CNews est une chaîne d’extrême droite, CNews désinforme. Enquête et démonstration dans «À l’air libre» avec David Perrotin et Yunnes Abzouz, journalistes à Mediapart, et Isabelle Roberts, présidente et cofondatrice des Jours.
Chaque semaine, les membres du gouvernement et de la majorité se pressent dans les médias de Vincent Bolloré. Sous couvert de «parler à tout le monde» ou par «peur» des attaques, le pouvoir sert de caution au groupe d’extrême droite. Et alimente ses obsessions.
L’intervention mardi soir sur le plateau de Cyril Hanouna de Quentin Bataillon, président de la commission d’enquête sur l’attribution des fréquences TNT, a déclenché une mini-crise politique. Elle risque surtout de discréditer l’ensemble du travail parlementaire mené sur les chaînes de Bolloré.
Selon ses dirigeants, CNews serait une chaîne d’info comme les autres. En réalité, la télé du groupe Canal+ centre désormais ses débats sur ses obsessions sécuritaires et identitaires. De nombreux journalistes racontent à Mediapart sa dérive depuis sa reprise en main par Vincent Bolloré, en 2015.
À l’initiative de quelques milliardaires, dont Rodolphe Saadé, Bernard Arnault ou encore Vincent Bolloré, les grandes manœuvres autour des médias ont repris, tandis que Macron prépare le terrain à une reprise en main de l’audiovisuel public. L’information va de mal en pis; la démocratie aussi.
Entendu par la commission d’enquête sur l’attribution des fréquences TNT, le présentateur star de C8 s’est payé la tête des députés, pendant l’audition mais aussi dans son émission qui a suivi. L’animateur le plus sanctionné du paysage audiovisuel estime ne pas avoir de comptes à rendre.
Auditionné par la commission d’enquête parlementaire sur le renouvellement des fréquences de télévision, le magnat breton a contesté s’ingérer dans la ligne éditoriale de ses chaînes. Tout juste a-t-il livré sa vision de l’IVG, où deux «libertés» se «heurtent», dont celle «des enfants à vivre».