans les Brigades internationales, meurt pour son idéal. Tandis que sa famille, son école et son Église lui promettaient une…
Quelques nouvelles des topologies astrales (TAs). Voilà un bon mois que je vous ai laissé tranquille et mijoter dans votre jus. Car, j’ai réalisé à ce jour près de 400 TAs et seulement une vingtaine de personnes m’ont donné une note. Certaines personnes ont pris le jeu très au sérieux et ont travaillé dur pour comprendre leur TA. Comme une majorité reste silencieuse, j’en déduis forcément que cela patine dans la choucroute astrale. De ce que j’ai pu comprendre, il n’y a pas trop de problèmes avec la polarité, les éléments et le mode d’action. Le décodage est, en effet, assez trivial. Ici, la subtilité se trouve dans les valeurs relatives. Pour affirmer quelque chose de pertinent, il faut un écart très net entre des groupes. Des différences d’une ou deux unités ne sont pas significatives. On doit considérer les qualités associées comme formant un bloc.
Je vous rappelle que la somme des coefficients de ces qualités de polarité, d’éléments et de mode est de 23. Par conséquent, pour la polarité (deux qualités), l’égalité est à 11 + 12 = 23. Ainsi, comme chaque point gagné par une qualité est perdu par l’autre, il faut un écart d’environ de 5 points ou plus pour assurer qu’il y a une polarité Yin ou Yang franche. Pour les 4 éléments, l’égalité est 6 6 6 5 (6×3 + 5 = 23). Un écart d’une ou de deux unités ne signifie donc rien du tout. Pour qu’un élément s’impose, il doit atteindre au moins la valeur 10. Pour le mode, l’égalité est à 8 8 7 (8×2 + 7 = 23). Ainsi, ici aussi un mode s’affirme franchement dès que le coefficient dépasse la valeur 10. De même, des écarts d’une ou de deux unités sont insignifiants.
Importance de l’Ascendant
Il semblerait donc que ce soit plutôt la topologie astrale qui vous pose un problème. Par conséquent, je vais vous proposer une méthode pour démarrer. D’abord, j’indique toujours le signe dans lequel se trouve la planète (texte vert après le caractère ‘/’) et la “maison” (chiffre romain en haut à droite du dessin humoristique dessous la lettre ‘M’). Alors, si vous êtes vraiment perdu, vous avez toujours la solution de prendre un livre d’astrologie. Normalement, ce livre vous donne ce que peut signifier pour un individu d’avoir une planète dans un signe et une maison donnée. Sachez que la Maison I définit ce que l’on appelle l’Ascendant qui est aussi indiqué sur la TA tout à droite après les trois caractères ‘ASC’. Très souvent, cet Ascendant définira assez bien votre personnalité. Les plus paresseux pourront donc se limiter à l’analyse de cet Ascendant en Signe et Aspects.
Maintenant, je suppose que vous voulez aller plus loin, sans recourir à un astrologue qui travaille avec un horoscope rempli de signes cabalistiques et totalement hermétiques au non-initié. C’est là qu’il devient intéressant d’employer l’outil TA. Pour l’illustrer, j’ai pris la topologie la plus complexe que j’ai rencontré à ce jour. On reconnaît ce genre de topologies au fait qu’il y a une multitude de flèches dans tous les sens entre dix planètes ayant un bloc central 3×3 sans cases vides. Une complexité accrue est obtenue si des flèches se croisent (topologie 3D), signifiant que deux dimensions ne sont pas suffisantes pour mettre en évidence tous les liens entre les planètes.
Polarité, état élémentaire et mode d’action de Wolfgang Amadeus Mozart
L’image jointe à ce post, vous donne la TA d’un “génie” de la musique : Wolfgang Amadeus Mozart, en personne. Prêts ? Alors, en avant la musique… Vous pouvez aussi vous référer à la chronique n °67, la chronique n° 68 et la chronique n° 69 pour d’autres exemples. Avec une polarité Yang/Yin de 16/7, Mozart est franchement une personne émettrice et extravertie. Lorsque l’on constate la renommée mondiale de sa musique, cela colle très bien. Chez Mozart, c’est l’élément “Air” qui, sans conteste, domine. On a donc, a priori à faire avec un esprit suractif, vif dans sa tête et moins dans son corps, qui s’intéresse à tout sans se fixer vraiment.
Le mode d’action est, lui surtout marqué par le mouvement circulaire (mode “Fixe”). Par conséquent, avec une énergie qui rayonne vers l’intérieur. Mais, juste après, vient le mouvement en spirale qui, lui, permet de changer de plan. D’où une certaine souplesse et aptitude au changement. Enfin, vu son Ascendant Vierge, on s’attend à ce que la planète Mercure ait un gros coefficient dans sa TA. Mais, comme cette TA est très complexe, rien n’est moins sûr. Normalement, tout le monde devrait être capable d’arriver à ce niveau dans sa TA. Et, donner déjà une note en oubliant le reste.
Almuten de Mozart
Par conséquent, pour affiner la note, passons à l’analyse de la TA. La première chose à faire est de rechercher l’Almuten, c’est-à-dire le “Maître de Nativité” qui est la planète disposant du plus gros coefficient. Mais, attention ! Ici aussi, il faut que ce coefficient soit significativement différent des coefficients affectant les autres planètes. Typiquement, avec au moins deux unités de séparation. Chez Mozart, il est difficile de trouver un Almuten. Ainsi, il y a quatre planètes dans un mouchoir de poche : Mercure (27) ; Saturne (26) ; Pluton (25) et Uranus (24).
En effet, ce n’est que lorsqu’on atteint Uranus, que l’on peut trouver une planète ayant un coefficient bien plus faible. Ici, c’est la Lune (18), avec un écart de huit unités par rapport à Uranus. Pour l’Almuten, Uranus est un peu trop loin (trois unités le séparent de Mercure). Reste, donc le choix entre Mercure, Saturne ou Pluton. Et, comme Mercure est l’Ascendant, maîtrisant le signe de la Vierge, prendre Mercure comme Almuten semble très raisonnable, malgré les écarts très faibles dans ce trio de tête.
Mercure, Saturne et Pluton chez Mozart
Mozart était donc de toute évidence un être doté d’une intelligence hors norme. Mais, il avait aussi un côté Saturnien et également Plutonien. Or un plutonien est toujours fasciné par l’étrange, le merveilleux, le grinçant, l’horrible, le morbide, la scatologie, le sexe, la pornographie. Pluton, c’est “inter urinam et faeces nascimur” des Pères de l’Église. Expression qui signifie : « Nous naissons entre la merde et l’urine. »
De fait, ce n’est un secret pour personne que Mozart avait des penchants scatophiles très marqués. Remarquons aussi qu’avec Saturne, l’on a affaire à la pensée secondaire, structurée et déductive, qui s’appuie sur la logique et le temps. Ainsi, Mozart était un musicien légendaire qui aimait mélanger les mathématiques et la musique. On retrouve ici une logique et une rigueur toute Saturnienne. Quand vous avez, comme Mozart, trois planètes pouvant concourir pour le titre d’Almuten, on peut, sans crainte de se tromper, affirmer que la personne sera une personnalité complexe et déroutante à bien des points de vue.
Empreinte digitale de la TA de Mozart
Pour le reste de l’analyse, recherchons la “colonne vertébrale” de la TA, ou si vous préférez, le “tronc” de l’arbre. Pour cela, considérez individuellement chaque planète. Et, comptez le nombre de flèches qui s’éloigne de l’image de cette planète. Pour chaque flèche qui s’éloigne, vous lui associez la lettre ‘E’ (pour “Émission”). Pour chaque flèche qui pointe vers l’image de la planète, vous lui associez la lettre ‘R’ (pour “Réception”). On obtient ainsi, une “empreinte digitale” de la topologie (EDT). Ici, on peut prendre l’ordre des planètes dans le système solaire en partant du Soleil et de la Lune :
Soleil (SOL) : E + R + R Lune (LUN) : E + R Mercure (MER) : R + R Vénus (VEN) : E + R + R Mars (MAR) : R Jupiter (JUP) : E + E + E + R Saturne (SAT) : E + E + E + R Uranus (URA) : E + E + E + E + R + R Neptune (NEP) : E + R Pluton (PLU) : R
Voilà, maintenant, vous cherchez la tête de chaîne (TC) qui définira le niveau “zéro” de la topologie. Cette planète se caractérise par le fait qu’elle ne possède que des lettres ‘E’. Vous comprenez, peut-être, la raison pour laquelle j’ai choisi Mozart. Aucune tête de chaîne ne se dégage… Nouvel aspect de la complexité de sa TA.
Détermination de la tête de chaîne
Pour en trouver une, prenez les planètes qui n’ont qu’une seule lettre ‘R’. Et, cette fois-ci, ignorez les flèches ‘R’ qui proviennent des trois planètes situées au-delà de l’orbite Saturnienne : URA, NEP et PLU. Voici, une nouvelle liste où l’on s’arrête à Saturne :
Soleil (SOL) → E + R Lune (LUN) → E + R Mercure (MER) → R Vénus (VEN) → E + R Mars (MAR) → R Jupiter (JUP) → E + E + E + R Saturne (SAT) → E + E + E
Vous voyez désormais se dégager la TC. C’est la planète qui n’a que des flèches de type ‘E’. Chez Mozart, cette TC est précisément la planète Saturne.
À présent, vous avez trouvé le “sommet” de l’arbre. Cherchez alors le “tronc”, en suivant les flèches, afin de trouver la suite de planètes la plus longue, toujours en ignorant URA, NEP et PLU. Pour Mozart, voilà le résultat :
SAT(0) → VEN(-1) → JUP(-2) → LUN(-3) → MAR(-4)
Remarquez que j’ai affecté à chaque planète un chiffre négatif donnant son niveau d’enfouissement inconscient. Vous avez maintenant trouvé la racine de l’arbre, qui, normalement ne doit pas avoir de lettres ‘E’, mais que des lettres ‘R’. Ici, c’est la planète Mars. Reste à placer les “branches” à leur niveau correspondant :
Vous avez ici une idée de comment circule l’information cosmique chez Mozart. Pour que ce soit plus clair, vous pouvez remplacer chaque planète par un mot qui la caractérise.
Décodage de la TA de Mozart
Voici une liste possible de mots-clés que j’utilise couramment :
SOL : Ego LUN : Sensibilité MER : Intellect VEN : Amour MAR : Action JUP : Expansion SAT : Contraction URA : Libération NEP : Communion PLU : Transmutation
Pour simplifier, je n’ai choisi ici qu’un seul mot-clé par planète. Celui qui me semble le plus représentatif. Mais, libre à vous d’en utiliser d’autres (voir le document mode d’emploi). Voici alors une manière de “décoder” Mozart :
La première chose que Mozart fait lorsqu’il capte l’information cosmique ou astrale par son “feuillage” (MER, SAT, SOL) c’est de la contracter (“Tronc” = SAT). La réduire au strict minimum pour ne retenir que l’essentiel et éliminer le superflu. Puis, il utilise les forces de l’amour dans le but de la nourrir pour qu’elle grandisse et se développe (JUP). Tout en prenant soin que cela soit libérateur (URA) et que l’information soit transmutée (PLU). Une fois cette expansion effectuée, il utilise sa sensibilité (LUN) pour agir (MAR), en écrivant, par exemple, une partition musicale…
L’humour scatologique de Mozart
Je n’ai, bien sûr, aucun moyen de savoir si Mozart fonctionnait bien comme cela. Mais, au moins, cela parait plausible et raisonnable. Le fait d’écrire (Mars) la musique qu’il avait en tête (Mercure), fruit de son ego (Soleil) et de son désir de communier (Neptune) avec l’humanité tout entière était, bien sûr largement inconscient (Mars, niveau -4). Comme sa sensibilité (Lune, niveau -3) qu’il dissimulait par un humour scatologique (Pluton, niveau -2). Certains, disaient qu’il était atteint du syndrome de Tourette. Mais, ce syndrome concerne l’expression orale et non l’expression écrite. Et, c’était bien à l’écrit, que Mozart proférait ses grossièretés comme dans le canon « Leck mich im Arsch », K. 231 (K6 382 c), où l’on trouve les paroles :
« Leck mich im A[rsch] g’schwindi, g’schwindi! »
Ce qui peut se traduire en français par : « Va te faire foutre » pour le titre et « lèche-moi le cul, vite, vite ! » pour les paroles.
Puits, relais et nœuds décisionnels
Notez aussi, que nous n’avons ici fait qu’effleurer la surface. L’analyse peut se poursuivre, par exemple, par la recherche de boucles, où l’on peut tourner en rond indéfiniment. Vu la complexité de la TA de Mozart, il serait très surprenant qu’il n’y en ait pas. Pour trouver les boucles, vous partez de chacune des 10 planètes, et vous cherchez toujours en suivant les flèches, à revenir sur la planète de départ. Notez bien que pour être dans une boucle, vous devez tourner toujours dans le même sens. Et, jamais prendre une flèche à contresens. La recherche des boucles est grandement simplifiée en excluant les planètes “puits” de la TA. En effet, une planète est un “puits” lorsqu’elle n’est que réceptrice (lettre ‘R’) et ne possède aucune lettre ‘E’. Ici, il y a trois puits facilement identifiable :
Mercure (R + R) ; Mars (R) et Pluton (R)
La caractéristique d’un puits est que l’information astrale s’arrête de circuler et peut donc être exploitée et traitée. Chez Mozart, on trouve l’intellect (Mercure), l’action (Mars) et la transmutation (Pluton). Les autres planètes qui ont une seule fois la lettre ‘E’ sont de simples relais. Tandis que les autres planètes, celles qui ont, dans l’EDT, au moins deux lettres ‘E’ sont des nœuds décisionnels (ND). Ici, on a donc :
Relais : SOL, VEN (E + R + R) et LUN, NEP (E + R) ND : URA (E + E + E + E + R + R) et JUP, SAT (E + E + E + R)
Boucles de la TA de Mozart
Il y a donc sept planètes qui peuvent être impliquées dans une boucle. Par exemple, on trouve la boucle ternaire : SOL → NEP → URA → SOL. Soit Ego → Communion → Libération → Ego. C’est une boucle, où l’envie de l’ego de communier avec les autres provoque la libération de quelque chose qui ramène à l’isolement égoïste de départ. Il vaut mieux, donc identifier cette chose. Surtout, comme c’est Uranus, le responsable, trois voies de sortie s’offrent à Mozart : Vénus (l’Amour), Mercure (l’Intellect) et Saturne (le dépouillement). Par conséquent, peu de risque d’être piégé vu le nombre important de sorties disponibles.
Mais, complexité oblige, ce n’est pas la seule boucle identifiable. Il en existe une autre quaternaire : SAT → VEN → JUP → URA → SAT. Soit Dépouillement → Amour → Expansion → Libération → Dépouillement. C’est une boucle, où l’envie de réduire l’information au maximum déclenche un réflexe d’amour qui va faire que quelque chose va grandir. Ceci, afin de libérer autre chose qui, cette fois-ci, incite à se dépouiller à nouveau. Ici aussi, peu de risque d’être piégé en raison du nombre important de sorties disponibles. Celles impliquant Uranus, bien sûr, mais également celles impliquant Jupiter, le troisième ND de la TA avec deux voies de sortie supplémentaires : Pluton (transmutation) et la Lune (sensibilité).
Boucles, impasses et créativité
Bien évidemment, lorsque ces boucles ont peu ou aucune porte de sortie, elles sont très pénalisantes. On tourne en rond sans jamais arriver à sortir de l’impasse. En revanche, lorsqu’il y a beaucoup de portes de sorties, comme ici, elles aident à avoir créativité posée et non pas spontanée. L’information peut circuler en rond pendant une durée optimale et ressortir au bon moment par la porte la mieux configurée. Ce genre de boucles créatrices peuvent se retrouver, assurément, chez tous les grands “génies” qu’ils soient artistes ou scientifiques. Le seul souci est que ce sont des personnes qui ne vont pas droit au but, ce qui peut, parfois, s’avérer agaçant pour l’entourage proche.
Les coefficients de la TA de Mozart
Un autre point qu’il est possible de discuter à partir d’une TA, concerne les coefficients. Plus ils sont gros, plus ils traduisent un comportement spontané et facile à mettre en œuvre pour le natif. Plus, ils sont petits, plus le natif doit faire un effort pour que l’information astrale explore la voie et les valeurs correspondantes. Évidemment, ces difficultés proviennent du fait que plus un coefficient est faible, plus les valeurs correspondantes sont inconscientes. Ainsi, chez Mozart, ce sont les valeurs Neptuniennes (coefficient 2) et Vénusiennes (coefficient 8) qui sont le plus profondément enfoui dans son inconscient.
Par conséquent, si l’on revient à l’arbre de Mozart, on voit que le processus d’expansion Jupitérien nécessaire pour créer quelque chose qui va libérer et transmuter est conditionné par le goulet d’étranglement Vénusien. Mozart sait que c’est par l’amour que viendra sa création, mais cela est difficile pour lui. Heureusement, les boucles permettent de prendre son temps et de finalement arriver à ses fins.
Les aspects majeurs de la TA de Mozart
Dernier point, les aspects. On peut les classer en quatre groupes :
Les deux premiers groupes sont les aspects majeurs et les deux derniers sont mineurs. Ce qui est remarquable dans la TA de Mozart, c’est l’absence de carré. Chez lui, tout est relativement facile, surtout au niveau du feuillage SAT/MER/SOL où il y a fusion entre ces trois planètes. On notera aussi la complémentarité (sextile) qui existe entre Jupiter et Pluton d’une part et Jupiter et la Lune, d’autre part. Il n’y a qu’un seul aspect handicapant entre le Soleil et Neptune, mais vu le très faible coefficient de Neptune, cela n’est pas un réel problème. De plus, l’aspect d’opposition a aussi de bons côtés, en ce sens que lorsque l’ego s’exprime, le désir de communier se tait et réciproquement.
Les aspects mineurs de la TA de Mozart
Pour les aspects mineurs, il y a le potentiel inhibant (octile) entre Uranus et Mercure, d’une part, et entre Uranus et le Soleil, d’autre part. Autrement dit, les envies “révolutionnaires” Uraniennes sont bien maîtrisées par l’intellect et l’ego. Il existe également un potentiel activant (semi-sextile) entre Saturne et Vénus. Cela pourrait signifier que, chez Mozart, ce sont les restrictions Saturniennes qui déclenchent les forces d’amour Vénusiennes. Dernier aspect, le biquintile (144°) entre Jupiter et Uranus qui signale que derrière le désir d’expansion Jupitérien, il y a une obligation de libération de quelque chose d’innovant et surprenant.
Donner une note à la méthode exposée ici
Évidemment, Mozart n’est plus là pour me noter. Sachant tout ce que j’ai pu dire de lui, moyennant la seule donnée d’une date, d’une heure et d’un lieu de naissance. Peut-être cela vous motivera-t-il pour analyser sérieusement votre TA ? Surtout, pour ceux qui ont fait une demande explicite. J’ai besoin d’être noté pour faire une statistique. Celle-ci me permettra de savoir, si cette méthode, que j’ai développée à la lumière de connaissances ancestrales, est utile ou bien bonne à mettre à la poubelle. Car, avec Mozart, c’est facile. On connaît très bien sa vie et il n’est donc pas trop difficile de faire dire à sa TA, ce que l’on veut qu’elle dise. Toutefois, avec votre TA, c’est une autre paire de manches. Ici, je ne sais absolument rien de vous.
Mais, comme j’ai fait votre TA à votre demande, je pourrais faire comme pour Mozart et décortiquer vos rouages élémentaires. Bien sûr, je ne le ferai pas, car cela m’indiffère. Parce que, cela me demanderait beaucoup de travail pour pas grand-chose. Non, il vaut mieux que vous fassiez vous-mêmes votre propre analyse. Je vous ai proposé une méthode de travail. Maintenant, libre à vous de l’appliquer ou pas. Mais, tout ce que je demande en retour, c’est une note comprise de 0 à 100. Et, si vous ne savez vraiment pas quelle note attribuer, dites 50/100. C’est une valeur moyenne qui n’engage à rien. Puisque cela signifie que tout est réglé par le pur hasard. Et, que l’astrologie, c’est pipeau et compagnie. Mais, si vous êtes persuadés du contraire, alors, attribuez une note SVP.
Dans la chronique n° 78, j’ai développé l’idée que l’être humain formait un système « complexe ». Ceci, par opposition aux machines qui sont, elles, des systèmes compliqués. Une machine peut donc être démontée, puis remontée. Elle survivra à l’opération. Un être humain, lui, décédera. Et, si on cherche à le remplacer par un nouvel être humain, ce dernier sera nécessairement différent de celui qui vient de disparaître. Alors qu’une nouvelle machine, sera parfaitement indiscernable de la machine qu’elle remplace. Voilà une première idée. Ensuite, j’ai exprimé quelques généralités sur les nombres 0 (rien), 1 (tout), 2 (dualité instable) et 3 (trinité stable). Et, je vous ai proposé d’aller encore plus en profondeur…
Ce que je ferai maintenant. Avant cela, je vous informe que trois livres m’ont considérablement aidés pour explorer la profondeur des nombres. Le premier est un manuscrit posthume du « Philosophe inconnu », Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803). Une édition récente du texte intégral du manuscrit original permet d’avoir accès à une sagesse qui remonte à l’Égypte ancienne [1]. Le second livre est celui du mathématicien Ernst Bindel (1890-1974), qui s’est, lui aussi, intéressé de très près à la sagesse antique égyptienne [2]. Le dernier est le livre de François-Xavier Chaboche, est, lui, plus tourné vers le symbolisme, voire l’ésotérisme [3].
Une approche qualitative
En effet, dès que l’on souhaite saisir le développement de la pensée humaine dans toute son ampleur, il est très difficile de remonter le temps au-delà de l’Égypte ancienne. Certains pourront se demander, à juste titre, pourquoi se préoccuper de modes de pensées très primitifs. Alors que nous disposons d’une science moderne extrêmement performante. La réponse à cette question tient au fait que la science moderne a complètement occulté le fait qu’un être humain n’est pas uniquement fait de matière. Si tel était le cas, il n’y aurait dans notre existence, aucune âme, aucune poésie, aucun art, aucun amour.
On en revient donc à la nécessité d’une alchimie entre les côtés matériels et spirituels de la nature humaine. Et, le seul terrain d’entente commun entre matière et esprit, c’est précisément que tous deux peuvent utiliser le nombre pour s’exprimer. L’un de manière quantitative comme somme d’unités. L’autre de manière plus qualitative, comme division d’une seule unité. Comme ce côté qualitatif des nombres est largement occulté dans notre éducation moderne, je vais brièvement le rappeler ici.
L’Ouroboros : fermé ou ouvert ?
Ainsi, au départ, il y a le nombre 0 qui, pour nos Anciens, symbolisait l’univers tout entier. Mais, dans un état non manifesté, c’est-à-dire latent, potentiel. Le symbole de l’Ouroboros, un serpent se mordant la queue, traduisait très bien cet état de fait. Toutefois, un autre nombre, le nombre 1, pouvait également jouer ce rôle. Mais, lui, décrivait un état manifesté, réel et visible de ce même univers. Ici, le serpent arrête de se mordre la queue. Il peut se déployer sous la forme d’une ondulation qui n’a ni début, ni fin. Bref, on dispose d’une unité, 1, et donc d’une essence pour toute chose à venir. La figure ci-dessous montre les diverses représentations, à travers les âges, de cet archétype du 0/1 indifférencié.
Discrimination et stabilité
Le nombre 2, était, pour sa part, le nombre de la discrimination. Autrement dit, une manifestation d’une polarité autorisant à différencier entre la tête et la queue du serpent cosmique. Cette polarité est, bien sûr, source d’instabilité, et donc de rythme, base de la vie. Parce que si je me situe à droite, la question se pose de savoir si cela ne serait pas mieux à gauche ? D’où l’insatisfaction, et donc le mouvement pour tenter de retrouver le calme initial. Ce qui est, bien sûr, impossible. Car, si deux apparaît, rien ne peut plus être comme avant. L’unité (1) s’est polarisée, et cette polarisation ne peut plus être annulée.
Toutefois, s’il est impossible de revenir au 1, on peut aller de l’avant à la recherche d’une stabilité dans le mouvement (2+1). On atteint ici le nombre 3, qui est le nombre par lequel s’exprime un monde vibratoire stabilisé. Mais, ici, un monde de nature spirituelle ou divine. Les Égyptiens l’ont gravé dans la pierre par la forme du triangle, tandis que les Grecs fondaient la philosophie avec la thèse, l’antithèse et la synthèse. De nos jours, la sagesse populaire retient le dicton : « Jamais 2 sans 3 ».
La figure ci-dessus montre les représentations géométriques associées aux chiffres 1 (cercle), 2 (diamètre d’un cercle) et 3 (triangle équilatéral). Le triangle est de fait le premier créateur de formes solides tridimensionnelles régulières comme le tétraèdre, l’octaèdre ou l’icosaèdre. Toutes ces formes 3D sont dotées d’une surface faite de triangles, mais également, d’un volume. Ceci permet de commencer à entrevoir des choses profondes appelées “éléments”. Toutefois, on notera qu’à ce stade, l’élément “Terre” est absent. Ceci signifie que l’on parle, à ce stade, d’un “feu divin”, d’un “air subtil” et d’une “eau spirituelle”.
La matière en relation avec l’esprit
Le chiffre 3 peut être mis en relation avec la production d’un esprit stabilisé. Se pose alors la question de l’influence de cet esprit influence sur une chose extérieure à lui-même (3+1). D’où le chiffre 4, nombre de l’action ou du progrès, auquel on peut associer l’angle droit, le « gnomon » en grec. C’est-à-dire celui par lequel la connaissance arrive et où l’univers peut ainsi être créé. Le 4 est aussi le chiffre de l’incarnation terrestre de l’être humain. Il traduit l’activité de son esprit dans la matière.
D’où, bien sûr, les quatre éléments (Terre, Eau, Air et Feu) soumis à l’influence de trois principes (Sel, Soufre et Mercure). Principes que l’on peut considérer comme dérivant du feu divin, de l’air subtil et de l’eau spirituelle. Pour les solides tridimensionnels réguliers, on obtient ici un seul solide. Le cube, dès que trois carrés se rencontrent à angle droit. Mais, si quatre carrés essayent de se rencontrer en un même point, on n’a plus aucune profondeur. Il faut alors un nombre infini de carrés pour arriver à paver le plan, une surface dénuée de profondeur… La figure suivante illustre ces considérations. Elle montre également, qu’à ce stade, le carré génère la croix, forme géométrique duale du carré, mais ouverte.
Crise dans la matière
Que se passe-t-il si maintenant, j’applique mon action sur l’univers qui vient d’être créé (4+1). J’obtiens alors le nombre de la crise, soit le chiffre 5. Crise parce que, formellement, j’essaye par la même occasion de rendre instable (2) les choses ternaires intrinsèquement stables (5 = 3 + 2). Crise aussi de la conscience incarnée. Parce que la forme plane associée au 5, le pentagone, possède pour la première fois une forme étoilée duale, elle aussi fermée (le pentagramme étoilé).
Crise ensuite, par le fait que l’association de trois pentagones en un seul sommet, génère la dernière forme solide tridimensionnelle accessible à l’esprit : le dodécaèdre. Crise enfin, parce qu’avec quatre pentagones, je dépasse l’angle plein et ne suis même plus capable de paver le plan sans déborder. Mais, cette crise me permet également de quitter le monde des choses inertes pour entrer dans celui des formes vivantes qui expriment pleinement par le chiffre 5. Toute main ne possède-t-elle pas cinq doigts ?
Crise enfin, quand on réalise qu’il existe un cinquième élément, l’éther. Éther, qui nous introduit au fait que ce qui est matériel ne suffit pas à couvrir toute la réalité de l’univers. La figure suivante illustre ce concept de crise.
Beauté et Harmonie
Et, que génère la conscience incarnée lorsqu’elle agit sur le monde intelligible (5+1) ? L’instabilité liée au 2 réapparaît car (5 + 1 = 6 = 3×2). On obtient ainsi le nombre de l’accomplissement ou de la métamorphose (6). Le nombre de la beauté et de l’harmonie. De fait, la beauté peut se caractériser par le fait que l’intérieur d’un être est en harmonie avec son extérieur. Mathématiquement parlant, cela signifie que le nombre est égal à la somme de ses diviseurs, soit 6 = 3×2×1 = 3 + 2 + 1. Le nombre six était donc ce que les Grecs appelaient un « nombre accompli ». Comme « deux fois trois », six se présente sous la forme d’un hexagramme, soit deux triangles équilatéraux inversés l’un par rapport à l’autre. C’est le célèbre « sceau de Salomon ». Et, comme « trois fois deux », on trouve l’étoile formée de trois « bilatères ».
Mais, avec le nombre six, la force numérique capable de créer de la profondeur (solides 3D) commence à s’éteindre. On revient donc en surface dès que trois hexagones se rencontrent en un même point. C’est la structure en nid d’abeille ayant pour pavage dual le réseau dans lequel six triangles équilatéraux se rencontrent en un même point. C’est le prix à payer pour avoir la beauté. On peut aussi considérer que le créateur s’est uni à sa créature. La figure suivante résume graphiquement ce qui vient d’être dit.
Perfection
La beauté (6) est déjà quelque chose qui se situe au-delà de la matière inerte (4) ou vivante (5). Et, que se passe-t-il, si cette beauté souhaite passer au niveau de réalité supérieur (6+1) ? On obtient alors le nombre de la perfection, celui de l’univers dans sa totalité (7). Perfection qui se situe hors de portée de la règle et du compas. Et, qui peut aussi être vue comme la symbiose entre la stabilité (3) et l’action (4) puisque 7 = 4 + 3. Cette perfection se manifeste par l’heptagone régulier et les deux étoiles à sept branches associées. La première est obtenue en sautant un sommet dans l’heptagone. La seconde en sautant deux sommets. La figure suivante montre cette perfection à l’œuvre.
On y retrouve trois triangles isocèles qui sont les trois seules formes possibles de triangles isocèles permises par le chiffre sept. Comme le révèle la figure, il y a un éclair formé de quatre segments de même longueur x qui parcourt l’ensemble du triangle de sommets (3,1,3). On notera que le sept était en fait déjà présent comme cause agissante dans l’hexagramme. Considérez pour cela la triade inférieure et la triade supérieure situées l’une en face de l’autre (2×3). Puis, le cercle extérieur en tant qu’unité (1) planant au-dessus de l’hexagramme, soit 7 = 3 + 3 + 1. Et, remarquez qu’avec le six, on pouvait avoir un sol sous ses pieds (nid d’abeille). Avec le sept, le sol se dérobe. Et, on franchit donc un seuil d’ex-corporation, au-delà duquel on revient dans un monde spirituel.
L’épreuve de la mort initiatique
La perfection spatio-temporelle (7) ayant été atteinte, que se passe-t-il si j’essaye de passer au niveau supérieur (7 + 1) ? J’atteins alors le chiffre 8, le nombre de l’épreuve et de la mort initiatique. La chose parfaite meurt ainsi au monde extérieur (8), lorsqu’elle apparaît comme un octogone régulier (8 = 1×8) non cerclé. Mais, ce même huit peut aussi être vu comme l’entrelacement de deux carrés, puisque 8 = 2×4. On peut aussi juxtaposer les deux carrés, soit avec un côté commun, soit avec un sommet commun. On génère alors une forme géométrique proche du graphisme actuel pour ce chiffre.
En revanche, l’indivisibilité de 8 par 3 s’exprime dans l’étoile à huit branches, comme le révèle la figure ci-dessus. La conservation de la perfection dans cette étape est assurée par le fait que 8 = 2×2×2 = 2³, et, que le chiffre 3 est garant de stabilité. Huit était, chez les Égyptiens, le chiffre de la divinité Thot, appelée aussi Hermès, chez les Grecs, puisque le huit apporte la possibilité de mourir au passé. Il s’agit ici, bien sûr, de guérir l’intérieur d’une chose, même si son extérieur reste parfait. Par conséquent, Thot était un dieu de l’Au-delà, qui enregistrait les jugements sur les âmes des morts. Parfois, c’était Thot lui-même qui pesait le cœur des morts par rapport à la plume de Maât dans la chambre des Deux Vérités.
Mais, comme l’hexagramme cerclé annonce le chiffre sept, le cerclage de l’étoile à huit branches annonce le chiffre neuf (9 = 8 + 1). Par conséquent, chaque fois que le huit se manifeste en concertation avec l’Ouroboros, quelque chose de neuf se prépare.
Nouveauté et renaissance
D’où l’idée de renaissance associée au chiffre 9 (9 = 8 + 1) et le nom « neuf » qui est particulièrement explicite. Pour construire un ennéagone, polygone régulier à neuf côtés, on part de l’hexagone cerclé de rayon r, auquel on rajoute ses trois diagonales (voir figure ci-dessous). On prolonge ensuite la diagonale vers la droite d’une longueur égale au rayon r du cercle.
Soit, maintenant, deux sommets A et B non adjacents de l’hexagone. Les deux droites partant de A et de B se rejoignent sur la diagonale horizontale et génèrent un triangle isocèle dont l’angle au sommet vaut 2×20° = 2π/9. La partie essentielle de cette figure (à droite) fait intervenir un triangle équilatéral, soit trois chiffres 3 (9 = 3 + 3 + 3). A gauche de ce triangle, on a un triangle isocèle (4, 1, 4, soit 4 + 1 + 4 = 9) en pointillé. A droite, on retrouve un autre triangle isocèle (2, 5, 2, soit 2 + 5 + 2 = 9), lui-même partageant une arête avec un troisième triangle isocèle (1, 7, 1, soit 1 + 7 + 1 = 9).
Les côtés de ces quatre triangles isocèles ont tous, par construction, la même longueur r. Ils génèrent un “éclair” depuis la base à gauche jusqu’à la pointe à droite. On constate alors que les quatre angles au sommet parcourent la série des nombres impairs : 1, 3, 5 et 7 inférieurs à 9. Tandis que leurs paires d’angles à la base parcourent la série des quatre nombres pairs inférieurs à 9 : 2, 4, 6, 8. Comme le révèle la figure, trois étoiles à neuf branches peuvent être dérivées de l’ennéagone régulier. Il suffit pour cela, de sauter un, deux ou trois sommets.
Naissance d’une nouvelle unité
Remarquons également que le chiffre 9 est marqué du signe de l’instabilité (2), par le simple fait que 9 = 3×3 = 3². Chez l’être humain, cela correspond, bien sûr, aux 9 mois de gestations après qu’une action masculine (4, le père) associée à une action féminine (4, la mère) génère un nouvel être (1, l’enfant), puisque 9 = 4 + 1 + 4. On est ainsi prêt à subir une évolution conduisant à une nouvelle entité sur un plan supérieur (10 = 9 + 1). La chenille s’est métamorphosée en papillon…
On remarquera que le 10, est lui-même instable parce que 10 = 5×2. Il ne contient donc pas le chiffre 3, gage de stabilité. Mais, on peut utiliser ici une procédure mathématique appelée, « racine numérique » qui consiste à additionner entre eux tous les chiffres constituant un nombre écrit en base 10. Ainsi, la racine numérique (RN) de 10 s’écrit 1 + 0 = 1, et l’on voit ainsi que dix est, en réalité, l’unité sous une nouvelle forme. L’essence de départ d’un nouveau cycle.
Retour à l’Ouroboros (nombre ou chiffre 0)
Il ne vous aura sûrement pas échappé qu’un polygone ou ses étoiles associées peuvent être représentés avec un cercle circonscrit ou pas. L’idée derrière la notion d’Ouroboros (cercle qui se referme sur lui-même), est qu’il ne connaît pas le repos. Il tourne indéfiniment sur lui-même. Quand il entoure un polygone ou une étoile, l’Ouroboros peut rapetisser en spirale jusqu’à en devenir le centre. Puis, comme point isolé au centre, il se déplace vers la périphérie. Ceci, afin de venir se fondre avec les (n-1) autres points du polygone. Ce faisant, le polygone à (n-1) côtés se métamorphose en polygone à n côtés. Ceci illustre la puissance de l’Ouroboros, dans sa capacité à transformer une chose ancienne en chose entièrement nouvelle. La figure suivante montre quatre polygones étoilés à cinq, six, sept et huit sommets.
Avez-vous là une représentation d’un pentagramme, d’un hexagramme, d’un heptagramme ou d’un octogramme ? Bien sûr que non. Le cercle circonscrit doit impérativement être pris en compter. Lorsque vous voyez de telles figures cerclées, songez qu’elles sont des graines pour représenter l’étoile ou le polygone d’ordre immédiatement supérieur. Ainsi, comme l’indique le chiffre au centre, le cercle autour du pentagramme indique qu’une crise (5) va aboutir à quelque chose de beau (6 = 5 + 1). De même, le cercle autour de l’hexagramme suggère que la perfection (7 = 6 + 1) est sur le point d’émerger de la beauté (6). Pour la même raison, le cercle qui entoure l’heptagone fait suspecter la mort (8 = 7 + 1) de quelque chose de parfait (7). Enfin, le cercle qui entoure l’octogone donne l’idée que ce qui est mort (8) va finalement pouvoir renaître (9 = 8 + 1).
Addition théosophique et Racine essentielle des nombres
En ayant traité les chiffres de 0 à 9, on a donc apparemment fini le travail. En vérité, pas réellement. Car, jusqu’à présent, les chiffres ont été formés par action de l’unité sur le chiffre précédent. Si cela permet de saisir leur individualité propre, cela ne permet en rien de saisir comment ils agissent en groupe. Pour cela, il nous faut introduire une seconde procédure mathématique appelée « addition théosophique » (AT). L’idée est de comprendre que lorsque je considère, par exemple, le chiffre 3, ce dernier n’arrive pas comme cela. Il contient aussi, en puissance, tous les chiffres qui le précèdent, à savoir 2, 1 et 0.
Une telle addition théosophique autorise alors d’accéder à la « racine essentielle » (RE = RN[AT]) des chiffres allant de 0 à 9. Puisque ces derniers ne peuvent pas avoir de racine numérique. Par exemple, on constate facilement que : AT(3) = 3 + 2 + 1 + 0 = 6. Ceci permet de comprendre que stabilité (3) et beauté (6) agissent de concert. Fort heureusement, il existe une formule permettant de calculer très rapidement l’addition théosophique de tout nombre n : AT(n) = n×(n + 1)/2. Ainsi, on a bien AT(3) = 3×4/2 = 6. On peut par conséquent dire que le chiffre 6 est la racine essentielle de 3. Ou bien, que le but de toute chose stable est de devenir belle.
Racines essentielles des nombres allant de zéro à neuf
On peut aussi, bien sûr, chercher la racine essentielle de 6. Ici, on dépasse le chiffre 10 puisque, AT(6) = 6×7/2 = 3×7 = 21. Toutefois, grâce à la racine numérique, on trouve que RE(6) = RN[AT(6)] = 2 + 1 = 3. On constate alors que la racine essentielle de 3 est 6. Sachant que la racine essentielle de 6 est 3. Cela signifie donc qu’une relation de réciprocité très forte unit ces deux chiffres. Considérons maintenant les chiffres restants :
On arrive ainsi à la conclusion qu’il n’existe que cinq racines essentielles : 0, 1, 3, 6 et 9. Ceci a l’avantage de mettre en valeur que les chiffres 1, 4 et 7 partagent la même racine essentielle (1) qui est l’unité elle-même. Cela nous indique que s’il y a un commencement (1), il doit nécessairement y avoir un progrès (4) devant aboutir à un terme parfait (7). Ce triplet (1, 4, 7) acquiert ici une universalité pour tout ce qui évolue dans l’univers. Car, on peut dire que l’unité (1) se manifeste par 4 et 4 se réalise à la perfection par 7.
Il reste alors 3 doublets (2,6) ; (3,5) et (8,9) associés à un triplet de racines essentielles (3, 6, 9). Le doublet (2,6) signifie discriminer pour atteindre la beauté. Le doublet (3,5) signifie que toute stabilité conduit tôt ou tard à une crise. Enfin, le doublet (8,9) signifie qu’après toute épreuve pouvant conduire à une mort, vient une renaissance, sous la forme de quelque chose de neuf.
L’Amour
On comprend ainsi comment, il est possible de parler intelligemment de choses sur un plan uniquement qualitatif. La nature quantitative (compter), passe ici au second plan. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur un mélange de sagesse antique et de science mathématique. Bref, on a simultanément une approche artistique qualitative couplée à une approche scientifique, plutôt quantitative. D’où, finalement, une possibilité de définir ce que l’on appelle l’amour :
Au tout début, amour de ce qui est vide (0), puisque ce vide contient tout (1, 10). Puis, amour qui incite à toujours progresser (4), pour atteindre une perfection (7). Il y a également l’amour de la stabilité (3), sachant qu’il y aura crise (5). Mais, encore, amour de la beauté (6), sachant qu’il y aura instabilité (2). Enfin, amour de la nouveauté comme aptitude à renaître guéri (9) après toute épreuve (8).
Peur et sérénité
On comprend aussi ici pour quelles raisons les chiffres (2, 5 et 8) sont généralement associés à la notion de « peur ». Les autres (3, 6 et 9) étant, au contraire, plutôt associés à la notion de « sérénité ». Tout cela démontre comment nos anciens étaient passés maîtres dans l’art de manier les chiffres, sur un plan qualitatif. L’image associée à cette chronique résume ce que nous venons de voir. Vous pouvez d’ores et déjà méditer dessus pour analyser ce qui se passe actuellement dans le monde. Les clés qu’elle propose sont extraordinairement puissantes. Elles devraient vous permettre de vous y retrouver et surtout de ne pas paniquer.
Nombres inaccessibles
Pour conclure, je souhaiterais vous dire quelques mots sur la notion d’inaccessibilité. Là, plus question de sagesse antique. On va plutôt utiliser le raisonnement mathématique pur et dur. Ainsi, en arithmétique, un nombre (m) est dit inaccessible si chaque somme ou produit de moins de m nombres strictement inférieurs à (m) est strictement inférieure à lui-même. Selon ce critère, tous les entiers naturels supérieurs ou égaux à 3 sont accessibles…
Les seules exceptions sont les nombres 0, 1 et 2. Toutefois, comme 0⁰ = 1, le nombre 1 est accessible à partir du nombre 0 qui lui est strictement inférieur. Les nombres 0 et 2 sont donc les seuls nombres finis fortement inaccessibles par l’addition, la multiplication ou l’exponentiation. Ceci nous sera utile pour la prochaine chronique. En attendant, bonne méditation. Surtout si vous méditez en écoutant le tout dernier album de Tommi Jack’s qui est au diapason de l’eau (429,62 Hz) : « La de l’Eau ».
Références
[1] L.-C. de Saint-Martin, « Les Nombres », première édition authentique par Robert Amadou avec dessins de l’auteur, Documents martinistes, Cariscript, Paris, 1983.
[2] Ernst Bindel, « Les Nombres et leurs fondements spirituels », Éditions Anthroposophiques Romandes, Genève, 1992.
[3] François-Xavier Chaboche, « Vie et Mystère des Nombres », Albin Michel, 1976 ; Éditions de Compostelle, 1989.
Pourquoi écrire, à la fin, sinon pour croire à l’innocence possible, à l’indestructible, à la force douce qui nous fait vivant, à ce soutien par les choses et le monde dans les choses et le monde, pour ajouter un étage à la cabane dans l’arbre, étage tout pur, blanc, silencieux, avec juste le chant du vent, d’un oiseau, d’une pluie qui ne serait pas de l’eau, un étage pur où écouter la force élémentaire qui traverse tout, par la vertu auxiliaire de l’amour, de la souffrance, de l’inquiétude à la sérénité – la forme élémentaire du bonheur -, le souffle tendre d’un grand cheval, la chambre de l’origine, qui sent le lilas, la violette, la mésange – et qui envoie promener l’abîme.
« Oui, j'ai été un homme comme les autres hommes,nourri de pain, de rêve, de désespoir. Eh oui,j'ai aimé, j'ai pleuré, j'ai haï, j'ai souffert,j'ai acheté des fleurs et je n'ai pas toujourspayé mon terme. Le dimanche j'allais à la campagnepêcher, sous…
Pour ce nouveau rendez-vous de «Rends la joie», la poétesse Kiyémis reçoit la chorégraphe et styliste Mariana Benenge, spécialiste de «waacking», une danse qui a émergé en Californie dans les années 1970.
Mariana Benenge, chorégraphe : « Je ne veux pas ressembler aux autres »
Edito : La poésie et le doute Il n’y a pas d’esprit critique. Je veux dire : il n’y a pas d’esprit qui soit continûment critique : toujours à l’affût de ses perceptions, décortiquant toute information, analysant tous les arguments, interrogeant chaque mot et doutant de sa capacité à raisonner. On ne peut pas toujours […]
Il n’est de chant que d’été où l’arbre assoiffé étranglé de cigales, tente de boire au ciel blanc, le ciel sourd, qui ne pardonne rien. Midi fracasse La Colline de chaleur. Les cloches hoquètent en leur gorge, sucent leur langue de bronze brûlant. Les oiseaux halètent à la recherche du dernier souffle d’air.
Que sommes-nous pour croire à ce point à la vie, pour persévérer dans notre élan vers le ciel blanc muet et l’éternité de son ventre tiré sur les étoiles ? Comme si le bleu du jour était vide et que seule la nuit offrait à nos têtes le casque d’or des constellations pour déchiffrer le secret du Monde.
Qui sommes-nous pour nous satisfaire de cette survie à parfum de piscine et de barbecue à léguer aux générations à venir qui, certes, viendront – elles sont déjà là ! – mais pour aller où ?
Qui sommes-nous pour espérer un sourire, une main, un regard, dans un monde où seuls les écrans parlent aux écrans – pour ne rien se dire ?
Du saint de glace du printemps au sein de feu de l’été, La Colline monte au ciel chaque nuit, en redescend chaque jour. Ce chemin à la forme d’un Paradis écrit en quelque livre secret caché sous un buisson en feu. Je n’en connais pas l’auteur, mais j’aime ce qu’il écrit.
Élever l’humanité à son intégration dans l’Être, élever l’humanité dans ce dont Nous (l’anthropocène et l’anthropoScène) avons fait le non humain, l’infra humain, alors qu’il s’agit d’ultra humain nous empêchant de promouvoir un nouvel égoïsme élevé à l’échelle de l’humanité qui serait dépourvu d’attention ou de compassion pour ceux qui ne relèvent pas de l’humain.
Il nous faut penser plus loin et autrement que les configurations dominantes assassines de l’humain et de l’Être, ouvrir l’humain aux valeurs éthiques (incluant la politique, la science, l’art, la sensibilité, la morale, le relationnel, l’intime même, les comportements), recentrées sur la Vie, en tant que processus interactif ouvert. Il faut l’ouvrir à un égalitarisme trans spécifique et trans naturel, post extra et supra humain, à l’universel planétaire, au Vivant.
Au Terrien.
Il nous faut penser l’exode anthropologique des configurations dominantes de l’humain, par hybridation, solidarités entre espèces appuyées sur l’environnement – tout à l’opposé du trans génétique, de la cyber tératologie, de l’IA, si peu « I », tellement « A ».
Il ne s’agit pas de prêcher le surhomme, mais bien l’Homme dans ce qu’il a toujours exclu comme inférieur, comme reste péjoré minoré (la nature, la femme, le racisé…). Nous ne pourrons devenir humain-s qu’en renonçant à notre sur humanité (domination et destruction) qui n’est que sous humanité nous empêchant de devenir ce que nous pourrions être en nous intégrant à l’Être.
L’homme hors de l’Être n’est que sous-homme. L’homme dans l’Être n’est pas un sur-homme, mais tout juste, enfin, l’Humain. Et l’Humain ainsi entendu est dynamique, construction.
Tel me semble être le sens qu’ont pris (Toyen, Leonora Carrington, Dorothéa Tanning), que prennent (Valérie Favre, Wangeshi Mutu, Yayoi Kusama), – et que prendront – (Jake et Dinos Chapman, Pipilloti Rist, Patricia Piccinini…) des artistes jouant aux voyants et voyantes cher-e-s à Rimbaud.
A l’aune de notre passé et de notre présent, que signifie voir ? Que signifie comprendre ? Comment dépasser les regards séparés, ennemis, le visible et les pertes de vue, les canons des regards quand importent désormais les mille yeux du paon ?
Un art humain est peut-être moins de l’art qu’une éthique, une politique éthique – la rencontre de toutes les altérités, l’intelligence avec l’extra humain, le Vivant.
Notre question n’est plus la bonne vieille antienne kantienne : qu’est-ce que l’humain ?Mais que puis-je faire ? Comment vivre ? Comment vivre avec l’ensemble du Vivant ? Comment dépasser l’humain séparé, limité, aveugle, aveuglant ? Comment faire quelque chose de ce que l’on fait de nous ? A partir de quelles fictions, nous, l’espèce fabulatrice centrée sur le sens, fabriquer encore de la liberté ?
Nous voyons bien que notre question est désormais la mise en question de l’humain même. Nous ne pouvons plus prétendre regarder seuls et seules, comme une humanité de cyclopes, de trompe l’œil, de m’as-tu vu. Nous devons ouvrir nos yeux aux autres yeux qui regardent dans la nuit, les bêtes, les arbres, les pierres, les étoiles, la mer, la montagne, le ciel.
Nous le devons à Laïka, envoyée mourir dans l’espace avec ses frères et sœurs chien-ne-s et singes sacrifié-e-s à la « conquête de l’espace » ; à Dolly, mère du monde cloné à venir, à l’onco souris, sacrifiée au profit de Big Pharma. Nous le devons au genre animal en train de disparaître, à la plus petite abeille, à la plus grande baleine. Nous le devons à l’ensemble de l’Etre.
Nous ne pourrons commencer à voir qu’en invitant l’ensemble du vivant à nous ouvrir les yeux.
De nous inviter à l’Être, de nous inviter à Etre.
« Aussitôt après que l’idée du Déluge se fut rassise, Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l’arc-en-ciel, à travers la toile de l’araignée. Oh ! les pierres précieuses qui se cachaient – les fleurs qui regardaient déjà. Dans la grande rue sale, les étals se dressèrent, et l’on tira les barques vers la mer étagée là-haut comme sur les gravures. Le sang coula, chez Barbe-Bleue, aux abattoirs, dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent. Les castors bâtirent. Les « mazagrans» fumèrent dans les estaminets. Dans la grande maison de vitres encore ruisselante, les enfants en deuil regardèrent les merveilleuses images. Une porte claqua, et, sur la place du hameau, l’enfant tourna ses bras, compris des girouettes et des coqs des clochers de partout, sous l’éclatante giboulée. Madame *** établit un piano dans les Alpes. La messe et les premières communions se célébrèrent aux cent mille autels de la cathédrale. Les caravanes partirent. Et le Splendide-Hôtel fut bâti dans le chaos de glaces et de nuit du pôle. Depuis lors, la Lune entendit les chacals piaulant par les déserts de thym – et les églogues en sabots grognant dans le verger. Puis, dans la futaie violette, bourgeonnante, Eucharis me dit que c’était le printemps. Sourds, étang – écume, roule sur le pont et passe par-dessus les bois – draps noirs et orgues, éclairs et tonnerres, montez et roulez – eaux et tristesses, montez et relevez les déluges. Car depuis qu’ils se sont dissipés – oh, les pierres précieuses s’enfouissant, et les fleurs ouvertes ! – c’est un ennui ! et la Reine, la Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous raconter ce qu’elle sait, et que nous ignorons ! » (Arthur Rimbaud, Les Illuminations. Après le Déluge)
Le vide et le plein, le fond et la forme, le trait et l’espace, c’est l’illustration en peinture de la cohabitation des différents types d’êtres (minéraux, végétaux, animaux, humains, spirituels) dans l’Être, et de leur compénétration réciproque à l’intérieur de leur milieu commun, l’air. Pour ne plus respirer l’agonie du monde, proposer le partage du Souffle de l’ensemble des vivants, avec l’ensemble des vivants, la sortie de la métaphysique instaurée entre les différents états qui peuplent l’Être se dit désormais : « Je vous respire donc je suis, Nous Nous respirons donc Nous sommes ».
Il s’agit bien là d’un programme d’éveil, d’une nouvelle respiration avec et du Monde, d’un programme de conscience-s, également, par l’interrogation des grandes machines de représentation, machines de torture soumettant l’Être à la question, au patron et canon de la vérité. Pour produire à la fin une histoire de la spécificité humaine, une limite du et des mondes possibles, une systématique et une combinatoire guerrière pour bâtir des histoires qui fonctionnent, telle celle de la lance l’emportant sur le sac, chère à Ursula Le Guinn.
Programme de conscience-s, car questionnement sur ce qui est donné comme donné, historicisation et politisation du geste qui consiste à dominer et contraindre les autres humains et humaines, la nature, à questionner la nature de la non nature, la non nature de la nature, les zones de contrainte, les ressources, la matière nécessaire pour l’action humaine, le champ de l’imposition du choix et le corollaire de l’esprit, le modèle, la morale qui en découle.
Il faut questionner le questionner, transformer la forme du regard et d’appréhension du phénomène, les tropes, les modalités qui fixent l’objectivité, la relativité et la faillibilité des certitudes, (« l’homme est configurateur de monde, l’animal est pauvre en monde, la pierre est sans monde » a ainsi pu oser penser Heidegger), la fable de l’idée du sujet cohérent, le kaléidoscope des narrations, la matière et l’esprit de la composition du monde, la politique des relations que nous déployons à un endroit quand nous le définissons comme notre, les dimensions affectives, sensibles, cognitives, politiques, avec l’humain-autre comme avec le non humain, la responsabilité, la redevabilité, définir le commun comme un devenir en commun.
Il faut revisiter l’invisible, projetant sa lumière dans l’éblouissement des banalités consacrées aujourd’hui comme des évidences, enfonçant les portes fermées, soulevant le tapis d’ombre où l’historien de l’art cachait ses incompréhensions épistémologiques comme poussière superflue. Il faut appeler les hommes à la rescousse, souhaitant renouer les formes de la conscience collective, la nécessité des luttes, la mobilisation nécessaire à propos du monde que nous souhaitons pour le Nous : co-habitation, co-évolution, co-création, sociabilité inter espèces et inter existants, animalhomme, mineralhumain, végéthumanité – Souffle.
Ce penser-naturer, cette pratique esthétique post contemporaine, post individualiste post consumériste, revendicative, affirmative et interrogative à la fois et en même temps, dynamique, sans cesse changeante, jamais ne se répétant, sans cesse ouverte à l’interrogation, à l’étonnement, l’émerveillement, la surprise du monde (et de l’humain), est une pensée in-quiète d’elle-même, interpellant l’évidence humaine non interrogée, la misère du monde, la souffrance, la méchanceté – l’inhumanité. Une pensée de l’impensé, peut-être de l’impensable. Une pensée respirant et se gonflant au souffle de l’espérance. « Une confiance d’enfant, une confiance qui va au-devant (…), un soulèvement par-dessus soi, par-dessus tout (…) qui est en même temps un acquiescement sans borne, apaisant et excitant (…), et pourtant à avoir peur que la poitrine ne cède dans cette bienheureuse joie excessive… » (Michaux, 1957, 57).
Dans cette collection de figures pour une nouvelle mythologie critique, c’est le point de vue du Vivant, des mondes que nous avons en commun et dans lequel et lesquels nous devenons ensemble – éléments, parties prenantes, partenaires, colocataires, co-vivants, inter-vivants – hors de toute idée de domination, qui constitue une ontologie simultanée réciproque.
« Animaux, végétaux, minéraux, humains, esprits de toute l’anthropocène, Planétariens, unissez-vous!»