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41•Enfers et anarques intellectuelles

Épisode 41 Covid-19, novembre 2020

Allocution présidentielle

Je note qu’il y a eu très peu de réactions à mes deux dernières chroniques. Visiblement tout le monde sature. Par contre, le nombre de vues a littéralement explosé. Un effet très probable du mot-clé « Hold-Up » et des remous provoqués par ce film. Ce soir, il va y avoir une n-ième allocution télévisée de Mr Macron. On ne parle que de cela, en boucle, sur les plateaux de télévision. La semaine dernière, on parlait, toujours en boucle, des problèmes sexuels d’un type qui a massacré sa femme. Mr Macron appréciera le rapprochement. Car lui, il est très atteint sur le plan psychique et il massacre les Français. Pas physiquement, bien sûr, mais psychologiquement. Dans, les deux cas les assassins n’ont pas du tout la tête de l’emploi. Toutefois, le mari violent, lui, a au moins reconnu les faits.

L’autre va promener, une fois de plus, sa trogne pendant de longues minutes devant des Français hypnotisés. Il n’avouera bien sûr jamais ses crimes. Il se contentera de dire que les Français n’ont pas été assez sages. Donc, à Noël et au premier de l’an, ce sera plutôt le père fouettard que le bon Saint-Nicolas. Les relations de type sadomasochistes, atteignent donc un point culminant en cette fin novembre.  Car, combien de Français seront suspendus ce soir à 20 heures à leur poste de télévision ? Comment en sommes-nous arrivés à mettre tous nos espoirs aux paroles prononcées par un seul homme ? Normalement, on devrait s’en remettre au pouvoir législatif. Visiblement, eux aussi ont capitulé et seront scotchés à leur récepteur. En attendant de recevoir les paroles supposées bienfaitrices de l’être suprême qui a pris le pouvoir, réfléchissons.

Plus de 400 000 morts en novembre

Oui, je sais, je viens d’exprimer une grossièreté. Réfléchir est de nos jours devenu un luxe, réservé à ceux qui nous gouvernent. Les citoyens, eux, doivent obéir, toujours et encore. Fléchir l’échine et surtout ne pas discuter. Cette république ne marche plus. Par contre, elle espionne, elle surveille, elle contrôle, elle dénonce et elle distribue des amendes à des citoyens honnêtes. Quant aux citoyens malhonnêtes, l’étau s’est considérablement relâché. Car, le nombre de policiers est un nombre fini. Donc, si, on les occupe à surveiller les honnêtes gens, mathématiquement parlant, les délinquants respirent mieux. Ce soir je n’écouterais donc pas Mr Macron. Je ne supporte plus de voir son regard planté dans le mien pendant des longues minutes. Si encore, il nous regardait ! Que nenni ! Car, en fait, il regarde son prompteur. C’est pour cela qu’il arbore ce regard fixe, si typique des personnes en trains de se momifier.

J’ai bien sûr de bonnes raisons de ne plus l’écouter. Les voici, exposées dans la froideur des chiffres. Lors de sa dernière allocution, la momie avait parlé de plus de 400 000 morts si l’on ne faisait rien. C’était juste avant le reconfinement. Comme aujourd’hui, on ne dépasse pas 50 000 morts, le triste sire plastronne. Les mesures prises ont été efficaces. Le gouvernement a agi de manière responsable. Cela va mieux. Va-t-on échapper pour autant à l’étreinte du boa constrictor élyséen ? Que nenni ! Seuls quelques favorisés vont pouvoir respirer. Les autres devront encore attendre. Pas avant 2021, murmure-t-on dans les alcôves ministérielles.

Descente aux enfers

Je vais ici pour vous décoder la stratégie présidentielle. Vous êtes aux abois, tout va mal. On vous accuse de gouverner comme un amateur. Que faire ? Rebondir, bien sûr. Reprendre la main. Comme le bougre est vraiment très intelligent, il ne manque pas de ressources. La méthode macronienne prend ses racines chez Galilée, le père de la science occidentale. Ainsi, en 1587, Galilée cherche à résoudre une controverse littéraire concernant la géométrie des enfers, si bien décrits par Dante. Grâce à un raisonnement mathématique ingénieux, Galilée démontre que l’architecture proposée par Antonio Manetti est viable. Par contre,  celle proposée par Alessandro Vellutello apparaît instable. Les calculs mathématiques montrent en effet qu’elle doit s’effondrer sous son propre poids.

Tout ceci, sachant que sur un plan pratique, il est très difficile d’évaluer les dimensions de l’Enfer. Car, « ce lieu où il est si facile de descendre et dont il est pourtant si difficile de sortir » est « enseveli dans les entrailles de la Terre, caché à tous nos sens » – au contraire des « ciels » qui « tombent sous le sens ». Malgré cette impossibilité de fond, Galilée arrive quand même à décider laquelle des deux architectures est viable.

Méthode de Fermi et ordre de grandeur

Celui qui a le mieux compris la puissance de la méthode Galiléenne est le physicien américano-italien Enrico Fermi. Fermi affirme que tout bon physicien devrait être capable de calculer un ordre de grandeur, c’est-à-dire une valeur comprise dans une décade (entre deux puissances de dix successives). Ceci s’explique par le fait que, dans tout l’enchaînement des calculs, les erreurs tendent à se compenser. Il en découle que se tromper d’un facteur 10 dans l’estimation d’une grandeur est très peu probable.

Pour rester concret, essayons d’estimer la circonférence terrestre C. La méthode évidente est d’aller consulter un livre ou internet pour avoir la réponse. Toutefois, que faire, si je ne dispose que d’un crayon et d’un bout de papier ? Je peux par exemple me souvenir qu’entre New York et Los Angeles, il y a une distance de 4 800 kilomètres. Si je sais également que le décalage horaire entre les deux villes est de 3 heures, je peux déterminer l’ordre de grandeur de cette circonférence. Car, comme une journée dure 24 heures, il s’ensuit que  C = 4 800×24/3 = 38 400 kilomètres. En arrondissant, on peut affirmer que cette circonférence est voisine de 40 000 kilomètres. Pour mémoire, la valeur admise actuellement est de 40 074 kilomètres. 

Les plus anciens d’entre nous auront bien sûr reconnu la bonne vieille « règle de trois ». Le seul truc vraiment utile que l’on soit scientifique, médecin, commerçant, économiste ou politicien.

L’art t’entuber le peuple

Donc revenons à la momie actuellement en service actif. Macron, lui aussi vit un enfer. Impossible de savoir si les causes exactes de la croissance exponentielle des malades de la COVID-19. Pourtant, il faut se décider. A l’époque de sa dernière allocution, il sait qu’il y a environ 40 000 morts en France. D’autre part la méthode de Fermi lui garantit qu’il est « impossible » de se tromper d’un facteur 10. Car, plus le phénomène est complexe, plus les erreurs se compensent. Or, la COVID-19 est réputée être complexe. Bingo ! Je vais annoncer que si l’on ne fait rien on aura 40 000×10 = 400 000 morts en novembre. Le chiffre est bien sûr bidon, mais on trouvera toujours un modèle mathématique le justifiant. Il y a en France des gens très intelligents payés pour cela.

Donc, en annonçant, ce chiffre, je suis sûr d’être démenti par la réalité quelles que soient les mesures prises. D’où la possibilité de plastronner en attribuant aux mesures prises la non-observation d’un chiffre sorti de mon imagination. Ne tombez donc pas dans le panneau, ce type est un professionnel de l’arnaque. Car, faire une règle de trois est à la portée du premier quidam venu. Par contre, maquiller cette règle sous des modèles mathématiques très sophistiquées nécessite d’être pervers (voir ma précédente chronique). 

Comportement sectaire et délire paranoïaque

Donc, vous comprendrez que voir une fois de plus ce genre d’arnaque intellectuelle en direct à la téloche, ne m’enchante guère. Toutefois, il y a bien mieux. On dispose aujourd’hui d’un outil mathématique permettant de faire sortir d’une marée de chiffres, des grandes tendances. Cela s’appelle l’analyse en composantes principales (ACP). Il s’agit ici d’étudier un ensemble de p variables mesurées sur un ensemble de n individus. Lorsque p et n sont grands on cherche à synthétiser la masse d’informations sous une forme exploitable et compréhensible. L’objectif est de déterminer des fonctions des variables ou facteurs qui serviront à visualiser les observations de façon simplifiée. En ramenant un grand nombre de variables souvent corrélées entre elles, à un petit nombre de composantes principales (les premières) non corrélées.

On peut synthétiser les corrélations des variables pour un couple de composantes sur un graphique appelé cercle de corrélation. Voilà ce que cela donne pour la COVID-19. Le cercle a été pris d’une conférence de Jean-François Toussaint, visible en suivant ce lien.

Image donnant le cercle de corrélation pour différentes variables et la mortalité par COVID-19
Analyse en composantes principales des corrélations possibles entre différente variables et la mortalité par COVID-19

La COVID-19 est une maladie de pays riches

Que voit-on ? En abscisse l’axe principal qui regroupe 39% de la quantité d’information disponible. En ordonnée, l’axe secondaire qui regroupe 18% de la quantité d’information disponible. Il existe donc (100 – 39 – 18 = 43%) de l’information disponible qui nécessite d’autres axes orthogonaux aux deux principaux pour décrire les corrélations de manière convenable. Les flèches sont les différentes variables considérées dans l’analyse. La mortalité par COVID-19 correspond à la flèche jaune. Elle coïncide presque avec l’axe principal. On voit ici immédiatement que les variables qui se corrèlent très fortement avec l’axe principal sont : le PIB, l’espérance de vie, la sédentarité et le support économique. A l’inverse, il y a des variables qui sont anti-corrélées à la mortalité comme la progression de l’espérance de vie et le taux de maladies infectieuses.

Autrement dit, plus vous êtes riche et sédentaire, plus vous avez de chances de mourir. Par contre, plus vous être pauvre et infecté par d’autres pathogènes, plus vous avez de chances de survivre. Donc, que faire lorsqu’on a peur de mourir de la COVID-19 ? Simplement renoncer au luxe, faire du sport, changer son mode d’alimentation et éventuellement attraper la grippe. C’est l’avantage de l’ACP que de donner des directives claires lorsqu’on croule sous les données. 

Inutilité du confinement et de l’austérité

Regardons maintenant l’axe secondaire. Il regroupe les mesures d’austérité, de confinement et le taux d’humidité ambiant. On voit de suite que ces facteurs sont cautère sur jambe de bois pour ce qui concerne la mortalité. Justifier de telles mesures pour des raisons de santé est tout simplement un mensonge éhonté. Comprenez-vous pourquoi, 700 universitaires, scientifiques, professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et du social, artistes ont dénoncé la pratique du confinement. Les commerçants apprécieront le mépris de ceux qui nous gouvernent. L’ACP nous révèle ici que ces mesures sont prises pour d’autres raisons que la santé. Reste évidemment à savoir lesquelles. Si vous séchez, il est peut-être temps d’aller revoir le film Hold-Up.

Enfin, on voit que les variables climatiques sont partiellement anti-corrélées à la mortalité. S’il fait froid ou si l’indice UV est bas, on a plus de chances de mourir. Donc vive l’été et la vitamine D. Avez-vous déjà vu un tel graphique à la téloche ? Comprenez-vous le niveau de désinformation dans lequel vous plonge la momie en chef et ses sbires. Ce type et le conseil « scientifique » qui le manipule se foutent simplement de votre gueule. A bon entendeur, salut.

Par Marc HENRY

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À voir mardi 11 à partir de 19h

Version podcast

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Abrégé de littérature-molotov avec Mačko Dràgàn

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Stratégie énergie et climat :  la PPE et la SNBC, des outils pour atteindre la neutralité carbone

En mars 2024, le Premier ministre a annoncé une prochaine consultation publique sur la stratégie énergie et climat de la France. La Commission nationale du débat public sera en charge d'organiser la concertation. Programmation pluriannuelle de l'énergie, stratégie nationale bas-carbone... Quels sont les outils pour atteindre la neutralité carbone ?
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Nouvelles du front écologique

Ce lundi 8 avril, à l'aube, la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) appuyée par les services judiciaires locaux a interpelé 17 personnes dans la région Rouennaise. Selon le procureur d'Evreux, ils sont soupçonnés d'avoir participé au désarmement d'une centrale à béton Holcim (anciennement Lafarge) à Val-de-Reuil le 3 décembre 2023. À Aix-en-Provence, vendredi 5 avril, ce sont deux nouvelles mises en examen pour association de malfaiteurs qui ont été prononcé par la juge en charge de l'instruction concernant le désarmement de Lafarge là encore, mais à Bouc-bel-air le 10 décembre 2022. Enfin, le GIEC (Groupe d'Idéalistes Enrayant le Capitalisme) a revendiqué près d'Agen le désarmement de plusieurs machines présentes sur un chantier NGE. Cela en soutien et solidarité avec la lutte en cours contre la construction de l'A69 où l'entreprise est active.

N'importe quel joueur de Fortnite ou lecteur de Clauswitz le sait : il ne faut jamais indexer sa stratégie sur celle de l'ennemi. Pas plus qu'il ne faut sous-estimer sa force ou surestimer ses capacités stratégiques. Néanmoins, force est de constater que se joue en ce moment même une course contre la montre entre le mouvement écologiste renaissant et l'appareil sécuritaire français. D'un côté, nous avons la montée en puissance de mobilisations de plus en plus populaires, massives et radicales qui semblent convaincues qu'il n'y a plus rien à attendre du monde politique et qu'il faut donc s'en remettre à l'action directe et au désarmement citoyen. De l'autre, le déploiement d'une force brute et épaisse (Sainte-Soline) et la mobilisation des services d'enquêtes les mieux dotés, soit la police antiterroriste de la SDAT (Bouc-bel-Air et maintenant Val-de-Reuil).
Pourquoi parler de course contre la montre ? Comment comprendre cette débauche de moyens répressifs, lorsqu'on sait que l'État, en tout temps, ne lutte pas contre les illégalités mais s'en fait le gestionnaire ? [1] Solliciter les moyens de l'antiterrorisme pour traquer et mettre en examen des militants écologistes ne va pas de soi. Certes, il faut légalement une petite pirouette. Pour l'usine Lafarge de Bouc-bel-Air, une cahute enflammée autorisait la saisine de l'« élite » de la police. Concernant Val-de-Rueil, si l'on s'en tient aux déclaration du procureur, c'est la « séquestration en bande organisée » qui donne le feu vert. Si l'on s'en tient au communiqué de revendication de l'action publié dès le lendemain, les participants s'étaient empressés de contester cette accusation fantaisiste :

Évidemment, malgré les calomnies d'autorités qui n'ont plus que le mensonge pour garder la face, personne n'a été « séquestré » durant cette action de 10 minutes montre en main qui ne visait pas des individus, mais une filière industrielle écocidaire, et nous ne sommes pas sans savoir que les gardiens et vigiles ont reçu l'ordre de ne pas intervenir lors des actions de ces journées contre le béton.


En l'état, qu'un vigile ait été enfermé 10 minutes dans son local ou qu'il s'y soit enfermé lui-même n'a que peu d'importance, ce qui compte c'est que les chefs d'inculpations permettent de solliciter l'antiterrorisme et de bénéficier de ses moyens d'enquêtes exceptionnels.

Mais à cette tambouille administrativo-judiciaire s'ajoute un autre coup de force, symbolique, médiatique et affectif celui-là : pouvoir accoler les mots « écologistes » et « terroristes ». Ah oui, c'est vrai, Gerald Darmanin l'avait fait et annoncé...

Nous ne reviendrons pas ici sur les tenants et les aboutissants de l'antiterrorisme, lundimatin déborde déjà d'articles de fond sur la question. Ce qui nous intéresse c'est de réfléchir à pourquoi et comment il se met en place actuellement au coeur du mouvement écologiste. Notre hypothèse est qu'il s'agit, face à la montée en puissance de nouvelles formes de contestation, de casser leur dynamique en terrorisant toutes celles et ceux qui les ont déjà rejointes ou souhaiteraient le faire. B.A BA des stratégies contre-insurrectionnelles, frapper les coeurs et les esprits. Les forces sécuritaires françaises savent que l'audace et la joie qui émanent d'un mouvement tel que les Soulèvements de la terre ne seront pas endiguées par quelques promesses politiques toujours-déjà trahies, dès lors, la seule issue possible est répressive et surtout dissuasive. Gageons que les 17 personnes perquisitionnées et interpellées dans la région de Rouen ce matin ne l'ont pas été pour les quelques milliers d'euros qu'elles ont peut-être fait perdre à l'entreprise Lafarge mais pour tenter d'apeurer les milliers de personnes qui ont participé aux Journées contre le béton (lundimatin avait couvert ces 4 journées exceptionnelles.)

Contrairement aux apparences, cette course contre la montre ne se joue pas entre militants écologistes et forces répressives de l'État mais entre la détermination que produit mécaniquement un regard lucide sur le monde et la peur et l'impuissance qu'insuffle l'image de ses hordes cagoulées et armées qui enfoncent les portes et enferment celles et ceux de bonne volonté. Si l'on s'en tient au communiqué diffusé par les journées contre le béton tout porte à croire que pour le moment ces opérations policières de terreur et d'isolement buttent sur le réel. Des dizaines d'organisations peu connues pour leur amour de la violence et de l'illégalisme ont déjà consigné leur soutien aux interpellés : Attac, Sud-Rail, Collages féministes, les jeunes écologistes Normandie, le PCF 76, etc.

Aix-en-Provence : 2 mises en examen

Suites de l'affaire du désarmement de l'usine Lafarge de Bouc-bel-Air. Deux nouvelles mises en examen ont été prononcées par la juge d'instruction ce vendredi 5 avril. Convoquées, ces deux personnes ont pu être assistées d'un rassemblement de soutien lors duquel plusieurs prises de parole ose sont tenues. Des membres de la Ligue des Droits de l'Homme, du comité affaires sensibles de Lyon, de la Quadrature du Net ainsi que le comité local des Soulèvements de la Terre se sont succédés au micro devant le tribunal :

Des voix contre le béton et son monde from primitivi on Vimeo.

Le GIEC contre NGE

Sur une note plus optimiste et enjouée, le GIEC angevin a rendu un rapport accablant contre l'entreprise NGE qui participe à la construction de l'A69. Le voici.

Il y a quelques jours, nous avons enrayé les moteurs de toutes les machines sur le chantier NGE du Pont et du Barreau de Camélat reliant Brax à Colayrac-Saint-Cirq près d'Agen.
À l'appel du GIEC de Haute-vienne, et à la suite de la section girondine du GIEC, nous avons voulu montrer notre soutien à la lutte contre l'A69, en sabotant les jouets dévastateurs de cette entreprise. Il nous a semblé opportun de viser ce chantier qui devrait être inauguré en grande pompe en mai prochain, pour montrer que les monstres du BTP ne sont en rien intouchables. Nous avons apprécié introduire des produits abrasifs dans tous les réservoirs d'huile et de carburant des machines présentes sur la zone. Cela permet à l'entreprise de participer à son autodestruction et ce n'est pas sans nous faire rire : plus NGE continuera les travaux, plus ses machines en fonctionnant se détruiront de l'intérieur, plus elle perdra de l'argent en cherchant à en gagner.

Ce désarmement intervient après des mois de lutte acharnée à la Crem'Arbre contre la brutalité du pouvoir. Ces derniers jours, une des branches de ce pouvoir (ici l'Office Français de la Biodiversité) a reconnu l'illégalité des abattages des arbres occupés par les écureuils. Il aura fallu une petite mésange en train de nidifier pour que l'OFB se prononce sur l'illégalité déjà flagrante des actions de la mafiA69. L'État frappe pendant des mois, puis un beau jour de printemps vient accorder cinq mois de répit, sous prétexte d'illégalité – temporaire bien sûr. Rien ne nous surprend plus dans l'absurdité de ce système et c'est pourquoi nous répondons aussi bien par les mots que par l'action.

Nous avons vu les vilaines ruses de la flicaille pour attraper les écureuil.le.s, usant des besoins de première nécessité pour en faire des proies, nous avons vu le harcèlement psychologique pour les empêcher de dormir, de manger, d'être entendu.e.s. Il est pour l'instant trop risqué pour nous de rendre la pareille, mais qu'ils ne dorment pas sur leurs deux oreilles, cela arrivera à point nommé.

Nous avons donc ciblé ce chantier, car ce pont est à la croisée de deux projets dévastateurs. En plus d'être lié à la construction de l'autoroute Toulouse-Castres via son principal promoteur NGE, il est aussi le premier ouvrage d'art de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui se construit dans le Sud-Ouest (Bordeaux-Toulouse/Bordeaux-Dax). En effet, cet enjambement de la Garonne, est le prémisse de la route qui desservira la prochaine « Gare d'Agen » construite essentiellement pour accueillir la LGV. Cette dernière implique 4800 hectares de terres artificialisées, 14 milliards de dépenses à minima (financé en partie par le contribuable via une taxe, la TSE), des dizaines de maisons expropriées puis détruites et on vous passe les détails.

Dans cette alliance contre les autoroutes automobiles et ferroviaires, nous félicitons les écureuil.le.s et les zadistes de Saïx, ainsi que tous les collectifs pour leur ténacité face à ces projets mortifères. L'impunité qui règne pour ses promoteurs alimente chaque jour notre rage et nous espérons que d'autres continueront de se réapproprier ce geste.

Nous appelons à une massification de la conspiration.
Nous appelons à en finir avec ces entreprises et avec ceux qui les protègent.
Nous appelons à ne plus attendre des changements d'un État mais à les provoquer ici et maintenant.

Ceci est une menace.

No Macadam ! No Passarail !

GIEC (Groupe d'Idéalistes Enrayant le Capitalisme)


[1] S'il fallait encore s'en convaincre, il suffit d'ouvrir Le Monde de ce jour pour s'apercevoir que les magistrats financiers en sont réduits à devoir rédiger des tribunes pour quémander à l'État les moyens d'accomplir leur mission.

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Nouvelles du front écologique

Ce lundi 8 avril, à l'aube, la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) appuyée par les services judiciaires locaux a interpelé 17 personnes dans la région Rouennaise. Selon le procureur d'Evreux, ils sont soupçonnés d'avoir participé au désarmement d'une centrale à béton Holcim (anciennement Lafarge) à Val-de-Reuil le 3 décembre 2023. À Aix-en-Provence, vendredi 5 avril, ce sont deux nouvelles mises en examen pour association de malfaiteurs qui ont été prononcé par la juge en charge de l'instruction concernant le désarmement de Lafarge là encore, mais à Bouc-bel-air le 10 décembre 2022. Enfin, le GIEC (Groupe d'Idéalistes Enrayant le Capitalisme) a revendiqué près d'Agen le désarmement de plusieurs machines présentes sur un chantier NGE. Cela en soutien et solidarité avec la lutte en cours contre la construction de l'A69 où l'entreprise est active.

N'importe quel joueur de Fortnite ou lecteur de Clauswitz le sait : il ne faut jamais indexer sa stratégie sur celle de l'ennemi. Pas plus qu'il ne faut sous-estimer sa force ou surestimer ses capacités stratégiques. Néanmoins, force est de constater que se joue en ce moment même une course contre la montre entre le mouvement écologiste renaissant et l'appareil sécuritaire français. D'un côté, nous avons la montée en puissance de mobilisations de plus en plus populaires, massives et radicales qui semblent convaincues qu'il n'y a plus rien à attendre du monde politique et qu'il faut donc s'en remettre à l'action directe et au désarmement citoyen. De l'autre, le déploiement d'une force brute et épaisse (Sainte-Soline) et la mobilisation des services d'enquêtes les mieux dotés, soit la police antiterroriste de la SDAT (Bouc-bel-Air et maintenant Val-de-Reuil).
Pourquoi parler de course contre la montre ? Comment comprendre cette débauche de moyens répressifs, lorsqu'on sait que l'État, en tout temps, ne lutte pas contre les illégalités mais s'en fait le gestionnaire ? [1] Solliciter les moyens de l'antiterrorisme pour traquer et mettre en examen des militants écologistes ne va pas de soi. Certes, il faut légalement une petite pirouette. Pour l'usine Lafarge de Bouc-bel-Air, une cahute enflammée autorisait la saisine de l'« élite » de la police. Concernant Val-de-Rueil, si l'on s'en tient aux déclaration du procureur, c'est la « séquestration en bande organisée » qui donne le feu vert. Si l'on s'en tient au communiqué de revendication de l'action publié dès le lendemain, les participants s'étaient empressés de contester cette accusation fantaisiste :

Évidemment, malgré les calomnies d'autorités qui n'ont plus que le mensonge pour garder la face, personne n'a été « séquestré » durant cette action de 10 minutes montre en main qui ne visait pas des individus, mais une filière industrielle écocidaire, et nous ne sommes pas sans savoir que les gardiens et vigiles ont reçu l'ordre de ne pas intervenir lors des actions de ces journées contre le béton.


En l'état, qu'un vigile ait été enfermé 10 minutes dans son local ou qu'il s'y soit enfermé lui-même n'a que peu d'importance, ce qui compte c'est que les chefs d'inculpations permettent de solliciter l'antiterrorisme et de bénéficier de ses moyens d'enquêtes exceptionnels.

Mais à cette tambouille administrativo-judiciaire s'ajoute un autre coup de force, symbolique, médiatique et affectif celui-là : pouvoir accoler les mots « écologistes » et « terroristes ». Ah oui, c'est vrai, Gerald Darmanin l'avait fait et annoncé...

Nous ne reviendrons pas ici sur les tenants et les aboutissants de l'antiterrorisme, lundimatin déborde déjà d'articles de fond sur la question. Ce qui nous intéresse c'est de réfléchir à pourquoi et comment il se met en place actuellement au coeur du mouvement écologiste. Notre hypothèse est qu'il s'agit, face à la montée en puissance de nouvelles formes de contestation, de casser leur dynamique en terrorisant toutes celles et ceux qui les ont déjà rejointes ou souhaiteraient le faire. B.A BA des stratégies contre-insurrectionnelles, frapper les coeurs et les esprits. Les forces sécuritaires françaises savent que l'audace et la joie qui émanent d'un mouvement tel que les Soulèvements de la terre ne seront pas endiguées par quelques promesses politiques toujours-déjà trahies, dès lors, la seule issue possible est répressive et surtout dissuasive. Gageons que les 17 personnes perquisitionnées et interpellées dans la région de Rouen ce matin ne l'ont pas été pour les quelques milliers d'euros qu'elles ont peut-être fait perdre à l'entreprise Lafarge mais pour tenter d'apeurer les milliers de personnes qui ont participé aux Journées contre le béton (lundimatin avait couvert ces 4 journées exceptionnelles.)

Contrairement aux apparences, cette course contre la montre ne se joue pas entre militants écologistes et forces répressives de l'État mais entre la détermination que produit mécaniquement un regard lucide sur le monde et la peur et l'impuissance qu'insuffle l'image de ses hordes cagoulées et armées qui enfoncent les portes et enferment celles et ceux de bonne volonté. Si l'on s'en tient au communiqué diffusé par les journées contre le béton tout porte à croire que pour le moment ces opérations policières de terreur et d'isolement buttent sur le réel. Des dizaines d'organisations peu connues pour leur amour de la violence et de l'illégalisme ont déjà consigné leur soutien aux interpellés : Attac, Sud-Rail, Collages féministes, les jeunes écologistes Normandie, le PCF 76, etc.

Aix-en-Provence : 2 mises en examen

Suites de l'affaire du désarmement de l'usine Lafarge de Bouc-bel-Air. Deux nouvelles mises en examen ont été prononcées par la juge d'instruction ce vendredi 5 avril. Convoquées, ces deux personnes ont pu être assistées d'un rassemblement de soutien lors duquel plusieurs prises de parole ose sont tenues. Des membres de la Ligue des Droits de l'Homme, du comité affaires sensibles de Lyon, de la Quadrature du Net ainsi que le comité local des Soulèvements de la Terre se sont succédés au micro devant le tribunal :

Des voix contre le béton et son monde from primitivi on Vimeo.

Le GIEC contre NGE

Sur une note plus optimiste et enjouée, le GIEC angevin a rendu un rapport accablant contre l'entreprise NGE qui participe à la construction de l'A69. Le voici.

Il y a quelques jours, nous avons enrayé les moteurs de toutes les machines sur le chantier NGE du Pont et du Barreau de Camélat reliant Brax à Colayrac-Saint-Cirq près d'Agen.
À l'appel du GIEC de Haute-vienne, et à la suite de la section girondine du GIEC, nous avons voulu montrer notre soutien à la lutte contre l'A69, en sabotant les jouets dévastateurs de cette entreprise. Il nous a semblé opportun de viser ce chantier qui devrait être inauguré en grande pompe en mai prochain, pour montrer que les monstres du BTP ne sont en rien intouchables. Nous avons apprécié introduire des produits abrasifs dans tous les réservoirs d'huile et de carburant des machines présentes sur la zone. Cela permet à l'entreprise de participer à son autodestruction et ce n'est pas sans nous faire rire : plus NGE continuera les travaux, plus ses machines en fonctionnant se détruiront de l'intérieur, plus elle perdra de l'argent en cherchant à en gagner.

Ce désarmement intervient après des mois de lutte acharnée à la Crem'Arbre contre la brutalité du pouvoir. Ces derniers jours, une des branches de ce pouvoir (ici l'Office Français de la Biodiversité) a reconnu l'illégalité des abattages des arbres occupés par les écureuils. Il aura fallu une petite mésange en train de nidifier pour que l'OFB se prononce sur l'illégalité déjà flagrante des actions de la mafiA69. L'État frappe pendant des mois, puis un beau jour de printemps vient accorder cinq mois de répit, sous prétexte d'illégalité – temporaire bien sûr. Rien ne nous surprend plus dans l'absurdité de ce système et c'est pourquoi nous répondons aussi bien par les mots que par l'action.

Nous avons vu les vilaines ruses de la flicaille pour attraper les écureuil.le.s, usant des besoins de première nécessité pour en faire des proies, nous avons vu le harcèlement psychologique pour les empêcher de dormir, de manger, d'être entendu.e.s. Il est pour l'instant trop risqué pour nous de rendre la pareille, mais qu'ils ne dorment pas sur leurs deux oreilles, cela arrivera à point nommé.

Nous avons donc ciblé ce chantier, car ce pont est à la croisée de deux projets dévastateurs. En plus d'être lié à la construction de l'autoroute Toulouse-Castres via son principal promoteur NGE, il est aussi le premier ouvrage d'art de la Ligne à Grande Vitesse (LGV) qui se construit dans le Sud-Ouest (Bordeaux-Toulouse/Bordeaux-Dax). En effet, cet enjambement de la Garonne, est le prémisse de la route qui desservira la prochaine « Gare d'Agen » construite essentiellement pour accueillir la LGV. Cette dernière implique 4800 hectares de terres artificialisées, 14 milliards de dépenses à minima (financé en partie par le contribuable via une taxe, la TSE), des dizaines de maisons expropriées puis détruites et on vous passe les détails.

Dans cette alliance contre les autoroutes automobiles et ferroviaires, nous félicitons les écureuil.le.s et les zadistes de Saïx, ainsi que tous les collectifs pour leur ténacité face à ces projets mortifères. L'impunité qui règne pour ses promoteurs alimente chaque jour notre rage et nous espérons que d'autres continueront de se réapproprier ce geste.

Nous appelons à une massification de la conspiration.
Nous appelons à en finir avec ces entreprises et avec ceux qui les protègent.
Nous appelons à ne plus attendre des changements d'un État mais à les provoquer ici et maintenant.

Ceci est une menace.

No Macadam ! No Passarail !

GIEC (Groupe d'Idéalistes Enrayant le Capitalisme)


[1] S'il fallait encore s'en convaincre, il suffit d'ouvrir Le Monde de ce jour pour s'apercevoir que les magistrats financiers en sont réduits à devoir rédiger des tribunes pour quémander à l'État les moyens d'accomplir leur mission.

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