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Hier — 17 septembre 2026Flux principal

Pourquoi parler de résilience et non de robustesse ?

Image tirée d’une affiche des années 1950 produite par les établissements D’ieteten (importateur officiel Volkswagen pour la Belgique).


La résilience désigne la capacité d’un d’un système à anticiper, absorber et surmonter les crises par l’adaptation, se distinguant de la robustesse qui mise sur la rigidité structurelle. Face aux multiples perturbations au long cours, cette approche flexible permet de penser l’adaptation et la transformation des territoires afin d assurer la pérennité de leurs fonctions essentielles. Mais que signifie réellement les termes « robuste » et « résilience » ? Quels sont les principales différences ? Quels sont leurs avantages et leurs limites ? Pourquoi privilégier aujourd’hui le terme résilience ?

Contexte et apport scientifique

Les notions de robustesse et de résilience peuvent parfois être utilisées comme si elles étaient synonymes, voire parfois à tort totalement opposées. Elles désignent pourtant deux manières proches, et en même temps différentes, de penser la capacité des systèmes socio-écologiques à faire face aux perturbations. La robustesse met principalement l’accent sur la résistance et le maintien tandis que la résilience introduit la capacité d’absorption, de récupération et, surtout, d’adaptation. Cette distinction est cruciale car elle permet de mieux comprendre pourquoi, dans le contexte actuel marqué, entre autres, par le dépassement de la majorité des limites planétaires et leurs conséquences susceptibles de modifier durablement les conditions de fonctionnement d’un territoire, d’une organisation ou d’une infrastructure, parler uniquement de robustesse s’avère insuffisant.

L’étude Robustness, resilience: Typology of definitions through a multidisciplinary structured analysis of the literature de Clément et al. (2019), réactualisée en 2021, montre ainsi qu’il n’existe pas une définition unique et universellement partagée de ces notions. À travers une analyse multidisciplinaire de la littérature, les auteurs soulignent au contraire la diversité des usages, tout en identifiant plusieurs points de convergence.

La robustesse : résister sans changer fondamentalement

Dans son sens le plus courant, la robustesse désigne la capacité d’un système à faire face à des perturbations tout en maintenant son état ou ses performances. Un système robuste est conçu pour supporter des fluctuations sans que celles-ci n’entraînent de modification fondamentale de son fonctionnement. Dans leur analyse de la littérature, Clément et al. (2019 ; 2021) identifient une convergence importante entre les différentes disciplines : la robustesse est généralement associée au maintien de l’état initial ou des fonctions principales face à une perturbation ou à une fluctuation. Dans certaines approches, il ne s’agit pas nécessairement de conserver un état strictement identique, mais de rester à l’intérieur d’une plage de fonctionnement acceptable.

La robustesse peut donc être comprise comme une capacité de résistance. Elle cherche à empêcher qu’une perturbation ou qu’une fluctuation ne produise des effets trop importants sur le système. Dans sa forme la plus stricte, celui-ci reste pratiquement inchangé. Dans une approche plus souple, il peut se dégrader ou varier, à condition de rester dans des limites jugées acceptables. Dans leur analyse de la littérature, les auteurs distinguent d’ailleurs plusieurs types de robustesse, selon que l’on attend du système une invariance complète, le maintien dans une zone acceptable ou, plus simplement, la préservation de ses fonctions principales. Cette typologie rappelle qu’un système n’a pas besoin de rester parfaitement identique pour être considéré comme robuste.

Un réseau électrique robuste, par exemple, sera capable de supporter des perturbations et des fluctuations prévues ou de faible à moyenne intensité sans interruption majeure de son fonctionnement. L’objectif est alors de tenir face au choc.

La résilience : absorber, répondre et s’adapter

La résilience repose sur une logique différente. Elle ne suppose pas que le système soit capable d’éviter toute dégradation. Elle admet qu’une perturbation puisse dépasser les capacités de résistance et entraîner une détérioration temporaire du fonctionnement. L’enjeu devient alors de savoir ce que le système est capable de faire après les perturbations et les chocs.

Dans la littérature analysée par Clément et al. (2019 ; 2021), la résilience est généralement associée à une phase d’absorption du choc, suivie d’une phase de réponse, de récupération ou d’adaptation. Le retour peut être évalué notamment par le délai nécessaire pour retrouver un état jugé acceptable.

La typologie proposée dans la seconde étude (2021) permet d’aller plus loin en distinguant trois formes principales de résilience :

  • la résilience α, lorsque le système absorbe une perturbation puis revient à son niveau de fonctionnement initial ;
  • la résilience β, lorsqu’il ne revient pas nécessairement à son état initial, mais retrouve une zone de fonctionnement acceptable ;
  • la résilience γ, lorsque la perturbation conduit à une adaptation et à la stabilisation du système dans un nouvel état.

Autrement dit, la résilience ne signifie pas nécessairement « revenir comme avant ». La littérature étudiée montre explicitement qu’un système peut être considéré comme résilient lorsqu’il parvient à s’adapter à la perturbation et à continuer de fonctionner de manière stable dans une nouvelle configuration.

C’est un point essentiel : la transformation peut être une expression de la résilience.

Différence entre robustesse et résilience

Résister aux fluctuations ou faire face aux ruptures et aux chocs ? La différence entre robustesse et résilience peut ainsi être comprise à partir de la nature des perturbations auxquelles un système est confronté.

La robustesse est particulièrement adaptée lorsque les perturbations et les fluctuations sont suffisamment connues pour pouvoir être anticipées et intégrées dans la conception du système. Il s’agit alors de définir les fluctuations ou les perturbations que celui-ci doit pouvoir supporter et de s’assurer qu’il conserve ses fonctions ou ses performances malgré eux.

La résilience devient particulièrement pertinente lorsque l’on a conscience que les perturbations ou les chocs produiront une dégradation significative, feront sortir le système de ses conditions normales de fonctionnement ou imposeront une reconfiguration. Dans ce cas, la seule capacité à résister ne suffit plus : il faut également être capable de récupérer, de se réorganiser et, si nécessaire, d’évoluer.

Les deux concepts ne sont donc pas simplement deux mots différents pour désigner la même propriété. Ils correspondent à des logiques complémentaires :

« La robustesse cherche d’abord à éviter que les fluctuations ne modifient fondamentalement le système ; la résilience s’intéresse à la manière dont le système poursuit son fonctionnement après avoir été affecté par des ruptures et des chocs. »

Un système électrique robuste résistera, par exemple, à certaines rafales de vent ou à des fluctuations prévues sans subir de dommages importants. Un système électrique résilient pourra, quant à lui, subir les conséquences d’une tempête dépassant ses capacités de résistance, mais disposera des capacités nécessaires pour limiter les conséquences, restaurer son fonctionnement ou se reconfigurer.

La robustesse permet donc de tenir jusqu’à un certain point. La résilience permet de continuer, y compris lorsque tenir « comme avant » n’est plus possible.

La résilience n’est pas l’inverse de la robustesse

Il serait cependant trompeur d’opposer radicalement les deux notions. Les travaux de Clément et al. (2019 ; 2021) montrent qu’elles sont proches dans certains domaines et que leurs frontières varient selon les définitions retenues. Les auteurs soulignent notamment que robustesse et résilience doivent toujours être appréciées par rapport à un ensemble de perturbations donné : un même système peut être robuste face à certaines perturbations et résilient face à d’autres.

La robustesse peut ainsi constituer une composante de la résilience. Ainsi, le boussole de la résilience du CEREMA (2020) fait de la robustesse un sous-composante de la résilience territoriale. Un système résilient a intérêt à pouvoir absorber un certain nombre de perturbations sans dégradation majeure. Mais lorsque les limites de cette résistance sont dépassées, d’autres capacités deviennent nécessaires : détecter, réagir, récupérer, réorganiser et adapter le fonctionnement.

Le choix entre les deux termes dépend donc aussi de la question posée. Si l’objectif est de savoir jusqu’à quel niveau un système peut résister sans sortir de ses conditions de fonctionnement acceptables, la robustesse est un concept particulièrement pertinent. Si l’on cherche à comprendre ce qui se passe lorsque cette limite est franchie, la résilience offre un cadre plus large.

Pourquoi privilégier aujourd’hui le terme de résilience ?

Parler de résilience plutôt que de robustesse ne signifie donc pas que la résistance ne serait plus nécessaire. Il s’agit plutôt de reconnaître que les systèmes socio-écologiques ne peuvent pas être conçus pour résister indéfiniment et sans changement à toutes les perturbations possibles.

La robustesse suppose, dans une certaine mesure, de pouvoir identifier les fluctuations auxquelles il faut résister et les marges nécessaires pour les absorber. Or certaines situations peuvent dépasser les hypothèses retenues lors de la conception ou modifier durablement l’environnement dans lequel le système fonctionne. Dans ces conditions, l’objectif ne peut plus uniquement être de préserver l’état initial. Il devient nécessaire de se demander comment maintenir les fonctions essentielles, retrouver un niveau de fonctionnement satisfaisant ou construire un nouvel équilibre.

C’est précisément l’intérêt de la résilience : elle permet de penser les systèmes socio-écologiques dans le temps, avant, pendant et après les perturbations et les chocs. Elle ne se limite pas à la question « le système a-t-il résisté ? », mais pose également les questions suivantes :

  • jusqu’à quel point peut-il absorber une dégradation ?
  • quelles fonctions doivent absolument être préservées ?
  • combien de temps lui faut-il pour retrouver un fonctionnement acceptable ?
  • doit-il nécessairement revenir à son état initial ?
  • et si cet état n’est plus souhaitable ou même plus possible, vers quel nouvel état doit-il évoluer ?

La résilience ouvre ainsi la possibilité d’une adaptation sans assimilation systématique à un retour à la normale.

La résilience ne consiste pas à tomber pour se relever

Cette distinction permet également d’éviter une vision réductrice de la résilience comme une simple capacité à « rebondir après une chute ». Les travaux de Clément et al. (2019 ; 2021) montrent qu’un système résilient peut revenir à son état initial, retrouver seulement une zone acceptable de fonctionnement ou encore se stabiliser dans un nouvel état après adaptation.

Il n’est donc pas nécessaire qu’un territoire, une organisation ou une infrastructure s’effondre pour démontrer sa résilience. Un système peut faire preuve de résilience en anticipant une perturbation, en développant ses capacités d’adaptation et en se transformant suffisamment tôt pour éviter une rupture majeure. La résilience ne se mesure pas uniquement à la capacité à se relever après un effondrement ; elle peut également se manifester par la capacité à éviter cet effondrement grâce à une transformation progressive ou anticipée. La résilience n’est donc pas une injonction à tomber pour se relever, contrairement à ce qu’Olivier Hamant (2025) et Thierry Ribault (2022) expliquent à tort.

C’est en cela que la notion est particulièrement intéressante pour penser des situations où les perturbations ne sont pas uniquement ponctuelles, mais peuvent s’inscrire au long cours et modifier progressivement les conditions de fonctionnement.

En conclusion : de la capacité à résister à la capacité à évoluer

La robustesse et la résilience ne doivent donc pas être opposées comme deux qualités incompatibles. Elles correspondent plutôt à deux dimensions différentes de la capacité des systèmes socio-écologiques à faire face aux fluctuations dans le cas de la robustesse, et à faire face aux perturbations et chocs dans le cadre de la résilience.

La robustesse renvoie principalement à la capacité de résister et de maintenir ses performances ou ses fonctions malgré des fluctuations. La résilience, dans son acception la plus large, intègre cette capacité d’absorption mais s’intéresse également à ce qui se passe lorsque le système est affecté : sa réponse, sa récupération et sa capacité éventuelle à s’adapter à de nouvelles conditions.

C’est pourquoi, nous pourrions dire que, jusqu’à présent dans un monde relativement stable, la robustesse était suffisante, mais face à la multiplicité des perturbations et des chocs susceptibles de dépasser les marges prévues, de durer au long cours et de transformer durablement l’environnement des systèmes socio-écologiques, parler de résilience paraît plus pertinent que parler uniquement de robustesse.

Parfois, résister aux fluctuations suffit. Mais lorsque les conditions changent durablement, il convient de se poser la question de savoir comment les systèmes socio-écologiques peuvent continuer à remplir leurs fonctions essentielles face aux chocs et aux ruptures, même si cela suppose de les changer ?

Bibliographie

Clément, A., Marmier, F., Kamissoko, D., Gourc, D., Wioland, L., Govaere, V., & Cegarra, J. (2018). Robustesse, résilience : Une brève synthèse des définitions au travers d’une analyse structurée de la littérature. MOSIM’18, 12e Conférence internationale de modélisation, optimisation et simulation.

Cerema. (2020). La boussole de la résilience : Repères pour la résilience territoriale. Éditions du Cerema. https://doc.cerema.fr/Default/doc/SYRACUSE/809/la-boussole-de-la-resilience-reperes-pour-la-resilience-territoriale?_lg=fr-FR

Clément, A., Wioland, L., Govaere, V., Gourc, D., Cegarra, J., Marmier, F., & Kamissoko, D. (2021). Robustness, resilience: Typology of definitions through a multidisciplinary structured analysis of the literature. European Journal of Industrial Engineering, 15(4), 487–513.

Hamant, O. (2025). Antidote au culte de la performance : La robustesse du vivant. Institut Momentum. https://institutmomentum.org/antidote-au-culte-de-la-performance-la-robustesse-du-vivant

Ribault, T. (2022). La résilience : Une technologie du consentement ? Annales des Mines – Responsabilité & environnement, 107(3), 23–28. https://doi.org/10.3917/re1.107.0023

Woods, D. D. (2015). Four concepts for resilience and the implications for the future of resilience engineering. Reliability Engineering & System Safety, 141, 5–9.

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Bienvenue sur la V1 de resilienceterritoriale.org

19 décembre 2023 à 10:34

Le 22 décembre 2022 marquait la clôture de la campagne de financement participatif resilienceterritoriale.org. Pour rappel, 462 contributeurs ont donné leur soutien afin que le projet puisse naître. En ce mois de décembre 2023, nous sommes ravis de dévoiler la V1 de la plateforme. Qu’entendons nous par V1 ? Tout simplement une version imparfaite et incomplète qui est amenée à fortement s’améliorer, tant sur la forme que sur le fond, en fonction des feedbacks que nous aurons. Mais un an après où en sommes-nous ? Quels objectifs de la campagne ont été atteints ? Quels défis restent à relever ? Comment maximiser les chances de succès dans la transformation de nos territoires ? Une approche dite systémique est indispensable pour changer nos territoires qui sont des systèmes complexes. Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour amorcer la transformation de nos territoires ?

Remerciements

Avant de développer davantage, nous tenons tout d’abord à remercier nos partenaires de la campagne de financement participatif : Socialter, Sismique, Limit, Ozé, Metabolism of Cities, Low-tech Journal, Rêver les futurs, Pyrocène Studio, Low-tech le Film, Resilience Factory, Apala, ainsi que Oséons. Rien de tout cela n’aurait été possible sans leur professionnalisme et leur soutien précieux.

Pour rappel, la campagne de financement participatif soulignait que Résilience territoriale (.org) se voulait être « le portail pour échanger, se rencontrer et agir sur mon territoire ». La promesse ?

  • Faire face aux conséquences du dépassement des limites physiques et écologiques, aux implications de la déplétion des ressources fossiles et minérales, et aux risques majeurs dont les risques systémiques.
  • Engager les acteurs de nos territoires (collectivités, entreprises, associations, citoyens, etc.) dans une démarche d’assimilation des enjeux socio-écologiques, d’échanges, de partages d’expériences, de rencontres, de collaborations.
  • Permettre de mieux nous (p)réparer, nous transformer, afin de réduire nos vulnérabilités et de co-construire la résilience de nos sociétés à travers le monde entier.

Quels objectifs ont été atteints ?

Encore une fois, nous exprimons notre gratitude envers nos partenaires, sans lesquels les contreparties de la campagne n’auraient pas pu être livrées à temps. Si la date de sortie de la plateforme, initialement prévue au printemps/été 2023, a elle été retardée, c’est en raison de la somme de travail (non rémunéré) qui s’est avérée bien plus conséquente que ce que nous avions anticipé au départ. Examinons ensemble les objectifs définis lors de la campagne de financement participatif.

1er palier : Conception basique du portail

  • La conception d’un site web low-tech a été achevée [Atteint]. Veuillez noter que cette V1 peut comporter des bugs d’affichage et est destinée à évoluer. Un audit simplifié sera probablement effectué par une agence web professionnelle pour garantir que le site respecte les règles de conception facilitant l’expérience utilisateur et les normes de référencement web.
  • Fonctionnalité cartographie monde/pays/régions des acteurs de la résilience territoriale [Atteint].

2ème palier : Conception un peu améliorée du portail

3ème palier : Conception améliorée du portail

  • Fonctionnalité contribuer à la plateforme [En cours]. Veuillez noter que nous débloquerons progressivement les formulaires de contributions. Chaque formulaire sera soigneusement conçu pour garantir la collecte de données aussi propre que possible.

4ème palier : Conception très améliorée du portail

  • Fonctionnalité forum de discussion [À venir et en fonction du trafic sur le site]. La « rentabilité » de la mise en place d’un forum dépend du seuil minimal de trafic à atteindre. La question cruciale est de savoir si nous atteindrons suffisamment de trafic sur la plateforme pour justifier l’utilité d’un forum et le temps investi dans l’installation de la solution Discourse. La question du temps de modération nécessaire se pose également. Devrions-nous opter pour un serveur Discord, ou cela entraînerait-il trop de frictions ? Vos retours sur ce sujet seront extrêmement utiles.
  • Fonctionnalité outil veille résilience territoriale monde/pays/régions [Modifié/En cours]. Nous envisageons de remplacer cette fonctionnalité par une simple redirection vers la solution de veille anthropocène. Il pourrait même être envisageable d’intégrer cet outil directement sur le site, en le harmonisant avec la charte graphique. Cette question devrait être discutée avec le webmaster de cet excellent outil.

5ème palier : Penser la fresque de la résilience territoriale

  • Penser la fresque de la résilience territoriale [En réflexion]. Loîc Marcé, qui est un membre de l’équipe, a développé la fresque systémique. Cet outil pourrait-il avoir le même message que la fresque de la résilience territoriale ?
  • Conception d’un site web low-tech pour Low-tech Nation afin de rediriger davantage de trafic vers resilienceterritoriale.org [En cours].

6ème palier : Version anglaise et simplifiée du portail

  • Conception d’un site web low-tech pour territorialresilience.org [En réflexion]. Se pose la question de l’intérêt réel d’utiliser un nom de domaine différent et une version simplifiée. D’autant plus que la génération d’une version traduite de resilienceterritoriale.org pourrait désormais être facilitée par les progrès des outils de traduction.

Enfin, veuillez noter qu’une part significative des fonds collectés au cours de la campagne attend d’être investie de manière judicieuse. Il nous semble logique de réaffecter les montants économisés ou non dépensés pour certains objectifs initiaux vers de nouveaux projets.

Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour amorcer la transformation de nos territoires ?

Dans son article Leverage Points : Places to Intervene in a System, la co-autrice du rapport Les Limites à la croissance (1972), Donella Meadows propose une hiérarchie de 12 leviers que l’on peut utiliser pour influencer les systèmes complexes que sont entre autres les territoires.

Certains leviers détiennent un pouvoir de changement bien supérieur à d’autres au sein d’un système. Selon les propos de Donella Meadows, pour opérer des changements fondamentaux au sein d’un système, il est impératif de revoir en profondeur le paradigme sous-jacent. Les trois leviers les plus impactants incluent la modification de l’objectif du système, la transformation du paradigme qui le façonne, et enfin, la transcendance des paradigmes existants.

Transformer radicalement un système implique de modifier la mentalité à l’origine de sa création. Par conséquent, il est essentiel de présenter de nouveaux imaginaires pour faciliter la déconstruction des anciens. Cependant, cette tâche n’est pas dénuée de complexité, comme le souligne la systémicienne : « Les leviers magiques ne sont pas simples d’accès, même lorsque l’on sait où ils sont et dans quelle direction les pousser. »

En outre, il est pertinent de noter que plus un levier est élevé, plus le système opposera de résistance. Cette résistance s’exprime particulièrement dans la réticence des sociétés à remettre en question leur paradigme, représentant l’homéostasie inhérente à tout système complexe. Des exemples concrets incluent la montée du climatoscepticisme et de la peur de la décroissance. Chaque système complexe déploie des mécanismes de régulation visant à maintenir sa stabilité, ainsi que sa finalité, même en réponse à des changements environnementaux.

En somme, afin de pouvoir transformer un système, il convient d’agir en priorité sur les mentalités selon Donella Meadows, au travers des mises en récit et de leur diffusion, de la multiplication les lieux d’échanges (forums, ateliers d’intelligence collective, etc.), de débats et d’apprentissages, etc. Autrement dit, il convient de mener une « guerre des imaginaires » qui ne peut se faire que par la communication, les échanges et les rencontres. C’est en cela la mission que se donne à terme la plateforme resiliencterritoriale.org, créer du lien afin de faire émerger les nouveaux imaginaires.

De manière générale, l’enjeu pour un territoire est de trouver des points de levier actionnables, l’idée est donc d’investir son énergie sur les leviers sur lesquels on a une prise et envie de d’agir pleinement dans la durée. La stratégie consiste donc à agir là où l’on trouve la meilleure combinaison entre les leviers les plus efficaces que l’on peut actionner et l’envie. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’article en référence.

« La ressource la plus rare n’est pas le pétrole, les métaux, l’air pur, le capital, la main-d’œuvre ou encore la technologie. C’est la volonté d’écouter, d’apprendre des uns et des autres, et à rechercher la vérité plutôt que de vouloir avoir raison. »

Donnella Meadows

Source : https://donellameadows.org/archives/leverage-points-places-to-intervene-in-a-system/

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Le jardin partagé, un commun pour une nouvelle relation à la Nature en ville ?

Bouysset, Héloïse , Doreau, Alice

# Le jardin partagé, un outil de médiation singulier entre l'humain et la nature
## De l'outil hygiéniste à l'emblème de la transition écologique des villes
Les jardins partagés apparaissent en France à partir de la fin du XIXe siècle sous le nom de jardins ouvriers ou jardins familiaux. Ces jardins visaient à offrir une échappatoire saine au travail à l'usine : l'ouvrier cultive, en famille, une terre cédée par l'usine, dans un air propre, illustrant les volontés hygiénistes et (…)

17 mars 2025 - Les défis de la pensée écologique / , , ,
À partir d’avant-hierFlux principal

Images et sons du Meeting « Expertiser n’est pas soigner »

Salle Ambroise Croizat, le 28 mars 2026

La fresque exposée pour l’occasion a été offerte au Printemps de la psychiatrie le 14 mars par la troupe du Spectacle Pro Bono Publico, qui en réalise une à chaque représentation. On y distingue à peine les dernières lettres peintes, La folie n’est pas une affaire personnelle.

Vidéo de l’Ouverture et de la Table ronde 1 : #SCIENTIFICITÉ

Introduction de la Journée : Patrick Chemla, Delphine Glachant, Cécile Neffati

Argument de la première table ronde : En quoi les discours et promesses de la fondation Fondamental, revendiquant un appui sur la science, sont-ils illusoires et ne tiennent pas la route d’un discours critique et véritablement scientifique Modération : Martin Pavelka, membre de l‘API et du Groupe enfance du collectif des 39 et Clément Fromentin, psychiatre de l’ASM13 et membre de l’Evolution psychiatrique.

Introduction par les modérateurs, à 18 :00

à 20 : 20, François Gonon neurobiologiste et auteur, directeur de recherche émérite à l’Université de Bordeaux : « Psychiatrie : le déclin du modèle bio-médical »

à 28 : 35, Eric Ihuel, infirmier en pratiques avancées : « Impression et réflexion d’un stage IPA en Centre expert »

à 34 : 25, Yann Diener, psychanalyste, auteur et chroniqueur à Charlie Hebdo : « Pour ne pas céder à l’informatisation du langage et de nos pratiques »

à 40 : 33, Richard Horowitz, pédopsychiatre, premier président de la fédération des CMPP : « La psychiatrie extractive »

à 48 : 50, Benjamin Weil, psychiatre de secteur à l’ASM13, membre de l’Evolution psychiatrique : « Pour tout résoudre, cliquer ici »

à 54 : 15, des internes auteurs et autrices d’une tribune dans l’Evolution psychiatrique : « Malaise dans la formation »

Questions et interventions de la salle :

Vidéo de la Table ronde 2 : #SOINS

Quelle idée restrictive et normative du soin est sous-jacente à cette proposition de loi, et quelles alternatives seraient désirables ? En quoi cette loi ne fait-elle qu’accentuer la crise de l’accès aux soins ? Modération : Patrick Landman et Frank Drogoul, psychiatres

à 01 : 02 Collectif Artaud, collectif composé des clubs thérapeutiques (patients et soignants) du secteur psychiatrique rémois 51ZR4, du GEM La Locomotive et de l’association HumaPsy : « L’interclub thérapeutique : espace de résistance, de joie et de démocratie »

à 08 : 21 Serge Klopp, référent psychiatrie du PCF, représentant du PCF au Printemps de la Psychiatrie : « Pour une Santé mentale de qualité et une psychiatrie humaine ! » 

à 16 : 54 Le Fil conducteur Psy, association regroupant depuis 2013 des familles, des patients, et des soignants : « Contre la démolition de la psychiatrie et du soin psychique : ses effets sur les patients et les familles »

à 22 : 52 Bernard Odier, psychiatre, ancien président de la Fédération Française de Psychiatrie et du Conseil National Professionnel de Psychiatrie : « La gradation des soins, un mirage technocratique dangereux en psychiatrie » 

à 31 : 54 Benjamin Gavrois, infirmier, représentant du personnel CGT et membre du collectif de défense du CAC Amado : « Le CAC, quand un modèle de psychiatrie de secteur à reproduire est sur le point de disparaître »

à 38:05 Charles Olivier Pons, pédopsychiatre, chef de pôle dans le Jura, président de l’USP et co-président de la Croix Marine du Jura : « Passez vos enfants à la machine… ou passez votre chemin » 

à 42 : 59 Jean-François Delaporte, psychiatre des hôpitaux, Gonesse : « Les reconfigurations du soin : la dérive vers le non-soin en psychiatrie »

à 52: 02 Manuella De Luca, psychiatre, professeure de psychologie à l’université Paris Cité : « Dispositifs thérapeutiques en extension »

Questions et interventions de la salle :

à 05 : 25 Soignantes de la Fondation Vallée

à 13 : 10 Millau cherche psychiatre !

Vidéo de la Table ronde 3 : #FINANCEMENTS

En quoi cette proposition de loi, prétendument inscrite dans une démarche d’économie budgétaire, s’inscrit-elle dans une vision néolibérale largement compatible avec la privatisation lucrative de la psychiatrie ?
Modération Catherine Skiredj-Hahn et Pascale Beau

à 0:50, Emmanuel Venet, écrivain, psychiatre : « Comment économiser 18 milliards par an en psychiatrie ? »

à 08:03 audio d’une journaliste, autrice et réalisatrice de documentaires et reportages sur la psychiatrie : « Privatisation de la psychiatrie »

à 14 : 47 Julia Duplessy, infirmière, adhérente CGT, membre du collectif pour l’avenir des hôpitaux de Saint-Maurice et les Murets : « Quelles ressources financières pour les luttes? Comment se trament nos alliances ? »

à 23: 02 Mathieu Bellahsen, psychiatre, lanceur d’alerte et auteur de plusieurs ouvrages : « Capital algorithmique et e-santé mentale » 

à 34:50 Albert Ciccone, professeur émérite de psychopathologie et psychologie clinique (université Lumière-Lyon 2), psychologue, psychanalyste, président de l’association Convergence des Psychologues en Lutte : « Le dispositif « Mon soutien psy », un pognon de dingue » 

à 42: 10 Jocelyne Goût, animatrice de la commission nationale de psychiatrie de la CGT : « Une réforme de financement contre le soin psychique » :

à 48:36 Collectif pour le Soin Psychique 13, collectif constitué récemment à Marseille afin de collectiviser la réflexion et les actions concernant le soin psychique de demain. : « Éthique et politique des financements du soin psychique » 

à 56:21 Marie-José Cortes, psychiatre, présidente du Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) : « Et ça ne fait que commencer… » 

Questions et interventions de la salle :

Vidéo de la Table ronde 4 : #DEMOCRATIE

En quoi la démarche même des centres experts vient attaquer la démocratie et le service public, au bénéfice du marché financier et algorithmique ? En quoi cette proposition de loi ne fait-elle que démontrer l’absence de pilotage de la psychiatrie, résultant en un abandon des patients et des familles ?
Modération : Sandrine Deloche, pédopsychiatre et psychanalyste, et Geneviève Henault, psychiatre à l’hôpital public.

à 2:13 Jean-Luc Landas, militant de la LDH et de la Coordination Nationale des Comités de défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, praticien hospitalier en anesthésie-réanimation retraité : « Du soin inaccessible à l’illusion du soin »

à 8:58 Lætitia Clair, porte parole d’un collectif de parents, amis et personnes autistes pour promouvoir une approche respectueuse de leur singularité : « Inclusion à domicile : l’aidant familial, une pièce dans l’industrialisation du soin » 

à 15 : 57 Florence Harang, éducatrice spécialisée en pédopsychiatrie, militante Sud Santé Sociaux : « Peut-on encore parler de démocratie ? » 

à 22 : 12 Patrick Belamich, psychiatre psychanalyste, ancien président de la Fédération des CMPP : « Prendre soin des soignants » 

à 29 : 13 Anaïs Peucheret, infirmière de formation et cadre de santé depuis 2011, centre Antonin Artaud à Reims, consultante en CPCT : « Entre gestion et transfert : le cadre de santé comme garant d’un lieu pour le sujet » 

à 34:41 Pierre Dardot, philosophe, Université de Paris Nanterre : « Les pratiques du commun comme alternatives à la psychophobie » 

à 41:51, texte de Mathieu Leonard, rédacteur en chef de la revue Soin’Soin, journal de réflexion sur le soin psychiatrique fait par des usager.es.( lu par Marianne Foiselle) : « Apport de la santé communautaire et importance de la participation de l’usager.e. »

à 46:27 Tahra Moulay, psychologue clinicienne, psychothérapeute, CMPP/BAPU : « L’élan pour sortir de l’entre-soi : se relier et lutter pour un futur désirable » 

Questions et interventions de la salle :

plus de photos sur le blog du collectif des 39.

Voici les Actes du Meeting en téléchargement :

Est-ce à l’État de prescrire le soin juste ?

Quand la HAS se veut tentaculaire…

Une scientificité à géométrie variable

Dans sa lettre ouverte du 17 avril 20261, la Haute Autorité de Santé tenait à rappeler quelques principes face aux pressions de certains industriels. Tout d’abord son « rôle précis », à savoir « évaluer, en toute indépendance […] à partir des données disponibles ». Nous pourrions nous en réjouir, mais nous en sommes surtout étonnés. Dans le champ de la psychiatrie et de la pédopsychiatrie, l’impartialité revendiquée semble écartée. Toutes les données disponibles ne semblent pas avoir été étudiées, ou alors différemment. Comment sont examinés les dossiers ? A partir de quelles études scientifiques et avec quelles vérifications ? Rappelons à ce titre le guide de pratique clinique sur le diagnostic et le traitement des troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les enfants et les adolescents2, dont les biais et le manque d’objectivité ont été soulignés dans un article de la revue « Prescrire »3. Dans cet article, ces recommandations constituent un « guide à écarter ».

Une absence d’ouverture et un refus de la contradiction

Plus loin dans sa lettre, le collège de la HAS précise : « les usagers sont membres de toutes nos commissions et contribuent aux évaluations ». Nous serions très intéressé.es de connaître ces usagers et leurs nominations dans les commissions, quand nous connaissons les nominations de certains membres décisionnaires dont les conflits dintérêts ont été maintes fois soulevés.

Plus loin encore, il nous est expliqué le fonctionnement de la HAS : « Collégialement, nous analysons, nous débattons, nous entendons les points de vue dissonants, toujours guidés par l’exigence scientifique. Une fois publiés, nos avis peuvent légitimement être discutés. C’est le propre de la science. »

Là encore, nous nous étonnons de cette revendication de la HAS qui ne semble pas s’appliquer cette « recommandation de bonnes pratiques » dans tous ses champs d’exercice, et notamment pas en psychiatrie et pédopsychiatrie. Des décisions sont prises en lieu et place des professionnel.les qui se voient dépossédé.es de leurs compétences, avec maintenant le risque dune opposabilité des RBPP, en complète contradiction avec leur code de déontologie professionnelle. La HAS déclare entendre les points dissonants, mais quand a-t-elle entendu l’appel récurrent d’une grande partie des professionnel.les sur la question de l’autisme, des troubles de l’attention et de l’hyperactivité et des « troubles neuro-développementaux » ?

Ce problème du manque de contradictoire est clairement relevé dans le rapport annuel 20254 du déontologue de la HAS, M. Robert Gelli. Celui-ci pense en effet « utile de mettre en place un groupe de travail interne pour essayer de définir une doctrine » sur les potentiels liens intellectuels des experts auxquels la HAS fait appel. Il estime que le lien intellectuel « peut être susceptible de constituer un conflit d’intérêts lorsqu’il est de nature, par son intensité, sa rigidité ou son lien précis des travaux à compromettre l’impartialité réelle de la personne ».

Une neutralité poreuse aux intérêts idéologiques et financiers

La HAS récolte ce quelle sème: des lobbyings. En se voulant à toutes les places, elle ne peut qu’attiser les convoitises marchandes et perd sa place de tiers, son autonomie de pensée.

Dans notre secteur du soin psychique, elle pêche par son médico-centrisme, finalement loin des directives de l’OMS qui prônent la prise en compte de contexte de vie des populations dans les questions de santé publique. Même en santé somatique, les professionnel.les soignent des patient.es et non une maladie. Les médecins le savent bien, il y a des personnes dont le traitement ne pourra être que médical, et pour d’autres il ne sera que chirurgical, d’où la nécessité de leur autonomie, de leur liberté de prescrire. La HAS l’a elle-même écrit5 : « Les recommandations de bonne pratique sont des synthèses rigoureuses de l’état de l’art et des données de la science à un temps donné. Elles ne sauraient dispenser le professionnel de santé de faire preuve de discernement dans sa prise en charge du patient qui doit être celle qu’il estime la plus appropriée, en fonction de ses propres constatations. » Et le Conseil d’État dans une décision du 7 juillet 2021 (438712)6 rappelle : « une recommandation de bonne pratique […] ne dispense [pas] le professionnel de santé de rechercher pour chaque patient la prise en charge qui lui parait la plus appropriée ».

Comment alors ces recommandations, rédigées pour aider le praticien à exercer son art, tendent-elles à la création d’un modèle unique, qui serait le seul reconnu par les autorités de contrôle et de tarification ?

Parce que la HAS, organe de l’État, fait surtout des choix politiques, et non des choix scientifiques. Elle le dit elle-même dans sa lettre ouverte : « L’impartialité de la HAS permet de concilier le « mieux soigner » et le « mieux dépenser », avec le souci permanent d’assurer la pérennité de notre système de santé ». Le « mieux dépenser » n’a rien à voir avec la science. En revanche le « mieux dépenser » pourrait clairement être contrôlé par les ARS à travers des recommandations devenues « opposables ».

Peu à peu, la HAS cherche à étendre son influence : après avoir récupéré les missions de l’ANESM, elle s’invente juriste avec l’opposabilité de ses recommandations, et voudrait maintenant récupérer les missions de formation « scientifique » des professionnels de santé7. Nous dénonçons cette centralisation des pouvoirs qui détruit la richesse du soin et va à l’encontre de pratiques éthiques.

Une éthique flexible

Pour rappel, la HAS écrit elle-même dans ses recommandations8 que la réflexion éthique est une « réflexion collective associant une pluralité de points de vue […] déclenchée pas des situations concrètes singulières ». « C’est un processus de va-et-vient du singulier au général […] qui requiert du temps », « implique l’ouverture » et « nécessite la recherche d’apports extérieurs ». Elle précise même : « La réflexion éthique ne dispense pas les professionnels de leur responsabilité. Les décisions en situation appartiennent aux acteurs de terrain, qui ont intégré les questions et conclusions de l’instance éthique dans leur réflexion ». Et pourtant elle s’obstine à vouloir imposer des protocoles uniformes et généralisés dans les établissements de soin ! Alors que les RBPP, faut-il le rappeler, se font sur « l’état actuel des connaissances scientifiques » qui par définition évoluent constamment.

La HAS, via ses recommandations éthiques, alerte sur un risque d’infantilisation de l’autre (« c’est pour son bien ») et un risque d’indifférence à son égard (« c’est son choix ») concernant les usagers. Qu’en est-il pour les professionnels de terrain qu’elle ne cesse de mépriser?

La psyché humaine est tellement complexe qu’elle n’obéit à aucune causalité, simple et univoque, et se moque des réductions idéologiques. Toute approche privilégiant une réponse unidimensionnelle est nécessairement à côté. La psychiatrie de précision, c’est la psychiatrie du singulier dans un environnement familial, social et sur un territoire donné ! Seul l’empirisme des praticiens détermine la validité des pratiques.

Nous dénonçons les positions doctrinales de la HAS qui, derrière un discours de neutralité et d’ouverture, a en réalité perdu son obligation de démocratie, son éthique et son exigence de pluralisme dans l’orientation des pratiques.

Le Printemps de la psychiatrie

Le 4 mai 2026

1 https://www.has-sante.fr/jcms/p_3947208/en/lettre-ouverte-du-college-de-la-has-defendre-l-independance-scientifique-face-aux-pressions

2 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-09/tdah_enfant_recommandations_mel.pdf

3 https://www.prescrire.org/avis-sur-des-guides-de-la-has/505-troubles-deficitaires-de-l-attention-chez-les-enfants-et-adolescents-des-recommandations-biaisees

4 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-04/dir1/rapport_annuel_du_deontologue_de_la_has_-_2025.pdf

5 https://www.has-sante.fr/jcms/c_418716/fr/methodes-d-elaboration-des-recommandations-de-bonne-pratique

6 https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000043799746

7 Proposition de loi de la droite et du centre en ce sens : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2186_proposition-loi

8 https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-03/reco_ethique_anesm.pdf

Invitation : Meeting le 28 mars 2026 !

Le Printemps de la psychiatrie organise un meeting le samedi 28 mars 2026 sous le titre : « Expertiser » n’est pas soigner – Quelle(s) psychiatrie(s) pour demain ? afin de mobiliser contre le vote de la Proposition de Loi N° 2249, déjà passée au Sénat.

Il se tiendra à la Bourse du travail de Paris, en accès libre. Save the date !

Le meeting a été annoncé hier aux députés, avec le message suivant : 

« Mesdames et messieurs les députés,

En décembre 2025, la proposition de loi N°385 visant à intégrer les centres experts dans le code de la santé publique a été votée au sénat. Elle est maintenant en attente de débats à la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale, sous le N°2249.

Cette PPL, si elle devait être votée à l’assemblée nationale, entraînerait d’importants remaniements dans l’organisation des soins psychiatriques.

Elle instaure notamment trois niveaux d’accès aux soins.

Un premier niveau avec les médecins généralistes, les psychiatres, psychologues et infirmiers libéraux ; un deuxième niveau avec les structures publiques généralistes (Centres médico-psychologiques, hôpitaux de jour, centres d’accueil et de crise) ; un troisième niveau avec les centres universitaires, les centres experts et centres spécialisés (traumatisme par exemple).

Cette nouvelle organisation des soins psychiatriques suscite un certain nombre de questions et d’inquiétudes auprès des professionnels du soin psychique et de plus en plus de personnes concernées, patients et familles.

Le Printemps de la psychiatrie organise une journée d’échanges et de débats à ce sujet le samedi 28 mars 2026 à la bourse du travail, 3 rue du château d’eau, Paris 10e, de 9h à 17h.

Nous comptons vivement sur votre présence afin de vous sensibiliser aux questions que pose cette proposition de loi et afin d’échanger avec vous qui allez voter prochainement pour ou contre cette PPL.

Delphine Glachant, pour Le Printemps de la psychiatrie »

Plusieurs tables rondes seront au programme (encore en cours d’élaboration), autour des thématiques « Scientificité », « Soins », « Financement » et « Démocratie ».

Pour avoir le choix du visuel dans vos partages, voici une deuxième version de L’INVITATION !

From the Economy to the Sumbonomy*

14 juillet 2026 à 00:19

On a foundation of Symbiocene life law based on ghehds, we need to develop a replacement concept for economics, one immersed in symbiosis. As was argued in chapter 4, the term ‘economy’ is based on ‘oikos,’ or the Greek word for the household. The general meaning relates to the (male) management of the household. The new term, ‘sumbonomy’ (sum-bon-o-mee), in addition to the ‘sumbios’ (living together) and ‘nomia’ (to manage), has echoes of the ‘summum bonum,’ a Latin expression for the highest or ultimate good. The French word ‘bon’ also means good. The ‘economy’ of the Anthropocene is replaced by the sumbonomy of the Symbiocene.

As such a social structure does not yet exist, I can only offer speculative thoughts on what form it might take. The sumbonomy is the highest form of practical living humans can undertake for a good life. The sumbonomy is the material foundation for humans living in nature, and we can now create the new conceptual domain of sumbonomics. It has a transdisciplinary partner in sumbiology, or the study of humans living together with each other and other forms of life.

Contrary to the degrowth movement, this conceptual domain can align human enterprise with the symbiotically generated growth that can be found in life. To generate this type of growth, we will need new, creative forms of design and technology based on symbioactive production and benign symbiomimicry. It is from the microcosm—the fungi, algae, bacteria, and archaea, the building blocks of complex life—that the human sumbonomy can be created.

The sumbonomy will be the result of sumbiocentric thinking and, because of the potential for mersis in the Anthropocene, will require the most intense period of genuine growth since the Industrial Revolution. I wish to see the pro-parasitic or terraphthoric (earth destroying) ‘economy’ of the Anthropocene totally replaced by the terranascient (earth-creating) ‘sumbonomy’ of the Symbiocene.

Fossil fuels are finite reserves of energy that can be used only once and are not able to be regenerated in meaningful geological time frames, and similar considerations apply to an insane economy that becomes dependent on “rare” earth elements and compounds. Fossil fuels, because of their finitude, can be owned and traded for wealth maximization. Rare earths are like diamonds. While the current technologies we use to generate renewable energy can be privately owned, the source of that energy, the sun, cannot.[i]

In switching from private property ownership and extraction rights to symbiotically produced resources respectful of the ghehds (intersecting life interests) of free-living microorganisms, we metamorphose from the Anthropocene to the Symbiocene. In doing this, we give microorganisms the space and resources to do what they would want to do anyway, such as reproduce and grow. That is how we shift from the scarcity of fossil fuel energy and materials to the abundance of life forms powered by the sun, plants, and microorganisms, from morbid dead carbon to vital living carbon.


[i] Ralph Nader is supposed to have said “The use of solar energy has not been opened up because the oil industry does not own the sun.” The other way of putting this quote would be to argue that if the oil industry owned the sun, we would have had sun powered renewable energy for everything by now. The good news is that nobody can own the sun as it is an inviolable common with an inviolable ghehd that is more powerful by quantum leaps than all the corporations and despots of the world combined.

*Draft material from The Symbiocene: Our Only Future (2027), Cornell University Press.

AI generated image of a solar shrine where humans once again pay homage to our energy common, the Sun.

The Wasp and The Orchid*

12 juillet 2026 à 01:56

I am of the view that the abstractions we call ‘ecosystems’ arise out of a limited view of symbiotic relationships in particular places on Earth. If you are a ground orchid, for example, the symbiotic association you have with unique mycorrhizal fungi and a species-specific pollinator determines the limits of your symbiotic distribution on specific parts of the planet.

The story of the Western Australian underground orchid and its three-way symbiotic relationships between termites, fungi, and a particular tree is instructive here.[i] It takes detailed biological investigation to find the vital ‘components’ of symbiotic interconnection. The question is, are those identified components the limits of a form of symbiotic life that sets the territorial limits of an orchid’s symbio-system?

It was an amateur botanist in Australia in the 1920s who, I would like to think had a profound influence on the development of modern French symbiotic realist philosophy. Gilles Deleuze and Felix Guattari, in A Thousand Plateaus (1987), relied, to some extent, on the discovery by Edith Coleman (1874–1951) of a non-obligate symbiotic relationship between certain types of native wasps and ground orchids.[ii]

Coleman was the first to observe that the orchid creates an organic structure that so successfully imitates the shape of the external reproductive organ of a female wasp that the male wasp, in copulating with this fake ‘organ,’ ensures that the orchid’s pollen is transferred via its body to another orchid. Coleman’s publication, ‘Pseudocopulation of orchids by wasps,’ published in 1928-9, became the inspiration for a philosophical school of thought based on the symbiotic relationships that underpin the spaces of possibilities in life. As Deleuze and Guattari put it:

How could movements of deterritorialization and processes of reterritorialization not be relative, always connected, caught up in one another? The orchid deterritorializes by forming an image, a tracing of a wasp; but the wasp reterritorializes on that image. The wasp is nevertheless deterritorialized, becoming a piece in the orchid’s reproductive apparatus. But it reterritorializes the orchid by transporting its pollen. Wasp and orchid, as heterogeneous elements, form a rhizome.[iii]


[i] Hardach, Sophie, 2025. ‘It lives underground and is fabulous’: The race to save the world’s rarest orchid. BBC: https://www.bbc.com/future/article/20250925-the-race-to-save-the-worlds-rarest-orchid

[ii] See: Clode, Danielle. 2018. The Wasp and The Orchid: The remarkable life of Australian Naturalist Edith Coleman. Sydney: Pan Macmillan.

[iii] Deleuze Gilles and Felix Guattari. 2013 (1987). A Thousand Plateaus: Capitalism and Schizophrenia. Trans Brian Massumi. London, Bloomsbury. 9.

*Draft material from my new book, The Symbiocene: Our Only Future (CUP 2027).

Rivers are Not Alive, Until they have Ghehds

23 mars 2026 à 06:09

Case studies, such as the granting of personhood and so-called rights of the Whanganui River in New Zealand, also expose the failure of the rights approach to the protection of life in nature. While aspects of traditional Māori culture and its stewardship practices are respected in the Te Awa Tupua legislation protecting the river, surprisingly the use of water by other rights holders from the river is not subject to the treaty and the rights of the river. Pre-existing water rights, including water extraction for hydroelectric power, are not extinguished by Te Awa Tupua and as summarized by Erin O’Donnell and Elizabeth Macpherson:

Te Awa Tupua of New Zealand directly grants legal rights to the river, combined with statutory river values and a clear voice for the river, in the form of the guardians. However, Te Awa Tupua is the only example in which the legal person does not hold rights to use water in the river. Although Te Awa Tupua has a clear voice, it lacks the power to use it effectively, which limits its ability to achieve environmental outcomes.[i]

A river that has its use of water excised from the protection of Te Awa Tupua is a river in name only, and the aim of reconceptualizing the river as an “indivisible and living whole, comprising the Whanganui River from the mountains to the sea, incorporating all its physical and meta-physical elements”[ii] becomes a cruel farce.

The voice of a river must include its water; otherwise, it is rendered mute. River water guardians without an active voice and a place where it can be heard remain in a state of colonialism where British capitalist rights rule and extractive ‘wrongs’ are ‘legally’ committed. Just some of those ongoing ‘wrongs’ and threats include the extraction of water for hydropower, nitrate pollution of the water from dairy herds, the extraction of water for an ever-increasing dairy herd, riverbed gravel extraction for roads and railways, and mining the riverbed and the discharge seabed for rare earths and minerals.

Multinational dairy companies like Fonterra Oceania [iii] have a strong lobby voice, and their pressure has seen a conservative national government, in the name of expansion of extractive industries, attempt to rescind aspects of environmental protection of freshwater. [iv] International demand for rare earths and minerals has seen the USA government put pressure on NZ to be a world supplier of these highly valued extractive ‘resources.’ [v] As we saw above with Roman law, atomistic rights can be given and such rights can be capriciously taken away.

The Whanganui River is not alive, but life forms (fish, birds, humans, plants, and microorganisms) inhabit every ‘abstracted’ element, such as the water in the river channel, the hyporheic zone, the riverbed, the floodplain, the estuary, and wetlands. [vi] These abstracted ‘parts’ can be considered as the nested entities I call nisedoms. Noongar people called it a wagyl. Within those nisedoms, there are now humans [vii]. Each abstracted entity has a voice, expressed in culture and science, that collectively constitutes an inviolate ghehd for the water of the Whanganui River. Unite these voices, and the ghehd protecting the Whanganui can become powerful. It needs to be powerful because the inherent injustice of the deliberately complex rights-based system of law and protection is exposed the world over, but particularly in NZ. [viii]

Ghehds, once acknowledged, can never be fragmented or rescinded, as they express and represent voices of a whole and, if including a human presence, a new public symbiosis. In the existential reality of rivers, the ghehd must ultimately rest with the totality of its unsullied water as it enters, unites, and ‘touches’ all levels of life in the nisedom.

We now know why the voice of water was silenced by Pakeha [ix] in the case of the Whanganui, as it is the very thing that unites the whole. Unless we shift from isolating rights to unifying ghehds, the voices that associate will continue to be silenced by the voices that violate symbiotically unified entities for selfish gain. Alienated selfishness is better described as ‘symbiocide‘.

Beyond human polycentric decision-making attempting to reconcile competing rights, ghehds-based law will place priority on the integrity of the whole entity, for example, a river, forest, ocean, or the atmosphere. All abstracted nisedoms will be returned to the commons and treated as such by their human guardians. If someone wishes to ‘develop’ an entity protected by a ghehd, they will have to convince all voices of a nested system that they will do no harm to the integrity and health of the whole. That should put a brake on ignorant Anthropocene extraction, dysbiosis and symbiocide..

[Draft material for a new book on the Symbiocene]


[i] Voice, power and legitimacy: the role of the legal person in river management in New Zealand, Chile and Australia: https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13241583.2018.1552545

[ii] (Te Awa Tupua Act s12)

[iii] https://www.fonterra.com/au/en/about-us.html

[iv] https://www.phcc.org.nz/briefing/government-cannot-achieve-enduring-freshwater-policy-siding-narrow-commercial-interests

[v] https://www.1news.co.nz/2026/02/07/us-discussing-critical-mineral-extraction-on-new-zealand-soil/

[vi] Water ‘abstraction’ is the physical abstraction of water from a water resource for use.

[vii] Maori have occupied NZ since the mid-13th century, Europeans since the early nineteenth century.

[viii] NZ is considering the abolition of the separate environment ministry in favor of a super ministry for development.

[ix] European colonists in NZ.

A Nisedom

8 février 2026 à 02:16

We have no specific word in English to convey the idea of intricately nested entities where life forms exist within other life forms, within other life forms … at various scales.  Perhaps such nested ontologies can be more adequately understood and defined as existing within a ‘nisedom.’ [i]

The wisdom needed to comprehend such nisedoms has yet to be created in science-based policy. It is this type of ignorance that leads to the failure of development impact assessment to consider the interests of symbionts such as those affected by fracking the Earth for gas and petroleum. As stated within Earth Emotions (2019):

Now that we know that there is a deep Earth microbiome, it suggests that we must take extra care when drilling into the Earth. Pushing water and chemicals into the Earth in search of gas (fracking) and the subsequent release of huge amounts of waste water involves major disturbance of this realm of life. Where is the section, in the current environmental impact statements for fracking, on the impact on deep symbiotic microbes? Breaking symbiotic bonds is beyond an ‘impact’: it is an assault on a deep foundation for life.”

Rudely awakening ‘resting’ residents within a nisedom can be a traumatic experience and lead to unexpected consequences. The Noongar people of South Western Australia have great respect for the Wagyl or great serpent of the Dreaming. The Wagyl not only created surface fluvial geomorphology such as river channels, but it also was responsible for underground springs and water sources (aquifers). Disturb the surface and you just might disturb the depths.

The nisedom and the Dreaming have many connections and they meet where fracking of river catchments is proposed.


[i] {Defined as Babushka (Russian Doll) or nested ontologies. Nisedom: Etymology, From *ni (“down”or ‘in’ ) + the root *sed- (“sit”) + (d)om, house. A variation on nisdos: from *ni (“down”) + the root *sed- (“sit”) + *-ós. Literally “where [the bird] sits down”.(TFD)

Image by AI at my instructions.

Les algorithmes contre la société

14 mars 2025 à 22:18

Le 4 avril 2025, je publie un court essai aux éditions La Fabrique, Les algorithmes contre la société (176 pages, 14 euros, extraits en ligne).

Cet essai parle de la transformation algorithmique de nos sociétés pour pointer, d’abord et avant tout, leurs défaillances massives. Des algorithmes de la CAF à Parcoursup, en passant par les systèmes de recrutement automatisés, les usages du marketing et les systèmes de fixation des prix et des salaires, il tente de montrer que nous sommes cernés par des systèmes dysfonctionnels, qui, sous couvert d’un calcul toujours plus granulaire du social, produisent de l’opacité, de la discrimination et nous empêchent d’exercer nos droits à les contester.

Le livre n’est pas qu’un réquisitoire, il fait aussi des propositions. J’espère qu’elles vous stimuleront ! Ce que je défends, c’est qu’on ne peut pas parler de progrès technologique sans progrès social. Et à ce jour, tout ces systèmes visent à restreindre le social plus que le libérer.

Avec les éditions La Fabrique, nous avons souhaité faire un livre court, très accessible, qui fourmille d’exemple et qui propose en même temps un recul critique pour comprendre les enjeux de ces transformations. Vous nous direz si nous y sommes arrivés.

Sommaire
Coincés dans les fausses promesses de la révolution numérique
I. Des calculs massivement défaillants
II. Calculer, c’est discriminer
III. Du marketing à l’économie numérique :
la discrimination pour le profit
IV. De l’autoritarisme du numérique au risque fasciste des calculs
V. Calculer autrement !

Amis lecteurs, vous pouvez précommander le livre dans toutes les librairies. Des rencontres en librairie sont déjà prévues à Paris, à Rennes… et j’espère, amis libraires, que nous aurons l’occasion d’en organiser de nombreuses autres, partout ailleurs ! Pour cela, je vous laisse contacter directement les éditeurs.

Amis journalistes, pour obtenir un service de presse, il faut contacter Antoine Bertrand – 06 24 30 29 07 – antoinebertrand1@gmail.com – attaché de presse pour de nombreuses maisons d’éditions.

Pour des demandes d’interventions qui ne concernent ni la presse ni les librairies, toutes mes coordonnées sont accessibles sur la page à propos de cet espace. Et si vous souhaitez prolonger votre lecture, je vous invite à vous abonner au média en ligne que j’anime depuis un an, Dans les algorithmes.

Cette page sera mise à jour pour signaler les recensions du livre, les interviews et les tribunes qui lui seront liées.

C’est une très belle maison que je rejoins et j’en suis très heureux. Je n’aurai jamais assez de remerciements pour Irénée Régnauld qui nous a présenté et qui a rendu ce livre possible. Merci à Jean, Stella et toute l’équipe de La Fabrique pour leur formidable accompagnement.

Recensions, interviews, interventions, rencontres :

Les livres qui citent “Les algorithmes contre la société” :

Joie de pouvoir jouer à Google Books désormais, en pointant vers les livres qui citent le mien (pour ceux que je repère) :

A venir :

Avec mes excuses… algorithmiques

9 juillet 2024 à 10:22

Mea culpa maxima !

Vous qui me lisez ici, qui êtes abonnés à ce blog automatiquement par RSS ou par mail, êtes assurément mes plus fidèles lecteurs… Et en fait, si vous ne me suivez pas sur les réseaux sociaux, vous n’êtes peut-être pas au courant que j’ai lancé un nouveau média. Il s’appelle Dans les algorithmes, et je veux croire que son titre dit clairement son objet. Il souhaite apporter à tous de la matière pour mieux comprendre les transformations sociales que produisent les données et les calculs sur la société. Ce média en ligne (pour l’instant une simple newsletter que nous transformerons en site à la rentrée) a déjà produit 8 numéros (que vous pouvez lire par là). Et je ne vous préviens que maintenant. Je m’en excuse platement… mais ces dernières semaines ne m’ont pas laissé beaucoup de temps pour revenir vers vous. Le lancement, le rythme de production élevé m’a accaparé. Ce n’est pas une excuse suffisante, je le reconnais. J’espère que la disponibilité des contenus viendra compenser ce manquement des plus grossiers.  

Ce nouveau média est le fruit d’un long travail et de discussions avec beaucoup d’acteurs. Mais comme toute aventure, il est avant tout le fruit d’une rencontre. Cette rencontre, c’est celle de François-Xavier Petit, président de Matrice. Je l’avais rencontré une première fois en 2019, alors que Matrice n’était encore qu’une école du web un peu iconoclaste. C’est lui qui est venu me chercher en apprenant la fin de l’aventure de la Fing. De discussions en discussions, nous nous sommes retrouvés sur un même constat : le monde du numérique a besoin de comprendre ses transformations et de bâtir des alternatives. Sur la base de ce constat nous avons monté Vecteur, une structure associative pour porter le média et ses ambitions, pour rassembler ceux qui ne se sentent pas vraiment à l’aise avec les développements actuels du numérique. Durant de longs mois, il a fallu frapper à de nombreuses portes, tenter de convaincre ceux qui pourraient se retrouver dans ces constats pour nous soutenir et nous aider à démarrer. Ce ne fut pas le plus facile et nos efforts n’ont pas toujours été couronnés de succès. Avec patience pourtant, nous avons réussi à monter la structure et à trouver nos premiers soutiens. Il nous en faudra bien d’autres pour continuer, mais nous partons confiants. Nous restons persuadés que nous avons besoin d’améliorer le niveau de discussion sur le numérique et encore plus à l’heure de l’IA. On espère que les très nombreuses pistes que nous avons déroulées dans ces 8 numéros agiront comme un démonstrateur pour que les acteurs du numérique se réinterrogent ensemble sur ce qu’ils déploient et mettent en place et se retroussent collectivement les manches pour faire mieux. 

C’est pourquoi, outre le média, le grand chantier qui va m’animer dans les mois à venir, consiste à ouvrir la discussion sur les systèmes du travail. J’ai l’impression qu’il y a là un levier pour tenter d’interroger les limites des systèmes de calcul du fait de leurs effets très concrets sur les gens. 

Nous sommes à la recherche de partenaires qui souhaitent venir creuser leurs responsabilités RH dans un monde automatisé. De chercheurs et de militants qui travaillent sur les enjeux des système d’embauches automatisés, des usages des plateformes d’emplois par les demandeurs d’emploi, des systèmes de planification d’horaires et des systèmes d’évaluation des personnels comme de surveillance au travail. Si vous avez des idées, si vous voulez me présenter des acteurs, n’hésitez pas à m’écrire

Un grand merci aux équipes de Matrice pour leur patience et leur énergie. Un grand merci à ceux qui ont parié sur le projet : Jérémy Lamri, Christian Fauré, Hélène Halec. Un grand merci au ministère de la Culture pour son soutien. 

Hubert

PS : ce blog ne va pas fermer pour autant même s’il sera certainement bien moins alimenté qu’il ne l’était. Mais il est probable que j’ai encore besoin de cet espace pour parler de quelques lectures qui n’auront pas leur place dans le média. 

« La conscience politique. Un portrait cinématographique de Geoffroy de Lagasnerie » par Léolo Victor-Pujebet

Pendant plusieurs années, Léolo Victor-Pujebet a travaillé à un film sur mes écrits et les principaux thèmes de mon travail, mes relations et mes engagements.

« Le portrait de Geoffroy de Lagasnerie, à travers fragments du présent, archives, lectures et voix proches. Un film où la pensée politique s’éprouve dans les gestes, l’amitié et les luttes, et où le cinéma devient un espace de circulation vivante de la pensée et interpelle. A travers l’œuvre du philosophe Geoffroy de Lagasnerie, ce film est une invitation à la lutte, pensée aux côtés d’Assa Traoré, Edouard Louis, Didier Eribon et d’autres alliés, engagés pour ouvrir la voie à une émancipation collective.»

Le film s’intitule « La conscience politique. Un portrait cinématographique de Geoffroy de Lagasnerie »

Avec la participation de Emmanuelle Béart, Rachida Brakni, Edouard Louis et Mathieu Morel.

Le film circulera en festivals et en avant-premières courant 2026, avant une sortie en salles le 6 janvier 2027

DATES DES PROJECTIONS EN FESTIVALS ET AVANT-PREMIERES (régulièrement mises à jour) :

  • 27 mars 2026, à Paris, au Festival international du documentaire cinéma du réel. Infos ici.
  • 03 juillet 2026, au Cinéma Le Balzac à Paris, dans le cadre du Festival Avant-premières des Cinémas indépendants Parisiens. Séance à 20h30 suivi d’un débat sur « Cinéma et luttes aujourd’hui : que faire? » avec le réalisateur et moi. Tickets ici.

Contact : leolopujebet@gmail.com

Image : Leolo Victor Pujebet

Production : Local Films, Les Fougères, Les Autres Films

Montage : Léolo Victor-Pujebet, Noémie Fy

Musique : Baptiste Lagrave

Distribution : Léopard Films

Opération Venezuela : le retour des empires | #PAUSE

7 janvier 2026 à 14:27

NB: il y a eu un problème au montage avec une première version, le son était décalé. Voici la verion "propre". Désolé pour ça.


Operation Absolute Resolve, Trump et la fin de l’ordre libéral. Comprendre la nouvelle grammaire de la puissance à la suite de l'opération "Résolution absolue".


Le 3 janvier 2026, les États-Unis enlèvent le président vénézuélien Nicolás Maduro lors d’une opération militaire éclair. L’événement sidère, choque, divise. Certains y voient la chute d’un narco-État, d’autres un retour assumé à l’impérialisme le plus brutal.

Mais si l’on s’arrête à l’indignation ou à l’approbation morale, on passe à côté de l’essentiel.


Cet épisode ne parle pas seulement du Venezuela. Il parle de la transformation accélérée de l’ordre mondial. De la fin assumée du multilatéralisme. Du retour des logiques d’empire, de sphères d’influence et de rapports de force nus. De l’énergie, des ressources, de la monnaie, et de la peur du déclin qui structure désormais la vision du monde de Washington et de ses adversaires.


Dans cet épisode, je propose de prendre du recul pour comprendre ce que cette opération révèle vraiment : une nouvelle grammaire de la puissance, les contradictions de la stratégie américaine, ce que cela autorise au reste du monde, et pourquoi l’Europe se retrouve plus que jamais marginalisée.

Le Venezuela n’est peut-être pas une exception. Il pourrait bien être le premier acte d’un monde qui change beaucoup plus vite qu’on ne veut l’admettre.



Episode enregistré le 05/01/2026


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[EXTRAIT] - Stefan Zweig : L’histoire se répète-t-elle ?

22 décembre 2025 à 01:00

Extrait de l’épisode “inspiration” consacré au livre de Stefan Zweig “Le monde d'hier”.

Voici le titre de l’épisode complet si vous souhaitez aller plus loin : L’histoire se répète-t-elle ? - Stefan Zweig | #inspiration



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