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Les batteries manquent à l'appel

Par : Lux Aurores
25 janvier 2026 à 19:37

Alors que se multiplient les alertes concernant leur dépendance technologique et industrielle à l'égard de la Chine dans le domaine desd batteries, les Etats-Unis viennent de lancer un nouveau programme de financement modeste de recherche appliquée de 15 millions de dollars, censé permettre l'émergence de batteries Li-ion quatre fois plus puissantes que les actuelles.

Les composants chinois sont aujourd'hui dominants en la matière, qui produit 20% du lithium mondial, contrôle un tiers des mines de cobalt de RDC (d'où provient 75% de la production mondiale) et fabrique 85% des batteries dans le monde dont un tiers sont produits par la seule entreprise CATL.

Les Etats-Unis ont lancé des plans d'investissement de plus de dix milliards de dollars afin de rattraper leur retard et sécuriser notamment leurs voies d'approvisionnements en matériaux critiques.

Les deux Corées

Pour la première fois, Questions internationales consacre un dossier complet aux deux Corées. Après un conflit sanglant (1950-1953) et la partition de la Péninsule suivant le 38e parallèle, les deux frères ennemis n’ont à ce jour toujours pas fait la paix, et la perspective d’une réunification semble s’éloigner dans un contexte géopolitique tendu.

Les deux Corées

Pour la première fois, Questions internationales consacre un dossier complet aux deux Corées. Après un conflit sanglant (1950-1953) et la partition de la Péninsule suivant le 38e parallèle, les deux frères ennemis n’ont à ce jour toujours pas fait la paix, et la perspective d’une réunification semble s’éloigner dans un contexte géopolitique tendu.

Interface cerveau-machine : Synchron envisage une étude à grande échelle pour son implant

15 avril 2024 à 11:00

Les interfaces cerveau-machine (ICM) représentent un immense espoir pour les malades atteints de troubles moteurs et sont le sujet de recherche depuis des décennies. Synchron, une start-up australienne également basée à New-York, après des essais concluants sur Stentrode, l’implant cérébral endovasculaire qu’elle a développé, a annoncé la semaine dernière le lancement d’un registre patients dans le but de mener un essai clinique à grande échelle.

Les avancées en matière d’IA, deep learning et traitement du signal ont permis de mieux interpréter les signaux cérébraux, les progrès dans la miniaturisation des capteurs EEG (électroencéphalographie) et dans les techniques d’imagerie cérébrale, telles que l’IRM fonctionnelle et la spectroscopie proche-infrarouge ont également contribué à ceux des interfaces cerveau-machine depuis la première implantation humaine par Neural Signals en 1998.

La startup Cortera Neurotechnologies a ainsi mis au point en 2019 un implant de stimulation cérébrale pour la maladie de Parkinson. La même année, un exosquelette de la main contrôlé par la pensée était développé à l’EPFL, une de ses équipes a conçu l’an passé une neuro-puce pour détecter et atténuer les symptômes de maladies neurologiques. Le centre de recherche Clinatec à Grenoble a développé, lui aussi en 2019, un exosquelette qui a permis à Thibault, un patient tétraplégique de 28 ans équipé d’implants cérébraux semi-invasifs, de contrôler la marche et le mouvement des bras d’un exosquelette dans lequel il est installé.

Synchron a été créée en 2016 par le neurologue Thomas Oxley, l’année de la création de Neuralink, la start-up cofondée par Elon Musk. Après une levée de fonds de 40 millions de dollars en 2021, elle a bénéficié en 2022 lors d’un nouveau tour de table de 75 millions de dollars auquel ont participé Jeff Bezos et Bill Gates via leurs sociétés d’investissement. Elle a également reçu le soutien des gouvernements australien et américain.

Les deux start-ups, concurrentes sur un marché qui peut s’avérer très lucratif, ont adopté deux approches très différentes. Telepathy, la technologie de Neuralink, plus intrusive, consiste en une puce informatique dotée d’électrodes qui est implantée à la surface du cerveau par un robot chirurgical. Stentrode, le dispositif de neuroprothèse de Synchron est implanté dans le cortex moteur du cerveau via la veine jugulaire lors d’une procédure endovasculaire mini-invasive. Les signaux neuronaux sont transmis d’un boîtier installé dans la poitrine du patient à un ordinateur, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous.

Alors qu’Elon Musk n’a annoncé la première implantation de Telepathy sur un humain qu’en janvier dernier, Synchron, qui avait reçu l’autorisation de la FDA pour des tests préliminaires en juillet 2021, révélait en juillet 2022 la pose de son implant sur un patient au centre médical Mount Sinai West à New York dans le cadre de l’essai COMMAND. Le dispositif a été ensuite implanté avec succès chez d’autres patients à Carnegie Mellon et à l’Université de Pittsburgh.

L’étude Stentrode With Thought-Controlled Digital Switch (SWITCH), qui a évalué quatre de ces patients atteints de paralysie sévère, a montré qu’aucun effet secondaire indésirable grave n’avait été constaté un an après l’implantation de Stentrode.

La start-up est à la recherche de prochains participants pour l’essai COMMAND, qui inclurait des dizaines de patients atteints d’une paralysie sévère due à la SLA, à un accident vasculaire cérébral, à une lésion de la moelle épinière ou à la sclérose en plaques. L’étude des données recueillies pourrait lui apporter l’approbation de la FDA pour la mise sur le marché de son implant.

Interface cerveau- machine Synchron envisage une étude à grande échelle pour son implant

Le Problème à Trois Corps de Netflix divise les fans et serait moins bon que la version chinoise

Par : Korben
11 avril 2024 à 18:47

Si vous êtes passionnés de science-fiction, laissez-moi vous parler de la dernière sensation qui agite la toile : l’adaptation par Netflix du monument de la SF chinoise, Le Problème à Trois Corps de Liu Cixin.

Autant vous dire que ça fait des vagues, surtout en Chine où les fans sont en ébullition !

Bon, déjà, petit rappel pour ceux qui vivraient dans une grotte (ou qui n’auraient pas encore eu la chance de découvrir cette pépite) : Le Problème à Trois Corps, c’est LE roman de hard SF qui a propulsé Liu Cixin au rang de légende vivante. Il s’agit d’une fresque épique qui nous embarque dans une histoire de premier contact avec une civilisation extraterrestre, le tout saupoudré de physique quantique, de sociologie et de réflexions sur la nature humaine. Bref, du lourd comme j’aime.

Donc forcément, quand Netflix a annoncé qu’ils allaient adapter ce mastodonte en série, il y a eu de l’excitation dans l’air. Sauf que voilà, en Chine, Netflix n’est pas vraiment le bienvenu. Mais vous croyez que ça arrête les fans ? Que nenni ! VPN, sites de streaming illégaux… ils ont plus d’un tour dans leur sac pour mettre la main sur les épisodes. Et là, c’est le drame…

Déjà, il faut savoir que les Chinois vouent un culte quasi religieux à l’œuvre de Liu Cixin. Chaque détail, chaque virgule est sacré. Alors forcément, quand ils ont vu que Netflix avait pris quelques libertés avec l’œuvre originale, ça a fait des étincelles ! Changements dans l’intrigue, personnages modifiés, voire carrément remplacés… Pour certains puristes, c’est un scandale, une hérésie, un crime de lèse-majesté !

Mais en même temps, il y a aussi pas mal de fans qui sont ravis de voir leur roman fétiche adapté par une grosse machine hollywoodienne et propulsé sur le devant de la scène internationale. Faut dire que les adaptations chinoises précédentes, bien que plus fidèles, n’avaient pas vraiment le même impact.

Et puis il y a ceux qui s’interrogent sur la façon dont la Chine est représentée dans la série. Parce que mine de rien, Le Problème à Trois Corps a une sacrée portée politique et historique. Ça parle de la Révolution Culturelle, des relations sino-américaines, de la place de la science dans la société… Pas vraiment des sujets anodins. Alors quand ils voient que les gentils sont joués par des acteurs occidentaux et les méchants par des chinois, certains crient au complot et à la propagande anti-chinoise. Faut les comprendre aussi…

Mais pour moi, l’essentiel est ailleurs.

OK, la série de Netflix n’est pas une adaptation littérale du bouquin. Mais est-ce vraiment un problème ? L’important, c’est que ça permet à un public encore plus large de découvrir l’univers fascinant de Liu Cixin et les questionnements vertigineux qu’il soulève sur notre place dans le cosmos. Et ça, c’est quand même sacrément excitant !

Après, je ne vais pas vous mentir, je viens de découvrir la version chinoise sortie l’année dernière et à ce qu’il parait, elle est incroyablement fidèle au bouquin. D’ailleurs, je ne remercierai jamais assez P5Lawrence de m’avoir fait découvrir cette pépite ! Figurez-vous que tous les épisodes sont dispos gratuitement sur Viki, la plateforme de streaming de Rakuten, avec des sous-titres en français s’il vous plaît.

Donc je vais faire confiance à mes followers Twitter et stopper immédiatement mon visionnage sur Netflix et je vais basculer sur cette version. Ensuite, on verra, mais je pense que je me ferais quand même celle de Netflix juste pour pouvoir comparer.

Allez, je vous laisse, j’ai un rendez-vous ce marathon de SF chinoise (30 épisodes quand même…).

Et n’oubliez pas de toujours garder un œil sur le ciel, on ne sait jamais qui pourrait nous rendre visite ! D’ailleurs, je crois que c’est prévu pour cette année ^^.

Rabbit simplifie l’interaction homme-machine avec le R1

9 février 2024 à 11:30

S’il y a une innovation qui a suscité un vif intérêt lors du CES de Las Vegas, c’est bien le R1 de Rabbit. Cet appareil plus petit qu’un smartphone que la start-up présente comme “votre compagnon de poche”, dont plus de 50 000 exemplaires ont été précommandés à ce jour, devrait être livré en France vers le mois de juillet.

Basée à Santa Monica, en Californie, Rabbit a été créée en septembre 2020 par Jesse Lyu, un entrepreneur chinois. En octobre et décembre dernier, elle a levé un total de 30 millions de dollars pour finaliser le R1, qu’elle a conçu en collaboration avec la société suédoise de design Teenage Engineering.

De forme carrée, cet appareil compact (7,8 cm de côté et 1,3 cm de hauteur) et léger (115 g) est doté d’écran tactile de 2,88 pouces, d’une caméra rotative à 360°, d’une molette de défilement et d’un bouton Push-to-Talk.

Contrairement à la plupart des appareils intelligents grand public qui doivent être gérés sur un smartphone, le Rabbit R1 fonctionne comme un appareil portable entièrement autonome. Il dispose d’une connectivité Bluetooth, Wi-Fi et 4G LTE, ainsi que d’un port USB-C et d’un emplacement pour carte SIM et est alimenté par une batterie offrant une autonomie suffisante pour une journée selon la start-up. Il est équipé d’un processeur MediaTek MT6765 Octa-core, de 4GB de mémoire et de 128GB de stockage.

Quelle différence avec un smartphone ?

Rabbit ne vise pas à remplacer les smartphones, mais à simplifier la navigation entre les applications. R1 le fait pour l’utilisateur.

Jesse Lyu déclare :

“Aujourd’hui marque le début d’une nouvelle ère dans l’interaction homme-machine… Nous sommes arrivés à un point où nous avons des centaines d’applications sur nos smartphones avec des conceptions UX compliquées qui ne se parlent pas entre elles. En conséquence, les utilisateurs finaux sont frustrés par leurs appareils et se perdent souvent. rabbit s’oriente désormais vers une expérience intuitive sans application grâce à la puissance de l’IA. Les grands modèles de langage, comme ChatGPT, ont montré la possibilité de comprendre le langage naturel avec l’IA ; notre grand modèle d’action va encore plus loin : il ne se contente pas de générer du texte en réponse à une entrée humaine – il génère des actions au nom des utilisateurs pour nous aider à faire avancer les choses”.

LAM, le modèle d’action développé par Rabbit

Le Large Action Model (LAM) est au cœur du nouveau dispositif R1, représentant l’avenir de l’interaction homme-machine, selon Rabbit. Conçu pour permettre aux systèmes d’IA de voir et d’agir sur les applications comme le feraient les humains, le LAM apprend en observant les utilisateurs et en reproduisant leurs actions de manière fiable, même lorsque l’interface est modifiée. Il comprend d’abord les intentions humaines complexes, puis agit à travers des interfaces utilisateur dans tous les environnements, éliminant ainsi le besoin de télécharger plusieurs applications et effectuant les tâches pour les utilisateurs de manière proactive.

Le système d’exploitation, le rabbit OS, basé sur LAM, offre une multitude de fonctionnalités grâce à des “rabbits”, des agents d’IA personnels. Contrairement à d’autres assistants vocaux, rabbit OS peut gérer une variété de tâches complexes, de la recherche d’informations à la réservation de voyages, offrant ainsi une expérience numérique complète.

Rabbit s’engage à offrir une expérience d’IA sécurisée et respectueuse de l’utilisateur. Le R1 est conçu pour préserver la vie privée, avec des fonctionnalités telles qu’un “mode d’écoute permanente” désactivé par défaut et une caméra rotative positionnée de manière à bloquer physiquement l’objectif par défaut. Il est vendu au prix de 200$.

Le partenariat avec Perplexity AI

Le 18 janvier dernier, Rabbit annonçait sur X un partenariat avec Perplexity AI, ce qui permet à R1 de fournir des informations précises et en temps réel tirées du web, grâce à l’API LLM en ligne PPLX.

L’offre de Perplexity à 20$/mois (200$/an) permet aux abonnés d’opter pour les modèles GPT-4, Claude 2.1, Gemini ou Perplexity est offerte aux 100 000 premiers achateurs de Rabbit R1. D’après la publication d’un acheteur sur la même page X, les prochains possesseurs du R1 devront eux-aussi s’acquitter de la même somme pour accéder à l’API LLM de Perplexity.

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L’IAE Lille organise une conférence sur l’impact de l’IA dans l’industrie à travers l’analyse des données émotionnelles

8 février 2024 à 13:00

Les entreprises doivent aujourd’hui revoir leurs stratégies au prisme de l’IA. Pour vous permettre d’appréhender l’impact de l’IA dans l’industrie, les étudiants du Master 1 Marketing B to B International et Innovation de l’IAE Lille vous invitent à participer à la conférence “Comment l’IA révolutionne-t-elle l’industrie grâce à l’analyse des données émotionnelles ?”. L’événement aura lieu le 13 février prochain, de 18h à 20h, à l’amphithéâtre Pierre Mauroy à l’IAE Lille, site Vieux-Lille.

Les données émotionnelles utilisées dans des domaines tels que la psychologie, les sciences sociales, les sciences du comportement, sont de plus en plus exploitées dans le développement des interfaces homme-machine pour améliorer la compréhension et l’interaction avec les utilisateurs et dans le marketing. Elles offrent aux entreprises un avantage concurrentiel en leur permettant de comprendre et d’adresser de manière plus précise les besoins et les motivations de leurs clients.

Cette conférence vous permettra de découvrir les enjeux, les opportunités de l’IA et des données émotionnelles, et d’échanger avec des professionnels chevronnés dans ce domaine. Ils vous présenteront les dernières avancées technologiques, les aspects juridiques, les applications pratiques et les implications psychologiques de l’IA.

Les intervenants

Les quatre intervenants de cette conférence sont Aurore Bonavia, Avocate, Alex Deslée – Maître de conférences, Mathias Planckaert – Consultant en IA et Stéphane Mouchabac – Psychiatre.

  • Aurore Bonavia abordera les limites du sujet en échangeant sur l’impact de l’IA sous le prisme de la propriété intellectuelle et celui des données personnelles/confidentielles pouvant être transmises via ces outils IA. Elle discutera également de la future réglementation européenne en cours de discussion ;
  • Alex Deslée apportera son expertise sur les dernières avancées technologiques dans le domaine de l’intelligence artificielle et son impact sur l’industrie;
  • Mathias Planckaert partagera son expérience pratique et son point de vue sur la manière dont l’IA transforme les processus industriels ;
  • Stéphane Mouchabac explorera l’aspect fondamental des émotions dans le contexte de l’IA, en abordant des sujets tels que l’agentivité, l’empathie, et comment donner une vie mentale aux robots et interagir avec eux.

Comment participer : Pour assister à cette conférence enrichissante, veuillez vous inscrire via le lien suivant : https://forms.gle/84KbUFtq3f6tJVSD9. Vous pouvez également suivre l’événement sur Instagram @CONFERENCESMB2I.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : conferencemb2i.2024@gmail.com

A propos de l’IAE Lille : L’IAE Lille est une école de management, composante de
l’Université de Lille, et faisant partie du réseau IAE France. Elle possède trois sites composés de plusieurs pôles de formation : site Vieux-Lille (pôles Management, Marketing Vente, Management de l’innovation et Gestion des Ressources Humaines), site Moulins (pôles Finance et Comptabilité Audit Contrôle) et site Roubaix (pôle Commerce et Distribution).

Visuel conférence IAE LILLE

China forms metaverse working group with Huawei, Tencent, Ant Group and others | The Block

On en parle peu mais la Chine s'est dotée d'un plan ambitieux pour le développement d'un metaverse et de son écosystème. Une des premières briques sera un comité de standardisation regroupant toutes les parties prenantes chinoise du secteur
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Elon Musk annonce la pose d’une interface cerveau-machine sur un humain, une première pour Neuralink

31 janvier 2024 à 10:30

C’est sur X qu’Elon Musk a annoncé la pose de l’implant cérébral de la société Neuralink, dont il est un des cofondateurs, sur un humain. Selon lui, l’opération s’était bien passée et les premiers résultats montraient une activité neuronale prometteuse.

La start-up Neuralink a été cofondée en juillet 2016 par Elon Musk et une équipe de scientifiques et d’ingénieurs. Son objectif était de développer un dispositif d’interface cerveau-machine implantable afin d’améliorer la vie des personnes atteintes de graves lésions cérébrales et de la moelle épinière, dans le but final de créer une interface cérébrale complète capable de connecter plus étroitement l’intelligence biologique et artificielle.

Si en 2019 Elon Musk envisageait l’installation du dispositif sur un patient humain en 2020, il a du patienter jusqu’au 29 janvier dernier.

La technologie de Neuralink consiste en une puce informatique dotée d’électrodes qui est implantée à la surface du cerveau par un robot chirurgical. En effet, l’activité cérébrale était dans un premier temps enregistrée à partir de 1024 électrodes réparties sur 64 fils, mais ceux-ci sont si minces qu’ils ne peuvent être insérés par la main humaine, Neuralink a donc conçu un robot capable de le faire.

La société a fait état de progrès significatifs dans la miniaturisation des composants, l’augmentation du nombre d’électrodes et l’amélioration de la fiabilité des interfaces. Le dispositif amélioré se compose à présent de 96 sondes, chacune d’entre elles comprend 32 électrodes, ce qui représente un total de 3 072 électrodes placées dans  le cerveau.

Si à l’origine les implants ont été conçus afin de venir en aide aux personnes atteintes de paralysie ou de cécité, ils pourraient être ensuite utilisés pour combattre les maladies neuro-dégénératives comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson. Selon Elon Musk, ils pourraient également aider à lutter contre l’obésité, l’autisme, la dépression et la schizophrénie et même permettre la navigation sur Internet et la télépathie.

En mai 2023, Neuralink a reçu l’approbation de la FDA pour des essais cliniques sur les humains après avoir expérimenté le dispositif sur des animaux. Ce qui a d’ailleurs valu à la start-up d’être accusée de maltraitance animale et d’être au cœur de plusieurs polémiques.

En février de la même année, le département américain des Transports avait annoncé mener une enquête sur Neuralink après qu’une organisation de défense des animaux ait accusé la startup d’avoir transporté des matières contaminées provenant de primates malades sans avoir suivi la procédure.

Parallèlement, elle faisait l’objet d’une enquête fédérale pour maltraitance animale, certains de ses employés s’étant plaints de la précipitation des tests réalisés sur les animaux. Elon Musk aurait demandé à son personnel d’accélérer les tests sur des singes, des porcs et des moutons causant la mort de nombre d’entre eux.

Télépathie, le premier implant de Neuralink

Suite à l’approbation de la FDA, Neuralink avait demandé aux personnes souffrant de paraplégie, de cécité, de surdité et/ou d’aphasie souhaitant participer aux essais cliniques de s’inscrire sur son “Registre des patients”.

Elon Musk n’a pas spécifié de quel handicap était atteinte la personne à qui a été posée l’implant de Neuralink, il a néanmoins  déclaré “Le premier produit de Neuralink s’appelle Télépathie. Il permet de contrôler votre téléphone ou votre ordinateur, et à travers eux presque n’importe quel appareil, simplement par la pensée”. 

Si Neuralink s’en tient à ses projets, le premier essai clinique chez l’humain ou étude PRIME (abréviation de Precise Robotically Implanted Brain-Computer Interface) visera à évaluer la sécurité de l’implant, du robot chirurgical ainsi que la fonctionnalité initiale de l’interface cerveau-machine dont l’objectif est de permettre aux personnes paralysées de contrôler des dispositifs externes par la pensée.

Les puces implantables sont le sujet de nombreuses recherches, une équipe de l’EPFL a ainsi conçu une neuro-puce pour détecter et atténuer les symptômes de maladies neurologiques. La startup Cortera Neurotechnologies a mis au point dès 2019 un implant intelligent de stimulation cérébrale pour la maladie de Parkinson. Certains malades atteints de cette maladie se voient depuis des années proposer la pose d’électrodes de stimulation dans le cerveau.

Selon Elon Musk, les dispositifs de Neuralink pourraient être régulièrement mis à niveau, ce qui soulève des questions éthiques et de sécurité.

Si l’implant de Neuralink n’apporte pas une révolution dans le domaine des neurosciences, il ouvre néanmoins des perspectives dans le traitement des maladies neurologiques.  Neuralink devra toutefois prouver à la FDA que ses dispositifs sont sûrs et fiables avant d’envisager leur mise sur le marché.

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Mojie Unveils Groundbreaking Innovations at CES 2024, Paving the Way for a New Era in Consumer Level AR Glass - King NewsWire

Mojie présente au CES 2024 plusieurs de ses technologies destinée aux lunettes de réalité augmentée. Spécialisée dans l'optique et l'intégration d'écran (micro LED) l'entreprise chinoise a créé son propre modèle de lunettes pour ses démonstrations
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Pékin, nouveau créancier du sud : les chaînes ont-elles simplement changé de couleur ?

L’émergence de la Chine comme créancier majeur des pays en développement est un phénomène de plus en plus structurant pour l’économie mondiale. Les investissements chinois ont longtemps porté sur l’extraction de matières premières, avant d’évoluer vers des projets d’infrastructures à partir de 2013 et le lancement des « Nouvelles routes de la soie ». Dès lors, la Chine a développé un récit et des éléments de langage particuliers, lui permettant de se présenter en alternative crédible au système financier occidental (FMI, Banque mondiale). Elle s’appuie sur de nouveaux instruments financiers, des partenariats dits « sud-sud » et un principe affiché de non-ingérence politique qui a séduit de nombreux pays en développement. Si la Chine leur offre bien une alternative avantageuse aux institutions de Bretton Woods, les chaînes de la dette n’en sont que plus redoutables sur le long terme.

Le récit chinois

La dernière décennie a vu la Chine assumer de manière croissante son statut de grande puissance. La crise financière de 2008 a été perçue par la Chine comme une faillite du système occidental et une opportunité de prouver la supériorité de son système auprès des pays durement touchés. L’arrivée au pouvoir de Xi Jinping fin 2012 a mis un coup d’accélérateur à cette tendance.

Le projet des Nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative – BRI) s’est accompagné, dans le discours officiel chinois, de slogans tels que le « destin commun pour l’humanité », dans le cadre d’un « siècle chinois ». La Chine s’est dès lors présentée comme un leader bienveillant pour les pays en développement, en s’appuyant sur un discours de plus en plus critique de l’Occident en général et des États-Unis en particulier.

À l’inverse du cadre posé par l’OCDE ou le Club de Paris, Pékin favorise les négociations bilatérales, mettant en avant une « coopération Sud-Sud ».

Au service de cette stratégie, Pékin propose à ses partenaires des « partenariats gagnant-gagnant », qu’elle oppose aux méthodes de « jeu à somme nulle » des États-Unis. Elle met également en avant les « solutions chinoises » qui sont à l’origine d’une spectaculaire victoire contre la grande pauvreté en Chine, et invite d’autres pays émergents à s’en s’inspirer pour leur propre développement – sans pour autant chercher à les imposer.

Ce dernier point est crucial pour comprendre l’approche chinoise des relations bilatérales. Contrairement aux investissements occidentaux et aux prêts accordés aux pays en développement par le FMI, les prêts chinois ne sont généralement accompagnés d’aucune conditionnalité. Là où le FMI incite à des « réformes structurelles » et à la mise en place de « méthodes de bonne gouvernance », Pékin a fait du principe de non-ingérence la pierre angulaire de ses relations bilatérales. Un principe prisé dans l’hémisphère sud, où l’on garde de mauvais souvenirs de l’interventionnisme, et où les politiques de sanctions économiques se font durement sentir.

Bien sûr, ces déclarations d’intention n’empêchent pas Pékin de s’ingérer de manière discrète dans la vie politique de ses partenaires économiques (Philippines, Maldives…) lorsqu’elle a l’ascendant ; ni d’user de méthodes commerciales coercitives, qui s’apparentent à des sanctions qui ne disent pas leur nom. Mais pour l’heure, ces pratiques ne se révèlent pas systématiques, et permettent encore à la Chine de se distinguer des méthodes du FMI et de la Banque mondiale.

Les nouveaux outils financiers de la Chine

L’initiative Belt and Road est venue répondre à un besoin considérable d’investissements dans les infrastructures de nombreux pays, en Afrique, en Asie centrale, jusqu’en Europe de l’Est. Cette approche a été d’abord perçue positivement par de nombreux pays dont la difficulté est souvent de sortir de leur dépendance aux matières premières.

Alors que le projet célèbre sa première décennie, le bilan apparaît néanmoins contrasté. La Chine a indéniablement étendu son influence par le biais de ses investissements et d’un ensemble d’outils de smart power. En revanche, le sentiment antichinois a également gagné du terrain dans de nombreux pays, y compris les plus proches de la Chine (Pakistan, Zambie), où les pratiques des entreprises chinoises ont été particulièrement mal reçues : opacité, corruption, surcoûts, absence d’impact sur l’emploi local, etc.

De nombreuses institutions financières appuient les entreprises chinoises dans le cadre de l’initiative Belt and Road : la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures, créée en 2016, dont sont membres 106 pays, parmi lesquels 26 européens, et le Silk Road Fund. Ces banques viennent s’ajouter à la Banque chinoise d’investissement et à la Banque chinoise d’import-export. L’ensemble de ces organisations financières sont placées sous la tutelle du département d’Etat de la République Populaire de Chine et répondent aux besoins du programme chinois d’aide publique au développement.

Ce programme n’est pas régulé par les protocoles habituels de l’OCDE et du club de Paris, car Pékin favorise les négociations bilatérales avec les pays bénéficiaires de ces aides, considérant toujours qu’il s’agit de « coopération Sud-Sud ». Cette implication directe de l’État chinois s’accompagne d’objectifs politiques de long terme. À l’inverse des investisseurs privés, pour qui la maximisation du profit demeure l’unique boussole, les institutions sous influence chinoise se permettent de soutenir des projets dont la rentabilité n’est pas certaine – ce qui renforce leur hégémonie sur le long cours.

De même, la Chine est un moteur de la banque des BRICS, dont l’ex-présidente brésilienne Dilma Rousseff a pris la direction début 2023. Alors que les BRICS, regroupant cinq économies dites émergentes (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), a longtemps été considéré comme un forum informel sans grande profondeur stratégique, la guerre en Ukraine lui a conféré un second souffle. Face au risque de sanctions américaines, un nombre croissant de pays affiche leur volonté de rejoindre les BRICS, de réduire leur dépendance au dollar et réaliser leurs échanges bilatéraux dans leurs monnaies souveraines, ce qui coïncide avec les intérêts chinois. L’élargissement des BRICS à six pays (Arabie Saoudite, Iran, Emirats Arabes Unis, Argentine, Égypte, Éthiopie) démontre un intérêt certain pour de nombreux pays dits émergents – mais il est trop tôt pour savoir quel sera l’impact réel sur une éventuelle dédollarisation du commerce international.

Le piège de la dette au service d’une volonté hégémonique chinoise ?

Les méthodes chinoises d’investissements et de prêts bilatéraux font l’objet de critiques récurrentes : Pékin aurait des pratiques financières prédatrices et chercherait à tendre un piège de la dette à ses partenaires par le biais de taux anormalement élevés et de clauses léonines. Par ailleurs, ces prêts, accordés de manière peu transparente, seraient accompagnés de pratiques de corruption de représentants politiques. La Chine est en outre soupçonnée de vouloir refermer le piège de la dette sur des pays faibles dans l’objectif d’obtenir des concessions politiques, voire territoriales.

L’épisode du Sri Lanka est à cet égard emblématique. Surendetté, le Sri Lanka avait été contraint, en 2018, de céder le contrôle de son port commercial de Hambantota à son créancier pour une durée de 99 ans, en échange d’une restructuration de dette. Cet épisode, s’ajoutant à l’ouverture d’une base militaire chinoise à Djibouti (2017), avait laissé craindre que la Chine n’utilise le « piège de la dette » pour militariser des ports commerciaux qu’elle a préalablement financés. Une crainte particulièrement ressentie en Inde, encerclée par ce qu’elle perçoit comme un « collier de perles » de ports commerciaux financés par la Chine : Gwadar au Pakistan, Kyaukphyu en Birmanie, Chittagong au Bangladesh…

La forte médiatisation du cas sri lankais a mis l’accent, à juste titre, sur le rôle joué par la Chine dans la déprédation du pays… en passant soigneusement sous silence le rôle des créanciers occidentaux

De manière générale, les États-Unis et certains de leurs alliés craignent que les prêts chinois ne servent à réaliser d’autres scénarios similaires à Hambantota, à mesure qu’un nombre grandissant de pays sont identifiés comme dangereusement dépendants de la Chine : Kenya, Zambie, Sri Lanka, Pakistan, Laos, Argentine… Cette dernière, tristement célèbre pour son histoire avec le FMI, se tourne de manière accrue vers les financements chinois. Son endettement l’a menée à céder l’accès à Pékin d’une station de recherche spatiale en Patagonie, soulevant des craintes, à Washington, d’une présence militaire chinoise dans le cône Sud.

Les investissements sont également utilisés par la Chine comme un levier pour obtenir la reconnaissance internationale de certains États au détriment de Taïwan, notamment en Amérique centrale et dans le Pacifique. Cette critique peut toutefois se retourner contre Taipei, également coutumière de la diplomatie du chéquier pour conserver quelques rares reconnaissances de sa souveraineté (13 Etats seulement). Les États qui ont le plus récemment changé de position vis-à-vis de Taïwan sont le Honduras en 2023, avec qui la Chine a ouvert des négociations d’un traité de libre-échange, le Nicaragua en 2021, qui a rejoint la Belt and Road Initiative pour l’occasion, et les îles Solomon en 2019, qui viennent de passer un accord sécuritaire avec Pékin.

Pékin souffle le chaud et le froid

S’il ne fait aucun doute que la Chine, comme toute grande puissance, cherche à détrôner les autres et à accroître son influence internationale, cette dynamique doit être mise en rapport avec les tensions grandissantes avec l’Occident. Dans le cadre des conflits larvés qui opposent les deux blocs, la médiatisation tous azimuts des pratiques prédatrices chinoises ne donne qu’un aperçu partiel de la situation. Le cas du Sri Lanka est un cas d’école. Sa forte médiatisation a mis l’accent, à juste titre, sur le rôle joué par la Chine dans la déprédation du pays… en passant soigneusement sous silence le rôle des créanciers occidentaux, auprès desquels le pays est également fortement endettée, qui rechignent tout autant à faire des concessions en la matière.

Confrontée à de nouvelles réalités économiques (ralentissement de sa croissance, vieillissement, volonté politique de dynamiser le marché intérieur), la Chine n’a par ailleurs aucun intérêt à ce que les dettes qu’elle possède ne soient pas honorées. Ainsi, le niveau d’IDE chinois s’est sensiblement tari à partir de 2018, avant de chuter depuis 2020. La prudence semble désormais de mise, bien loin des financements abondants de la période 2000-2018, ce qui s’explique autant par le contexte international que par les évolutions politico-économiques internes à la Chine.

Par ailleurs, en réponse aux graves difficultés financières rencontrées par les pays en développement durant la pandémie de COVID-19, la Chine s’est montrée ouverte à des restructurations de dette, en particulier sur le continent africain. Elle s’est ainsi jointe à l’initiative DSSI (Debt Service Suspension Initiative), dans le cadre du G20, sous l’impulsion du président sud-africain Cyril Ramaphosa et à l’appel du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. En participant à cette initiative, portée par le Club de Paris et la Banque mondiale, la Chine a accepté un processus multilatéral qui tranche avec ses pratiques discrétionnaires habituelles. Sa présence a également rappelé le changement du rapport de force sur le continent, la Chine détenant désormais 21% de la dette publique des Etats africains.

Certaines banques chinoises privées fortement détentrices de dette africaine n’ont cependant pas participé à cette initiative, faisant l’objet d’accusations par les membres du G7 de vouloir limiter sa portée. Les États-Unis, de leur côté, ne s’étaient pas non plus empressés d’accepter les demandes de restructuration de dette. En dépit de cette rivalité sino-américaine sous-jacente, différents accords de restructurations ont été passés, dans le cadre de la DSSI et sous l’égide du FMI et du groupe de Paris, entre la Chine et certains pays africains, notamment la Zambie en juillet 2023. Cet épisode démontre qu’en dépit de sa volonté de refaçonner le système international selon ses intérêts, la Chine est toujours capable de jouer le jeu du multilatéralisme classique pour soigner son image et se présenter comme un interlocuteur responsable.

Ces quinze dernières années, la Chine est devenue un acteur financier majeur dans les pays en développement : une évolution qui, en Occident, a été analysée sous sa seule dimension prédatrice. Si les accusations de volonté hégémonique chinoise sont en partie fondées, il serait réducteur d’oublier que la Chine s’engouffre dans un manque d’investissements dans les infrastructures. Cet état de fait ne peut que pérenniser le statut de la Chine comme créancier des pays en développement… et tisser autour des plus vulnérables de nouvelles chaînes de la dette.

Guerre Israël-Hamas : le désengagement américain au Proche-Orient remis en question

Bien que soutiens indéfectibles d’Israël, les Etats-Unis tentent de modérer la réaction guerrière de Netanyahou pour éviter un embrasement régional. Un tel scénario compromettrait en effet leur volonté de désengagement du Moyen-Orient, articulé notamment autour des accords d’Abraham. Mais le jusqu’au boutisme de l’extrême-droite au pouvoir à Jérusalem et la perspective de combats de guérilla de longue durée à Gaza font craindre qu’un nouveau bourbier n’apparaisse rapidement. Décryptage de la stratégie confuse et fragile de Joe Biden par le journaliste Oliver Eagleton dans la New Left Review, traduit par Alexandra Knez et édité par William Bouchardon.

Depuis l’opération « Déluge d’Al-Aqsa » conduite par le Hamas le 7 octobre et l’assaut sur Gaza qui s’en est suivi, l’administration Biden s’est livrée à ce que l’on appelle par euphémisme un « numéro d’équilibriste ». D’une part, elle fait l’éloge de la punition collective des Palestiniens et, d’autre part, elle met Israël en garde contre une réaction excessive. Son soutien aux bombardements aériens et aux raids ciblés israéliens est inébranlable, mais elle a néanmoins posé des « questions difficiles » sur l’invasion terrestre initiée début novembre : Y a-t-il un objectif militaire atteignable ? Existe-t-il une feuille de route pour la libération des otages ? Si le Hamas est éradiqué, comment sera gouverné Gaza, en sachant qu’une gouvernance israélienne serait intenable ? 

Washington presse les Israéliens de répondre à ces questions – et envoie ses propres conseillers pour les aider à les résoudre – tout en donnant son feu vert au massacre en cours. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette réaction démocrate à la crise, notamment le désir de devancer les Républicains et l’instinct automatique, dans les deux partis américains, d’être « aux côtés d’Israël ». Mais cette position peut également être replacée dans le contexte de la vision plus large du Moyen-Orient qu’a l’Amérique, qui s’est cristallisée sous la présidence de Trump et confirmée sous celle de Joe Biden.

Washington veut se désengager du Moyen-Orient

Conscients du chaos engendré par leurs tentatives de changement de régime dans la région et désireux de conclure le « basculement vers l’Asie » initié par Barack Obama au début des années 2010, les Etats-Unis ont cherché à se désengager partiellement du Moyen-Orient. Leur objectif est d’établir un modèle qui remplacerait l’intervention directe par une surveillance à distance. Cependant, pour envisager une réelle réduction de leur présence, ils ont d’abord besoin d’un accord de sécurité qui renforce les régimes amis et limite l’influence des régimes réfractaires. Les accords d’Abraham de 2020 ont fait progresser cet objectif, puisque Bahreïn et les Émirats arabes unis, en acceptant de normaliser leurs relations avec Israël, ont rejoint un « axe réactionnaire » plus large englobant le royaume saoudien et l’autocratie égyptienne. Trump a étendu les ventes d’armes à ces États et cultivé les liens entre eux – militaires, commerciaux, diplomatiques – dans le but de créer une phalange d’alliés fiables qui soutiendraient les États-Unis dans la nouvelle guerre froide tout en agissant comme un rempart contre l’Iran. L’accord nucléaire d’Obama n’a pas réussi à empêcher la République islamique d’étendre son influence, seule une « pression maximale » pourrait y parvenir.

Pour envisager une réelle réduction de leur présence, les Etats-Unis ont d’abord besoin d’un accord de sécurité qui renforce les régimes amis et limite l’influence des régimes réfractaires.

Une fois à la Maison Blanche, Biden a adopté le même schéma : le sommet du Néguev, organisé en 2022, a ainsi approfondi les liens entre les pays signataires des accords d’Abraham et réclamé l’établissement des relations formelles entre les Saoudiens et les Israéliens. Quant à l’Iran, le Plan d’action global commun (PAGC) défini par l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (accord signé en 2015, puis rompu par Donald Trump, ndlr), est resté lettre morte et les efforts pour contenir Téhéran se sont poursuivis, combinant sanctions, diplomatie et exercices militaires. Comme l’a indiqué Brett McGurk, conseiller de la Maison Blanche pour le Moyen-Orient, dans un discours prononcé devant le Conseil atlantique, les principes de cette politique sont « l’intégration » et « la dissuasion » : l’établissement de « liens politiques, économiques et sécuritaires entre les partenaires américains » qui repousseront « les menaces de l’Iran et de ses agents ». Après avoir développé ce programme et présidé à l’essor des échanges commerciaux entre Israël et ses partenaires arabes, Joe Biden a commencé à concrétiser le « désengagement » promis par son prédécesseur en exécutant le retrait d’Afghanistan et en réduisant les troupes américaines et les moyens militaires stationnés en Irak, au Koweït, en Jordanie et en Arabie saoudite.

Le président en exercice a également affiné l’approche américaine vis-à-vis de la Palestine. Alors que Trump avait étranglé l’aide aux territoires occupés et tenté de faire accepter son « accord de paix » chimérique, Joe Biden s’est contenté d’accepter cette réalité bien imparfaite dans laquelle Israël, bien que n’ayant aucun plan viable pour les Palestiniens, semble jouir d’une sécurité relative grâce à la collaboration des autorités de Cisjordanie et à la mainmise de l’armée sur la bande de Gaza. En théorie, il aurait pu vouloir faire revivre la très hypothétique « solution des deux États », faisant cohabiter un géant nucléaire et une nation palestinienne sans défense et bantoustanisée (en référence aux enclaves noires dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, morcelées et à l’autonomie limitée, ndlr). Mais comme il s’agissait d’une impossibilité politique, il a appris à vivre avec la situation que Tareq Baconi décrit comme un « équilibre violent » : une occupation indéfinie, ponctuée par des affrontements périodiques avec le Hamas, suffisamment marginaux pour être ignorés par la population israélienne.

Une stratégie extrêmement fragile

Ce scénario régional a toujours présenté de sérieux problèmes. Tout d’abord, si sa raison d’être était la volonté de se concentrer sur la rivalité avec d’autres grandes puissances – en se retirant du Moyen-Orient pour mieux se concentrer sur la Chine – elle s’est avérée en partie contre-productive. En effet, en signalant qu’ils étaient moins enclins à s’ingérer dans la région, les États-Unis ont fait comprendre à leurs alliés qu’ils n’auraient pas à jouer un jeu à somme nulle entre le partenariat américain et le partenariat chinois ; d’où l’accueil de plus en plus chaleureux réservé à la République populaire de Chine dans le monde arabe : la construction d’une base militaire dans les Émirats arabes unis, l’organisation du rapprochement irano-saoudien et son réseau d’investissements dans les secteurs de la haute technologie et des infrastructures. 

Deuxièmement, en axant leur stratégie impériale sur la normalisation du processus israélien, les États-Unis se sont particulièrement appuyés sur ce projet de colonisation juste avant qu’il ne soit capturé par ses éléments les plus extrêmes et les plus volatiles : Smotrich, Ben-Gvir, Galant (ministres israéliens d’extrême-droite, ndlr). Si le soutien américain à Israël a historiquement dépassé tout calcul politique raisonnable, sous Trump et Biden, il a acquis une logique cohérente : placer son allié au centre d’un cadre de sécurité stable au Moyen-Orient. Pourtant, le cabinet israélien qui est arrivé au pouvoir en 2022 – obnubilé par des fantasmes d’épuration ethnique et déterminé à entraîner les États-Unis dans une guerre avec l’Iran – s’est avéré le moins apte à jouer ce rôle.

Aujourd’hui, dans le sillage du 7 octobre, cet équilibre a volé en éclat. L’attaque du Hamas visait à défaire une conjoncture politique dans laquelle le régime d’apartheid avait acquis la conviction qu’il pouvait réprimer toute résistance sérieuse à son autorité, et dans laquelle la Palestine devenait rapidement un non-sujet en Israël et ailleurs dans le monde. Cet état de fait intolérable était sa cible principale. Les dirigeants de Gaza anticipaient une réponse féroce à leur action, y compris une incursion terrestre. Ils s’attendaient également à ce que cela cause des problèmes par rapport aux accords d’Abraham en suscitant une opposition régionale, au niveau de la population comme des élites politiques, en raison des atrocités commises par les forces armées israéliennes. Tout cela s’est confirmé jusqu’à présent : l’accord israélo-saoudien est retardé, le prochain sommet du Néguev reste en suspens, les nations arabes sont secouées par des protestations massives et leurs dirigeants ont été contraints de dénoncer Netanyahou. Que faut-il en déduire pour les ambitions politiques globales de Washington ? La réponse finale dépendra de la trajectoire du conflit.

Vers une régionalisation du conflit ?

Comme de nombreux observateurs l’ont noté, l’objectif déclaré d’Israël de « détruire le Hamas » présente un risque d’escalade continue et prolongée. En planifiant une guerre urbaine contre une armée de guérilla bien enracinée sur son territoire, le gouvernement Israélien d’unité nationale a envisagé diverses solutions, notamment le dépeuplement du nord de la bande de Gaza et des expulsions massives vers le Sinaï. Toute stratégie de ce type est susceptible de franchir des seuils flous mais bien réels qui engendreraient des représailles majeures de la part du Hezbollah et – potentiellement – du Corps des gardiens de la révolution islamique. A ce titre, les forces houthistes du Yémen, soutenues par l’Iran, ont déjà lancé des missiles et des drones sur Israël et sont prêts à en envoyer d’autres au cours des prochaines semaines. Le déploiement par Joe Biden de navires de guerre en Méditerranée et en mer Rouge, ainsi que les navettes diplomatiques de M. Blinken, ont pour but d’éviter ce scénario. Il est trop tôt pour évaluer l’impact de ces efforts, mais un échec entraînerait la super-puissance encore plus profondément dans ce bourbier sanglant. Cela aurait pour effet de fissurer davantage l’axe israélo-arabe et de détourner l’Amérique de ses priorités en Extrême-Orient.

L’objectif déclaré d’Israël de « détruire le Hamas » présente un risque d’escalade continue et prolongée.

Si l’armée d’invasion israélienne parvient à démolir le Hamas politiquement et militairement, les États-Unis devront également faire face au problème de la succession. Actuellement, ils espèrent convaincre les États arabes de fournir une force capable de gouverner le territoire afin de soulager Israël de ce fardeau. Des responsables américains indiquent que des soldats américains, français, britanniques et allemands pourraient être envoyés pour défendre cette hypothétique dictature. Mais si les puissances régionales refusent de coopérer, comme cela semble probable, les propositions alternatives prévoient une coalition de « maintien de la paix » sur le modèle de la Force multinationale d’observateurs au Sinaï (FMO) – à laquelle le Pentagone fournit actuellement près de 500 soldats – ou une administration sous les auspices de l’ONU. De tels projets redonneraient effectivement aux États-Unis le statut d’autorité néocoloniale au Moyen-Orient, malgré les tentatives faites depuis des années pour déléguer ce rôle a des subordonnés locaux. Les forces américaines deviendraient ainsi une cible visible de la rage et du ressentiment engendrés par la guerre sioniste. Un bilan peu enviable pour Biden.

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Mais il se peut que nous n’en arrivions pas là. D’autres scénarios possibles sont plus favorables à la Maison Blanche. Compte tenu du refus de l’Égypte de faciliter le nettoyage ethnique des Palestiniens, le bannissement des 2,2 millions d’habitants de Gaza semble peu probable à court terme. Ceci, combiné à la pression diplomatique américaine, a manifestement amené Israël à modifier sa stratégie d’invasion, lui préférant une approche incrémentale plutôt qu’une attaque rapide et massive. Il n’est toutefois pas certain que cela  suffise à réduire le risque d’une intervention du Hezbollah ou de l’Iran. Mais le premier est conscient de sa position précaire au Liban, qui pourrait être encore plus compromise par une conflagration militaire, tandis que le second est soucieux d’éviter les périls d’une implication directe. Quant aux Saoudiens, bien que critiquant ouvertement la position américaine, ils ne sont pas moins désireux d’éviter un conflit qui consumerait l’ensemble du Moyen-Orient et ferait dérailler leur « Vision 2030 ». Dans chaque cas, un certain nombre d’impératifs de politique intérieure s’opposent à l’élargissement de la guerre à toute la région. Est-ce une lueur d’espoir pour l’empire en déclin ?

Alors que les combats de rue sont engagés, les asymétries numériques et technologiques entre les deux parties, en faveur d’Israël, pourraient s’avérer moins décisives.

Que la violence soit contenue ou non, le succès israélien n’est guère assuré. Les 40.000 combattants endurcis du Hamas, adeptes de la guerre hybride et capables de tendre des embuscades à l’ennemi par le biais de tunnels souterrains, contrastent fortement avec les réservistes israéliens qui viennent tout juste de recevoir leur formation de remise à niveau. Alors que les combats de rue sont engagés, les asymétries numériques et technologiques entre les deux parties, en faveur d’Israël, pourraient s’avérer moins décisives. On peut donc imaginer un scénario dans lequel Netanyahou est mené à une impasse, où le tabou du cessez-le-feu est levé et où les deux parties finissent par déclarer leur victoire : le Hamas parce qu’il a repoussé une menace existentielle ; Israël parce qu’il peut prétendre (même si c’est de façon fallacieuse) avoir infligé des dommages irréparables au Hamas et empêché toute récurrence d’une nouvelle attaque.

Par la suite, Gaza émergerait lentement des décombres et reviendrait à quelque chose qui ressemblerait au statu quo ante – mais avec des conditions humanitaires aggravées, ainsi qu’avec un voisin blessé encore plus obsédé par sa destruction. Bien que les États-Unis prétendent vouloir la mort du Hamas, ils tireraient profit de cette situation à plusieurs égards. Cela leur éviterait d’avoir à coordonner la gestion de la bande de Gaza après la guerre, permettrait à la normalisation israélienne de reprendre après l’interruption actuelle et, dans le meilleur des cas pour Biden, limiterait la poursuite de l’escalade tout en sapant les tentatives de la Russie et de la Chine de se positionner à cheval sur les deux parties du conflit israélo-palestinien. Le paradigme des accords d’Abraham pourrait ainsi être rétabli, au moins jusqu’à la prochaine grande flambée de violence. Plutôt que de transformer le Moyen-Orient, la guerre pourrait donc laisser intacte l’« architecture de sécurité » construite par Trump et Biden. Or, l’instabilité de cet édifice n’est plus à démontrer. Ce ne serait qu’une question de temps avant qu’il ne s’écroule à nouveau.

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