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Covid-19 : étude de l’efficacité des mesures instaurées contre le virus en France

Par : SanteMentale
6 février 2024 à 17:01

Des chercheurs de l’université et du CHU de Bordeaux, de l’Inserm et d’Inria publient des estimations sur l’efficacité des mesures restrictives (confinement, couvre-feu…) et de ...

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Villeneuve-le-Roi (94) : citoyens et élus unissent leurs compétences dans un Fablab pour lutter contre la crise du Covid-19

20 mai 2020 à 16:36

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Sixième exemple avec l’interview de Mickaël Boitelle, directeur général des services de Villeneuve le Roi. Grâce à leur Fablab, ensemble et bénévolement les différents acteurs de ville produisent des masques barrière en tissu.

Comment utilisez-vous le Fablab de Villeneuve le Roi dans le cadre de la lutte contre le covid19  ?

Le Fablab de Villeneuve le Roi est très récent, ouvert au public depuis décembre 2019, il fait partie d’un ensemble d’équipements publics qui vient clore une opération de rénovation urbaine de grande ampleur dans un des quartiers les plus pauvres du Val-de-Marne avant le projet. Ce Fablab a permis d’assurer une réactivité incontestable grâce à sa proximité et à l’engagement des agents communaux et des bénévoles villeneuvois, car c’est aussi l’esprit d’un fablab : le partage de savoir et de techniques. Nous y avons donc installé, dans le respect des règles sanitaires préconisées, un atelier de production d’éléments de protection d’abord pour les agents communaux afin de garantir la bonne continuité du service public, puis pour les acteurs de la santé (médecins, pharmaciens, vétérinaires…) et les commerçants qui avaient l’autorisation de continuer leur activité. A présent les éléments de protection produits (les masques barrière) sont à destination du grand public : chaque Villeneuvois pourra avoir gratuitement un masque barrière « grand public » fabriqué selon les préconisations de l’Afnor.

Quelles sont les différentes productions réalisées ?

Nous avons donc fabriqué des visières de protection en PET, des réglettes pour fixer les élastiques des masques qui deviennent difficiles à porter à la longue et à ajuster lorsqu’ils sont accrochés directement sur les oreilles, bien sûr des masques barrière pour les agents communaux et tous les habitants (soit près de 15000 prévus plus 1500 en taille enfant pour les élèves d’élémentaire). Nous préparons maintenant des parois de protection en Plexiglas pour chacun des accueils des services municipaux. Très vite nous devrions aussi créer des dispositifs pour les poignées de porte qui nous permettent de les ouvrir avec les coudes.

Comment s’organise la fabrication de ces différents accessoires de 
protection et qui travaille au sein du Fablab ?

Une équipe composée d’agents communaux, d’élus et de bénévoles qui se relaient sans cesse placée sous la conduite de la directrice du centre socioculturel de la ville dont dépend le fablab. Monsieur le Maire est très présent et coordonne les différentes étapes de production et particulièrement la distribution des productions.

Pourquoi avoir voulu développer un outil pour ouvrir les portes sans 
les mains ? 

Cela permettra de limiter le contact avec un des objets les plus contaminants à savoir les poignées de porte. Même si le nettoyage des locaux est renforcé, l’utilisation d’une pognée de porte des dizaines voire des centaines de fois dans la journée reste un possible faisceau de contamination (portes des sanitaires, des espaces communs, portes d’entrée…). Les gestes barrière sont respectés et encouragés mais ce genre de précaution supplémentaire rassure et rappelle à la bonne attitude à adopter tout au long de la journée.

Concernant la création des masques barrière en tissu pour les 
habitants de votre commune, pourquoi la ville a-t-elle décidé de prendre en charge toute la chaine de production  ?

Le maire de Villeneuve-le-Roi, Didier Gonzales présente le FabLab au préfet du Val-de-Marne, Raymond Le Deun.

Sans revenir sur la polémique autour de l’utilité des masques, un constat est flagrant : il n’y en a pas ou du moins en nombre trop insuffisant pour toute la population française. Comme souvent les collectivités territoriales et en premier lieu la commune demeurent l’échelon de proximité pour les habitants. Après un mois de confinement et à l’annonce du second mois, Monsieur le Maire a choisi de préparer dès à présent les conditions d’un déconfinement progressif le plus sûr possible. Étant donné que l’activité des services publics et économique va devoir reprendre et il nous revient d’agir. Nous pouvions commander des masques auprès d’entreprises, c’est ce que nous avons fait d’ailleurs dans le cadre d’un groupement de commandes à l’échelle de la métropole, mais les délais de livraison annoncés et de manière partielle correspondent au 25 mai. C’était trop long tenant compte d’un déconfinement prévu le 11 mai. Pour garder la maitrise de notre projet et surtout assurer le bon rythme, nous avons donc fait le choix de réaliser toutes les étapes par nous-mêmes. Nous avons acheté 2000 m2 de tissu en coton correspondant aux préconisations de l’Afnor, 36 km de biais pour les attaches (préférables aux élastiques pour diverses raisons), des bobines de fils, des aiguilles etc… Ensuite il a fallu mettre en place un processus de fabrication optimisé et un circuit de distribution.

Comment cette organisation de création a t-elle été mise en place ?

Cette organisation a été mise en place dans des délais très courts car l’objectif était de produire et de distribuer le maximum de masques avant le 11 mai. Une fois les matières premières acquises, nous avons fait un appel au sein du personnel communal et de la population pour recueillir les candidatures de couturiers (chaque personne disposant d’une machine à coudre et de quelques compétences en la matière était la bienvenue). Nous avons un peu plus de 130 couturiers et chacun à son rythme coud les masques. L’idée était de fournir un kit complet avec notice de fabrication et de mesures de sécurité sanitaire à respecter à chaque couturier afin de gagner du temps. Tout kit comportait tout juste de quoi fabriquer 30 masques. Les rouleaux de tissus étaient prédécoupés par deux bénévoles anciens tapissiers. Les carrés de tissus étaient découpées de manière très précise au fablab (découpeuse laser) ainsi que les biais à la juste longueur, le flocage (logo de la ville) y était exécuté également. Ensuite ces kits étaient distribués aux couturiers par les élus plusieurs fois par semaine et le ramassage des masques cousus était assuré de la même façon. En moins de 10 jours nous avons produit plus 6500 masques. La distribution s’effectue selon des critères de priorité établie par la municipalité et qui correspondent à la réalité des personnes vulnérables ou les plus exposées par leur activité (personnes en résidence sénior, habitant de plus de 70 ans, personnes à la santé fragile,…).

Propos recueillis par Maëlle Alibert

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Bras-Panon (97) : le CCAS accompagne la population face au Covid-19

30 avril 2020 à 07:00

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Troisième exemple avec l’interview de Karine Thirion-Lebon, directrice du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Bras-Panon à la Réunion. Elle nous explique le rôle de son CCAS en ces temps de crise.

Depuis le début de cette crise, nous pouvons voir que le rôle des CCAS est très souvent mis en avant, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Lorsque l’on parle des CCAS, on dit souvent que ce sont la première portes d’entrée d’un territoire. C’est-à-dire la première porte vers laquelle un administré va se retourner. Cependant, nous avions pendant un moment eu la sensation d’être quelque peu oubliés. De n’être pas reconnus à notre juste valeur. En ces temps de crise, les regards ont changé car les CCAS sont cruciaux pour rassurer, sensibiliser la population, mettre en place des actions d’aide aux plus démunis, ou encore faire le lien entre gouvernement et la population. Les CCAS sont aussi une des rares institutions qui sont restées ouvertes au public en cette période de confinement.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Bras-Panon ?

Une partie de la population réunionnaise est en décalage avec celle de la métropole. La typologie n’est pas tout à fait la même, le taux d’illettrisme est extrêmement important et la fracture numérique existe à la Réunion. Nous nous sommes donc retrouvés face à une part de la population qui était totalement perdue face à des dispositifs (tel que l’attestation de sortie) mis en place par l’État. Cela a été difficile pour eux je pense. Car ce sont ces situations qui creusent la précarité dans lesquelles peuvent être certains. Nos actions se sont donc spécifiées à travers la vulgarisation des dispositifs, l’accompagnement de la population, l’accueil physique et téléphonique pour les plus vulnérables, tout en gardant les services sécuritaires.

Quelles sont concrètement les actions que votre CCAS réalisent en ce moment ?

D’une part, nous sensibilisons les populations aux différents gestes barrières (équipements, distance de sécurité…). Par exemple, nous nous déplaçons dans les trois Résidences Personnes Âgés (RPÂ) de la ville afin de les sensibiliser aux différentes nouvelles procédures. L’explication du fonctionnement de l’attestation de sortie, l’affichage des consignes sanitaires en sont des exemples. Ces différentes démarches ont permis de rassurer et protéger la population. D’autre part, nous continuons notre mission d’aide alimentaire pour les plus démunis avec maintenant la distribution chaque vendredi de 200 « paniers fraîcheurs » avec des fruits et des légumes. Enfin, nous avons créé deux missions sur la plate-forme « Réserve Civique», une de phoning afin d’accompagner les personnes vulnérables. Nous vérifions qu’elles vont bien et qu’elles n’ont pas de problématiques particulières. En effet, certaines se retrouvent seules. C’est le cas des personnes âgées. Elles avaient auparavant des aidants familiaux et dans cette situation de crise, elles n’en ont plus. La seconde mission, concerne le service de course à domicile où il a été important de bien faire attention aux points juridiques car il y a de l’échange d’argent entre bénévoles et résidents. Actuellement quatre bénévoles se sont proposés. Ils font d’ailleurs partie de ces institutions qui sont actuellement fermées.

En cette période, mettez-vous des actions en place avec d’autres CCAS du département ?

Nous avons de la part du Département des demandes d’actions communes aux autres CCAS de la Réunion. Je vous avoue franchement, que pour avoir échangé avec mes collègues, nous avons vraiment eu la sensation d’avoir été au « front » sans vouloir reprendre la métaphore du Président. Nous n’avons pas eu le temps de lever la tête, ainsi l’idée de mise en place de projets communs avec d’autres CCAS n’était pas d’actualité.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

Les habitants se sont retrouvés du jour au lendemain sans aucune institution ouverte au public. En effet, il a fallu attendre une quinzaine de jours pour que ces institutions se mettent dans un mode de fonctionnement plus à distance avec le télétravail. Ça a donc été à nous de gérer à l’instant. Le public vulnérable, qui a toujours eu de l’accompagnement, s’est retrouvé complètement déstabilisé. Ce dernier a eu le réflexe, et il a eu bien raison, de revenir vers nous. Nous nous sommes donc retrouvés à gérer des situations qui ne relevaient pas de nos compétences. En temps normal, les compétences sont partagées dans le Département, notamment pour les personnes âgées et les familles. Nous nous sommes sentis littéralement compressés et au mis au « front ». Mais, nous n’avions pas le choix de nous adapter en très peu de temps. Nous nous sommes posés tout de suite les bonnes questions et avons travaillé presque tous les jours. Cela nous a permis petit à petit de nous adapter à ce bouleversement.

De quelle manière les informations et instructions vous ont-elle été transmises ?

Brutale. D’un seul coup, bon nombre de mesures sont arrivées de façon très descendantes. Certes, il existe des solutions, mais le plus compliqué est de les mettre en application dans un temps très court et avec peu de personnels. Depuis le début, nous sommes 15 au lieu de 17 et travaillons près de sept jours sur sept. Parfois, j’ai l’impression que l’État ne se rend pas compte de la masse de travail qu’il y a derrière chaque solution. Au début, la ville nous a demandé de travailler sur un nouveau modèle d’organisation de mes équipes, en diminuant leur mobilisation. Cela a duré deux jours étant donné le flux d’habitants qui n’arrivant pas à nous joindre par téléphone (puisque nous étion surchargés d’appels) arrivaient, paniqué, dans nos locaux. J’ai donc dû très rapidement revoir mes modalités d’organisation en rapatriant mes équipes pour que l’ont puissent à minima répondre aux questions de manière pédagogique et rassurer la population. Je pense que nous avons répondu au mieux aux problématiques de notre territoire en essayant malgré tout de conserver nos procédures. Cependant, il va falloir que je formalise certaines décisions qui ont été prises, que je retombe sur le juridique. Par exemple, l’État a exigé que sur chaque territoire des logements de confinement soient repositionnables. Pour réaliser ces démarches, il y a un cadre juridique à respecter. Nous n’avions pas le temps pour ça. Le CCAS de Bras-Panon a donc énormément investi pour que ces logements soient habitables de suite (bail, ameublement, charges…).

Quels types de personnes sont les plus fragilisées par cette crise ?

Deux types de personnes sont les plus fragilisés par cette crise. D’un côté, les personnes âgés qui sont assez nombreuses à Bras-Panon. Elles sont 1500 sur une population de 13 000 habitants. Souvent seules, et beaucoup plus fragiles. Elles sont susceptibles de pouvoir contracter beaucoup plus rapidement le virus. Nous avons donc passé beaucoup de temps à la sensibilisation notamment sur les réseaux sociaux. Les enfants des personnes âgées ont maintenant pris l’habitude de nous signaler si leurs parents ont des problématiques. D’un autre côté, il y a les personnes ayant des problèmes d’addiction. En effet, avec le confinement, ils peuvent très rapidement plus s’alcooliser que d’habitude et ont moins de chances d’être sauvés s’ils ont un souci de santé. Pour tenter de pallier cela, nous avons repris les visites à domicile pour les informer du danger. Mes équipes sont aussi allées aux supérettes locales pour les prévenir de réguler leurs ventes d’alcool afin de protéger ces personnes. Cette sensibilisation a fais ses preuves car chaque vendredi lors de nos circuits, nous passons forcément devant ces personnes vulnérables et nous discutons rapidement avec eux en leur donnant leur panier. Nous pouvons constater qu’ils vont bien.

Comment le CCAS peut-il jouer un rôle de coordinateur entre élus et citoyens sur le territoire ?

Comme j’ai pu l’expliquer précédemment, nous devions faire le pont entre élus et citoyens. D’une part pour vulgariser les propos de la métropole à certains de nos habitants qui ont une autre culture. D’autre part, afin de gérer les soucis de communication. En effet, certaines annonces télévisées furent partagées à la population sans savoir comment elles allaient se mettre en place au sein de chaque CCAS. Il a donc fallu faire de la pédagogie avec les administrés entre ce qu’est un droit et un dû.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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