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Revue de presse du 5 juin

Entretien Shoshana Zuboff

Shoshana Zuboff professeur émérite à Havard nous décrypte la perte de la vie privée et l’exploitation de nos données à notre insu.

Elle a réalisé un immense travail que nous pouvons retrouver dans son célèbre ouvrage L’Âge du capitalisme de surveillance. Elle continue ses travaux de recherche et a récemment démontré que l’affaire Facebook-Cambridge Analytica avait conduit 7% des électeurs à renoncer à voter ! Au cours de cette interview, elle donne à voir un autre regard sur l’I.A et nous invite à définir correctement ce qu’est une innovation pour nos sociétés.

U podcast indispensable à écouter ici : Entretien avec Shoshana Zuboff : les mutations du capitalisme de surveillance à l’ère de l’IA

Rien à cacher

Pour changer, un jeu ! En complément du podcast précédent, nous découvrons ce jeu sur la surveillance :

Rien à cacher, actuellement en précommande.

Nous vous en dirons plus quand nous y aurons joué.

Podcast Éloi Laurent

Le livre d’Éloi Laurent sur la coopération fait l’objet du klub de lecture de juin.

En complément, écoutez ce podcast sur Chaleur humaine :

Comment rendre la transition heureuse ?

Éloi Laurent y déploie avec brio son argumentaire. Il y parle satiété, santé, numérique, transition…

Transition énergétique : aux sources d’une fausse promesse

Nous vous invitons à écouter Jean-Baptiste Fressoz (Historien des sciences, des techniques et de l’environnement) nous expliquant qu’une nouvelle source d’énergie ne vient jamais remplacer une source existante.

La fonction de la transition énergétique de nos jours est une fonction de procrastination : c’est l’idée que si l’on a un problème de changement climatique, on va faire une transition énergétique comme si c’était possible.

C’est à écouter ici : Transition énergétique : aux sources d’une fausse promesse

Nous avions déjà cité Fressoz et évoqué la notion de transition dans la revue de presse du premier février. On peut noter la similitude avec la transition à l’agilité qui est aussi parfois une fausse promesse parce qu’on ajoute l’agilité au processus existant au lieu de substituer.

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Revue de presse du 27 mai

Le Pakistan et l’Inde gravement touchés par les canicules

L’actualité du moment nous rappelle que le dérèglement climatique commence à avoir des conséquences dramatiques dans ces régions qui sont fortement vulnérables avec des températures de 48°C. Des morts sont à déplorer. Ester Duflo commence son billet par ces faits, mais elle nous révèle également d’autres conséquences, notamment sur l’éducation.

Dans ces conditions épouvantables de canicule, impossible d’aller à l’école. Saviez-vous que lors de canicule moins importante les effets de ces dernières se font tout de même ressentir dans le milieu scolaire, des études ont démontré que le niveau d’attention est bien plus faible lors de période de canicule, augmentant d’autant plus les inégalités.

Ses chroniques sont toujours riches et documentées, nous vous invitons à écouter cette courte chronique de 4 minutes :
En Asie du Sud, les canicules agravent les inégalités scolaires

Alain Damasio interview pour le Code a changé

Nous vous invitons à écouter Alain Damasio interviewé par Xavier de La Porte, qui nous explique qu’il a longtemps hésité à proposer une interview à Damasio car il ne porte pas un grand intérêt à la Science-Fiction.

Cette interview donne une grande place au regard que Damasio porte sur le monde, regard qu’il nous partage avec ses bagages philosophiques. Pour notre plus grand bonheur il nous rappelle les travaux d’Ivan Illich, nous invitant au convivialisme, c’est-à-dire à avoir un rapport d’égal à égal avec les outils.

Damasio nous décline cette ontologie pour notre monde d’aujourd’hui dans lequel les I.A s’invitent. Il nous présente également succinctement l’expérimentation de la ZESTE : la zone d’expérimentation sociale terrestre et enchantée.

C’est à écouter ici : Avec Alain Damasio, on refait la science-fiction (et le monde aussi)

En savoir plus sur la ZESTE.

L’eau, l’amie publique N°1

Venez écouter l’écrivain et philosophe Camille de Toledo, donner aux écosystèmes une toute autre dimension, incitant ainsi nos sociétés à reconnaître aux écosystèmes (rivière, fleuve, forêt…) un droit égal aux droits des personnes, lui reconnaissant ainsi une valeur sans égale à celle de la création du vivant. Cette grande valeur oubliée par nos sociétés occidentales.

L’eau, l’amie publique n°1

Geoingénierie, il y a de l’orage dans l’air

Nous vous invitons à écouter cette émission sur les limites et les risques de la géo-ingénierie en compagnie de deux spécialistes qui sont :

  • Laurent Bopp Océanographe, climatologue, chercheur au CNRS, et directeur du département de géosciences de l’ENS.
  • Marine de Guglielmo Weber, chercheuse au sein du programme Climat, énergie et sécurité de l’IRIS et directrice scientifique de l’Observatoire Défense & Climat.

Ils soulignent également ce grand risque, dont peu d’intervenants parlent, qui serait de faire croire que pour le climat il existe un plan B.

Geoingénierie, il y a de l’orage dans l’air

Le travail au féminin

Dans nos lectures récentes, deux petits livres, bien différents — un essai et un récit — qui nous parlent du travail des femmes :

  • L’imposture du travail, désandrocentrer le travail pour l’émanciper, par Maud Simonet, collection Amorce 10/18
  • Disparition inquiétante d’une femme de 56 ans, par Anne Plantegenest au Seuil.
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Revue de presse du 6 mai

Revue de presse de cette première semaine de mai 2024.

Retour sur la convention citoyenne pour le climat (CCC)

Nous vous proposons d’écouter cette longue interview, fort riche, de Cyril Dion, l’un des organisateurs et des initiateurs de la CCC.

Au cours de cette interview, vous apprendrez d’où est partie cette initiative, comment elle a pu émerger et comment ses organisateurs l’ont structuré. Cyril Dion revient également sur ce qu’il conviendrait d’améliorer.

C’est à écouter ici : Les enseignements de la CCC : quelles clés pour l’action ?

Réparer le monde, se réparer soi-même

Connaissez-vous le festival Terre et Lettres de La Rochelle ?

Le thème cette année est D’autres imaginaires pour mieux habiter la terre, vous pouvez écouter Isabelle Sorente (romancière) et Corine Pelluchon (philosophe, professeure), autrice de Le manifeste animaliste. Politiser la cause animale.

Isabelle Sorente en appelle à la magie pour nous rappeler que nous ne sommes pas que de variables économistes !

C’est à écouter là : Réparer le monde, se réparer soi-même

Les “Big Oil” devant leurs responsabilités

Un rapport d’état aux USA ayant nécessité près de trois années d’enquête fait ce constat :

Pendant plus d’un demi-siècle, les Big Oil ont trompé le public américain au sujet de leur rôle dans la crise climatique, en faisant tout ce qui était en leur pouvoir pour que les États-Unis et le monde entier restent dépendants de leurs produits polluants.

Pour accéder au rapport : fossil fuel report

Pour en savoir plus, lire cette dépêche : Les géants pétroliers

La nature en ville

Comment les humains et non-humains peuvent co-habiter en ville, quelles sont les solutions imaginées et initiatives engagées pour développer cette cohabitation. Toits végétalisés, préserver les micro-gîtes, sensibiliser les citoyens de la nature en ville, etc.

Émission avec Philippe Descola et thème à l’initiative de la revue la Salamandre.

C’est à écouter ici : La nature en ville

Productivité

James Shore, l’auteur de Agile Software Development, est depuis 6 mois VP of Engineering dans une société américaine.

Son CEO lui demande de mesurer (pour augmenter) la productivité. Il lui répond qu’on ne peut pas mesurer la productivité du logiciel. Le CEO lui dit qu’il se trompe.

Dans cet article A useful productivity measure?, Shore raconte sa solution.

Il cite ou référence Martin Fowler, Kent Beck, Deming (la roue), Goodhart (la loi). Une réflexion intéressante, dont on peut seulement regretter qu’elle n’évoque que la valeur économique.

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Revue de presse du 26 avril

Comme chaque lundi de temps à autre, une revue de ce que nous avons lu, écouté ou vu en rapport plus ou moins direct avec l’agilité radicale.

Les travailleurs doivent avoir les mêmes pouvoirs que les actionnaires

Sur DémocratieS, le média critique de la participation, un entretien avec Isabelle Ferreras, sociologue et politologue, porte sur le lien entre démocratie et travail. Ce lien, c’est actuellement la relation de subordination, qu’elle résume ainsi :

Au travail, la conception qui va s’imposer est celle du dirigeant, qui agit dans l’intérêt des actionnaires. C’est le despotisme tel que le définit Aristote : la capacité de prendre les décisions indépendamment du point de vue d’autrui, et sans reconnaître à autrui le droit d’avoir même un avis sur la question.

Elle propose de changer cela par le concept d’investissement dans le travail.

Un article passionnant :

-> Travailleurs et actionnaires doivent disposer des mêmes pouvoirs

Lectures : Soyez un héros, passez en manuel

Ploum publie un article sur son blog pour dénoncer l’abrutissement de l’automatisation, la catastrophe avec les notifications et plein d’autres choses liées aux réseaux sociaux.

Sa conclusion :

Si vous avez des données que vous souhaitez conserver sur Twitter, Facebook, Instagram, LinkedIn et YouTube, faites-en une copie, car vous allez les perdre comme j’ai perdu tout ce que j’avais posté sur Google+. Ce n’est pas une prédiction, mais une certitude. Ce n’est qu’une question de temps.

Alors, soyez le héros, passez en manuel : sauvegardez vos données et supprimez vos comptes propriétaires !

Un article salutaire :

-> Lectures : Soyez un héros, passez en manuel

Une ode à la paresse

Nous vous invitons à écouter Lydie Salvayre qui nous revient avec son nouveau livre (Depuis toujours nous aimons les dimanches) qui dénonce le système du travail. La notion de travail a été créée par les économistes libéraux pour satisfaire la production & la consommation.
Lydie Salvayre nous rappelle que si le travail était équitablement réparti, nous aurions à travailler 3 à 4 heures par jour d’après des penseurs, et économistes alternatifs. Lydie nous invite à relire Larochefoucauld.
Écouter Lydie Salvayre: Ode à la paresse
Lydie est interviewée à partir de 24 minutes et 20 secondes.

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Revue de presse du 11 avril

Comme chaque lundi de temps à autre, une revue de ce que nous avons lu, écouté ou vu en rapport avec l’agilité radicale.

Quelles voies emprunter pour faire naître une société de la coopération et de l’entraide ?

Dans l’émission De cause à effets, le magazine de l’environnement, le podcast avec Laurent Eloi et Gauthier Chapelle est formidable.

Nous avons eu l’occasion de citer plusieurs fois ces deux auteurs, sur le blog ou pour le klub de lecture.

Ils nous ont inspirés pour la Fresque de l’Agilité, Eloi Laurent pour le principe de coopération et Gauthier Chapelle pour l’entraide.

On passe une heure passionnante à les écouter.

-> Quelles voies emprunter pour faire naître une société de la coopération et de l’entraide ?

Paresse et décroissance

Nous vous invitons à lire un dialogue savoureux entre Timothée Parrique, économiste de la décroissance, et Hadrien Klent, l’auteur de Paresse pour tous (2021).

C’est à lire sur le blog de Parrique :

Marc-André Selosse, Nature et préjugés

Nous vous invitons à prolonger ces réflexions avec Marc-André Selosse, biologiste, dont son dernier essai Nature et préjugés interroge notre rapport au monde et plus particulièrement comment nous pouvons nous inscrire dans une autre relation au vivant.

Je veux montrer comment l’humanité est née en nature et combien cela donne un sens à nos existences

Pour l’écouter : Nature et préjugés, avec Marc-André Selosse

Bienvenue en syntropie

Anaëlle Thery nous explique tout de la syntropie avec son livre Bienvenue en Syntropie. C’est une approche de la culture permettant d’obtenir l’abondance. Cette méthode est née au Brésil et commence à se faire connaître. Elle se base sur des cultures associées, denses et diversifiées.

Pour son écoute c’est ici “Bienvenue en Syntropie” : vers l’abondance au potager

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Revue de presse du 5 avril 2024

Quoi de neuf dans la presse et dans le monde ?

Des chefs d’entreprise écoresponsables

Cette émission nous donne un espoir au travers du regard et des actes de quelques chefs d’entreprise qui ont décidé de changer leur entreprise afin de répondre aux défis climatiques auxquels nous avons à faire face.

Venez écouter ces échanges inspirants : les chefs d’entreprise pourront-ils sauver la planète ?

Lutter grâce aux imaginaires

Nous vous invitons à écouter ou regarder cette table ronde sur la littérature des imaginaires face au défi d’avoir à réinventer notre monde d’aujourd’hui, notre façon de faire société.

Il y a au cours de cette table ronde de riches échanges entre Alain Damasio (auteur qui est nous est cher), Li-Cam et Paloma Moritz :

Lutter grâce aux imaginaires

Afin de poursuivre les réflexions levées par Li-Cam faisant enfin référence à cette grande dame qu’est Donna Haraway, elle a notamment réinventer la figure du cyborg pour un faire un symbole de libération du féminisme.

Nous ne pouvons que vous inviter à écouter cette interview pour découvrir pleinement qui est Donna Haraway écouter Donna Haraway parler de cyborgs sous un arbre

Optimiser le logiciel

Tristan Nitot relance son podcast L’octet vert. Il démarre cette nouvelle saison avec la loi de Eroom. Vous aurez reconnu Moore à l’envers. Nitot a aussi trouvé Eroom c’était l’acronyme de :

Effort Radicalement Organisé d’Optimisation en Masse

Bien sûr ça nous plaît que ce soit radical et orienté maintenance du logiciel.

Pour du climat, du numérique et de la bonne humeur écoutez le podcast les lois de Moore et d’Eroom.

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Revue de presse du 11 mars 2024

Quoi de neuf dans la presse et dans le monde ?

Un annuaire des producteurs locaux en Open-Source

Voilà une initiative à encourager, cet annuaire couvre à tout type de producteur. Laissons son fondateur nous en parler :

Le but du projet est de constituer un annuaire des producteurs locaux le plus exhaustif possible. On considère comme producteur une entreprise qui produit en France un produit destiné au grand public (pas de constructeur de robots industriels par exemple). Je ne me limite pas aux artisans ni aux PME, mais je vois mal une multinationale non plus. Je pense que les plus grosses entreprises sont celles du textile avec à peine une centaine d’employés maximum.

Pour en savoir plus sur ce projet en développement, c’est ici : Un annuaire des producteurs locaux en Open-Source

Emancip’asso

Une autre belle initiative, celle de Framasoft à destination des associations. L’objectif est de les émanciper des géants du numérique.

Le projet inclut leur accompagnement vers un numérique plus éthique.

Partagez l’article : Les géants du numérique c’est pas automatique.

L’agriculture de demain

Venez écouter Véronique Marchesseau, éleveuse de vaches allaitantes en système herbager, et Thierry Caquet, co-auteur du que sais-je sur l’agroécologie (à paraître). Comment réaliser une transition au sein de ces métiers afin de réconcilier environnement et agriculture.

C’est à écouter ici : Agriculture et environnement : une terre et un avenir en commun

Politiser la numérisation ?

Le dernier épisode de Frugarilla - Numériques Essentiels 2030 - est excellent.

Sur le thème Politiser la numérisation ? Mathilde Saliou et Louis Derrac nous parlent Technoféminisme et Numérique Acceptable.

Un podcast à écouter !

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Revue de presse du premier février 2024

Nous sommes déjà le 1er Février. Premier changement de mois de l’année.
Après l’élan d’échange de voeux du nouvel an, nous voici revenus aux temps ordinaires, habités par des sentiments paradoxaux qu’à la fois tout change et que rien ne change.

Quoi de neuf dans la presse ?

Dans la série Grands Entretiens de Reporterre, l’invité est Jean-Baptiste Fressoz. Historien des sciences, des techniques et de l’environnement, il vient de publier :

Sans transition — Une nouvelle histoire de l’énergie (Seuil).

Pour Jean-Baptiste Fressoz la transition énergétique n’a pas commencé. Il donne à Reporterre un entretien exceptionnel en replaçant la notion de transition dans l’histoire.

Nous en conseillons vivement la lecture ou l’écoute :

Pour éclairer davantage le concept de “transition”, améliorer notre appréhension des transitions en cours et notre influence pour celles que nous souhaiterions voir s’opérer, nous avons retrouvé une excellente série de 4 podcasts sur France Culture datant de l’automne 2019.

Ils couvrent tour à tour, le changement identitaire, la transition écologique, le rôle du politique sur les transitions, pour terminer avec Bergson, le philosophe du temps de la durée, du changement:

Philosophie de la transition

C’était il y a 4 ans, déjà. Et ils restent d’actualité. Tout change et rien ne change. Vraiment ?

Innover pour quel progrès ?

La recherche peut-elle servir le progrès social amenant plus d’égalité ? Ce grand reportage de Céline Loozen explore une société indienne avec ses contradictions dans laquelle chercheuses et chercheurs sont en action pour répondre aux défis sociaux et éducatifs de leur pays.
C’est à écouter Bangalore innover pour quel progrès

Pour une autre approche de la relation hommes et bêtes

Pour une autre approche de la relation homme et bête

Venez écouter et partager le regard Emmanuelle Pouydebat spécialiste de l’évolution des comportements. Elle nous présente un autre regard, montrant toute la richesse, l’intelligence et la complexité du monde animal dont nous nous sommes trop éloignés. Une magnifique leçon sur l’immense valeur de ce monde qui nous invite à l’humilité. Écoutez également les sages paroles de Nicols Gilsoul qui a transformé son métier pour l’aligner avec ses valeurs du respect du vivant.
C’est à écouter ici : Des hommes et des bêtes !

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Revue de presse du 11 janvier 2024

S’émerveiller du monde n’est pas une marque de faiblesse

Le dernier grand entretien de Reporterre en 2023, c’était avec Corinne Morel Darleux.

Il s’écoute en podcast ou se lit en article.

Après Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, elle vient de publier Alors nous irons trouver la beauté ailleurs.

Un entretien délicieux qui donne envie de rester en mouvement.

L’obligation réelle environnementale

Connaissez-vous l’obligation réelle environnementale ? Créée en 2016, c’est un outil juridique de protection dont il est possible de s’emparer pour assurer la protection d’un espace naturel.

C’est ce que vous propose de découvrir ce court podcast de 6 minutes. C’est à écouter ici L’obligation réelle environnementale : un outil juridique pour la biodiversité

Les communs questionnent la notion de propriété

Le podcast du meilleur des mondes nous propose d’explorer les communs et plus particulièrement les communs numériques, mais pas seulement.

Suivez les échanges sur ce thème en compagnie de :

  • Valérie Peugeot, chercheuse au sein du laboratoire de sciences sociales et humaines d’Orange Labs,
  • Alexis Kaufmann, enseignant, fondateur de Framsoft et
  • Sébastien Shulz, docteur en sociologie, co-fondateur du collectif “Société des Communs”.

Pour l’écouter, c’est ici : les “communs” : une alternative au capitalisme numérique ?

Daybreak jeu de société

Le célèbre auteur de jeux de société Matt Leacock a sorti un jeu de société coopératif sur le thème du dérèglement climatique. Nous espérons que ce jeu sera prochainement traduit.

Les informations pour suivre ce serious game sont ici : le jeu DayBreak

Pour une présentation en quelques minutes :

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Revue de presse du 14 décembre 2023

Ivan Illich, un prophète oublié

Nous vous invitons à lire cet article sur Ivan Illich donnant une belle synthèse de sa pensée, dont le monde a plus que jamais besoin.

Voici un extrait de l’article de Noema pour vous donner envie d’aller plus loin dans cette pensée radicalement alternative :

Selon Illich, l’essor des technologies sociales universalisant - c’est-à-dire des institutions gérées par des étrangers - a transgressé les limites traditionnelles des diverses communautés vernaculaires et a harnaché l’effort humain à une trajectoire de croissance illimitée, créant un “monopole radical” sur les modes et les moyens de vie qui a émoussé toute alternative à l’industrialisation des désirs de la société de consommation. Ce faisant, les personnes et les communautés ont été privées des connaissances pratiques nécessaires pour façonner les outils en fonction de leurs propres besoins et choix. Privés de cette compétence, ils sont devenus les serviteurs de la logique de ces institutions, et non l’inverse.

Philosophie & travail

Nous vous invitons à écouter cette série de podcasts surs le travail en crise et plus particulièrement la seconde émission de cette série questionnant la valeur travail :

Pourquoi ne veut-on plus travailler ?

Projet Manhattan du climat

Titre inquiétant, mais ne partez pas et écoutez ce podcast.

Il vous explique l’appel de ces scientifiques pour bifurquer. Il ne s’agit pas de techno-solutionnisme mais d’un collectif désirant créer un tissu de coopératif entre chercheurs, ingénieurs, industriels et société civile pour relever les défis auxquels nous avons à faire face. Ces scientifiques nous parlent d’équipes co-localisées et de coopération entre tous les acteurs…

En septembre, 37 scientifiques, spécialistes de la biologie cellulaire, des mathématiques ou de la physique quantique, ont signé une tribune qui appelle à la mise en œuvre d’un projet Manhattan de la transition écologique pour atteindre la neutralité carbone.

Tarification SNCF : pourquoi, comment

Si vous voulez en savoir en plus sur les principes qui gouvernent la tarification de nos voyages en train et notamment en TGV, il convient d’écouter Gilles Dansart, journaliste, rédacteur en chef du site Mobilettre et spécialiste du transport ferroviaire.

Il note un décalage étonnant de cette politique dans le contexte actuel du dérèglement climatique. C’est à écouter ici TGV : pourquoi des billets si chers ?.

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Revue de presse du 4 décembre 2023

Le changement par le local

Dans ce podcast Quand les Cévennes fabriquent leur transition Jean-François Caron fondateur de la “Fabrique des transitions” nous explique :

pour changer le monde, il faut passer par le local.

Ses propos sont clairs et forts, il nous parle de collaboration, d’action locale, d’histoire, de valeurs partagées :

  • Premièrement, on doit partir de l’histoire, la mémoire collective, les socles de valeurs d’un territoire et on se projette à partir de là.
  • Deuxièmement, ça va bouger parce qu’il y a des individus qui bougent, c’est le PFH : le “putain de facteur humain”.
  • Troisièmement, on sait, grâce aux neurosciences, que l’on ne change que dans l’action. Cela veut dire que la coopération devient centrale, en travaillant avec les habitants et de manière transversale.

C’est riche et inspirant. Bonne écoute.

Vincent Munier

L’immense photographe naturaliste Vincent Munier nous invite à prendre une pause dans ce monde, il nous invite dans un de ses affûts au cœur des Vosges.

Il nous invite à contempler tant de beauté au cœur de ces espaces préservés où le vivant s’exprime superbement. Ce sont deux podcasts à écouter :

Faire votre ménage de façon écologique

Oui c’est possible de chasser tous ces produits chimiques que l’industrie nous a progressivement imposés dans le quotidien des tâches ménagères.

Venez écouter Alexandre Cressiot pour vous inspirer de ses recettes. Ce podcast est à écouter ici :

Arthur Keller

Arthur Keller est un spécialiste des risques systémiques et des stratégies de résilience.

Il propose de s’organiser pour affronter le chaos à venir dans un podcast publié par Vlan! Si vous ne connaissez pas Arthur Keller, c’est le moment d’écouter le podcast, c’est un orateur exceptionnel.

Louis Derrac

Le numérique n’est pas en reste. Cette semaine nous faisons connaissance avec un nouveau manifeste avec qui nous partageons quelques mots, voire plus:

Le Manifeste pour un alternumérisme radical

Nous vous invitons à découvrir sans plus tarder la version 0, ou la V1, puisque vous êtes invités par l’auteur à cocréer la version suivante.

Le souci du bien commun

L’épisode 10 de Numériques Essentiels 2030 consiste en un échange sur la question du bien commun avec deux points de vue, celui de l’entreprise et celui de l’associatif.

Cette notion de bien commun, y compris ses aspects politiques, a été centrale dans nos discussions récentes pour élaborer la Fresque de l’agilité.

On trouve ce podcast sur le site du collectif Frugarilla :

La vidéosurveillance algorithmique en France

En quoi la vidéosurveillance algorithmique est-elle différente de la vidéosurveillance classique. Cette vidéosurveillance algorithmique est-elle permise en France ?
Vous seriez surpris des réponses que nous apporte ce podcast : Vidéosurveillance algorithmique : mais que fait la police ? et des questions éthiques que cette technologie peut soulever.
C’est en compagnie de Benjamin Bayart (Co-fondateur de la Quadrature du Net), de François Brémont (Directeur de recherche à l’INRIA), de Mathias Destal (Rédacteur en chef du média d’investigation, Disclose) que nous explorons ce sujet.

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Revue de presse du 25 novembre 2023

Capitalisme de surveillance

Dans cette revue de presse nous ouvrons la porte à la littérature d’anticipation en portant la parole de Alain Damasio.

Nous pouvons l’écouter dans l’interview qu’il donne (elle commence après 14 minutes de présentations d’oeuvres majeures en relation avec bon nombre de philosophes).

L’émission Planète B se trouve ici : comment vivre et lutter face au capitalisme de surveillance ? avec Alain Damasio

Le ministère du futur

Autre oeuvre de littérature d’anticipation récemment traduite, il s’agit du roman Le Ministère du futur de Kim Stanley Robinson.

Nous vous invitons pour le moins à écouter cet interview du Book Club : Kim Stanley Robinson et le monde de demain dans laquelle il évoque Bruno Latour et d’autres grands penseurs.

Il nous explique qu’il lui a fallu beaucoup travailler et retravailler cette oeuvre afin de trouver la structure narrative adéquate :

Écrire une histoire sur 30 ans de réaction face au changement climatique, ça pose un problème technique dans la structure du roman. Le roman est une forme très souple et très ample.

Le One Planet Polar Summit

Le sommet Le One Planet Polar Summit s’est tenu début novembre.

Si vous voulez en savoir plus sur ses conclusions, nous vous convions à écouter cette émission : One Planet - Polar Summit : « les calottes sont cuites ».

Vous pourrez entendre :

  • Yan Ropert-Coudert, Directeur de recherche CNRS en écologie marine,
  • Aude Lalis, Enseignante-chercheuse en génétique des populations au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et spécialiste en biodiversité polaire,
  • Jean-Louis Etienne, Explorateur.

Bonne écoute.

L’hydrogène je n’y comprends rien…

Si vous voulez actualiser vos connaissances sur l’hydrogène, nous ne pouvons que vous recommander ce podcast, vous expliquant ce que nous appelons l’hydrogène : vert, rose, gris, blanc, etc. et vous en apprendrez bien plus.
Vert, bleu, gris, jaune : l’hydrogène annonce la couleur

Antidote au culte de la performance

Dans la série Tracts Gallimard, Olivier Hamant, chercheur INRAE à l’école normale supérieure de Lyon, Directeur de l’institut Michel Serres, biologiste, auteur de La troisième voie du vivant, nous parle de la robustesse du vivant avec son Antidote au culte de la performance.

Cet opuscule d’une cinquantaine de pages propose avec force la voie de la robustesse. Le vivant n’est pas performant, il est robuste.

Il définit la robustesse comme :

la capacité à se maintenir stable sur le court terme et viable sur le long terme, malgré les fluctuations.

Il fait passer la robustesse avant la sobriété pour répondre aux enjeux actuels.

Il évoque l’agilité mais comme beaucoup d’autres, il utilise ce mot alors que ce qu’il critique c’est la flexibilité. Quand il oppose adaptation et adaptabilité, on se dit que cette dernière notion correspond bien à l’agilité (radicale).

Optimisation et efficacité sont déconstruits méthodiquement :

Penser le vivant comme un système optimisé en dit long sur notre obsession de l’efficacité, mais ne dit rien du vivant.

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Revue de presse du 30 octobre 2023

Zone critique

Comment définir la zone critique que recouvre-t-elle ?

Cette zone critique — si chère à Bruno Latour — expliquée par Jérôme Gaillardet, Géochimiste, professeur de sciences de la Terre à l’IPGP.

Jérôme Gaillardet est responsable de l’infrastructure nationale de recherche OZCAR (Observatoire de la zone critique, applications et recherche). Bruno Latour nous rappelle que tout dessein à venir doit tenir compte de cette zone critique. IL nous éclaire sur toutes les dimensions de la définition de cette zone critique. Attention, il s’agit d’entrer dans le domaine des systèmes complexes…

Pour en savoir plus c’est ici : Zone critique : rendez-vous en terre inconnue

Nos habitudes alimentaires

Crise climatique, bien-être animal, ces questions interrogent nos habitudes alimentaires. De quelle façon nos habitudes alimentaires peuvent contribuer au dérèglement alimentaire, en quoi ces habitudes sont le fruit de l’histoire se nos sociétés. Vous en saurez bien plus après l’écoute de ce podcast:

Végé, vegan, flexi… des habitudes alimentaires qui gagnent du terrain

Quand la nature fait école

Des écoles dehors pour un mieux vivre ensemble c’est dans ce podcast que nous découvrons le programme national “classe dehors” lancé par l’association la fabrique des communs pédagogiques.

Emmener les enfants dehors, les encourager à se reconnecter à la nature comme le voulait Michel Serres c’est l’un des éléments que ce programme souhaite développer, mais ce n’est pas le seul bénéfice de ces expérimentations.

À l’écoute de Corine Martel (inspectrice de l’éducation nationale) et Moïna Fauchier-Delavigne emmener les enfants pour leur faire cour dehors à bien des bénéfices directs et indirects.

C’est à écouter ici : quand la nature fait école

Terre et liberté

Aurélien Berlan est philosophe-jardinier, spécialisé dans la notion de susbsitance. Il a publié le livre Terre et Liberté en 2021 aux éditions La Lenteur.

Dans le premier épisode des entretiens qu’il a donnés à Floraisons, il nous explique :

Qu’est-ce que le libéralisme ? le concept de liberté libérale ? ses fondements et ses implications politiques ? Comment rompre avec cet imaginaire et pourquoi renouer avec la quête d’autonomie ?

Terre et Liberté, la quête d’autonomie contre le fantasme de délivrance,

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RETROCONF

Origine

C’est Bruno Latour, un philosophe et sociologue, qui a inspiré cet outil. Il a publié un article fin mars dans AOC Media :

Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise.

Son article est accompagné d’un questionnaire, ou plutôt un outil de discernement.

C’est la lecture de l’article au klub de lecture du 4 avril qui a déclenché notre idée de rétro-confinement.

Voir la page de Bruno Latour, actualisée : Où atterrir après la pandémie ? Un article, un questionnaire, et maintenant une plateforme.

Bruno Latour propose donc 6 questions à se poser pour ne pas revenir à la même situation qu’avant le confinement.

Si vous voulez revenir à comme avant, vous n’êtes pas concernés par cette initiative.

Comme nous baignons dans l’agilité, nous avons tout de suite pensé à une rétrospective. Cela pourrait être inclus dans une rétrospective spéciale pour cette période de confinement.

À noter que l’exercice d’auto-discernement de Bruno Latour s’adresse à tout le monde et que nous l’avons adapté aux équipes agiles.

Concepts

Une rétrospective s’appuie sur le passé pour préparer l’avenir.

Pour la rétro-confinement, le passé comprend 2 périodes :

  • avant le confinement
  • depuis le confinement

L’avenir commence au déconfinement (le 11 mai et ça risque de continuer un certain temps).

Dans le passé, on identifie 5 types d’activités :

  • celles qui continuent normalement,
  • celles qui sont substituées par d’autres (qui rendent le même service en gros),
  • les activités de substitution aux précédentes,
  • celles qui sont arrêtées depuis le confinement (sans être substituées),
  • celles qui ont émergé depuis le début du confinement (et qui ne se substituent pas).

Dans le futur, ces activités sont classées en 2 catégories :

  • celles qu’on veut réduire ou arrêter après le confinement,
  • celles qu’on veut continuer ou renforcer.

3 types de relations entre activités :

  • se substitue à (pendant le confinement),
  • favorise la poursuite d’une autre activité (après),
  • défavorise la poursuite d’une autre activité (après).

La rétrospective, comme il se doit, se termine par l’élaboration d’un objectif et des actions à mener d’ici le déconfinement (ou après). Ces actions permettent la transition envisagée (basée sur les activités du futur).

Étapes

Une rétrospective passe par 5 étapes, les deux premières (mise en confiance et collecte des informations sur le passé) sont menées avant de passer à cet atelier rétro-confinement.

Phase 1

Chacun·e réfléchit individuellement aux activités du passé, selon les 5 types présentés dans les concepts.

Phase 2

On met en commun.

Phase 3

Ensemble, on positionne chacune des activités dans le futur, selon les 2 catégories.

Nous pensons que c’est bien de faire une pause à ce moment. En demandant à chacun·e de réfléchir, pour chaque activité, au pourquoi (pourquoi ce serait bien de l’arrêter ou de la promouvoir).

Prendre le temps de réfléchir au pourquoi est fondamental. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’une rétrospective classique menant à des améliorations cosmétiques, mais d’une (possible) remise en cause radicale de la raison d’être de l’équipe.

Phase 4

Discussions collectives sur le pourquoi à partir des réflexions individuelles

Phase 5

On ajoute les relations favorise et défavorise entre les activités. On réfléchit, on complète.

En parallèle on identifie les actions à mener :

  • avant la fin du confinement,
  • pendant le déconfinement.

Cet exercice est l’occasion de réfléchir au sens. D’aller plus loin qu’une rétrospective classique, axée sur la façon de faire, pour contester, pourquoi pas, ce qui est produit par l’équipe.

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OVNI

OVNI — Observer avec des Valeurs Non Industrielles — est un outil mis au point par le collectif agile radical.

Objectif de l’outil

OVNI pousse les équipes agiles à intégrer les questions sociales et environnementales dans leurs réflexions sur les priorités des projets ou des fonctionnalités.
Nous parlons d’incitation avec OVNI, car nous pensons que :

la prise de conscience est le premier pas vers l’action.

Les actions futures consisteront à développer des produits et services plus respectueux des personnes et de la planète.

Présentation brève de l’outil

OVNI propose une représentation graphique simple pour cartographier la valeur.
Il s’agit de placer des éléments dans le cadran d’un plan cartésien. Plus simplement nous utilisons deux axes, un premier horizontal (l’axe des abscisses) et un second vertical (l’axe des ordonnées). Ces deux axes se croisent à leur origine.

  • L’axe horizontal représente la valeur sociale,
  • l’axe vertical la valeur environnementale (ou écologique).

En option, la valeur business peut être représentée par la surface de l’élément.

Le placement des éléments se pratique de façon collaborative pour déclencher des discussions entre les participants sur leur ressenti de la valeur.
L’observation, une fois le placement réalisé, aide à la décision pour ordonner le backlog.

Concepts

La valeur

C’est un but proclamé de l’agilité : chercher à maximiser la valeur. Plus la valeur d’un élément est importante, plus sa priorité est élevée et, comme la priorité définit l’ordre dans lequel les éléments du backlog sont réalisés, les éléments avec le plus de valeur sont développés en premier.

Les types de valeur

Traditionnellement la valeur considérée est la valeur business (ou valeur métier ou valeur économique ou valeur financière ou valeur marchande). Dans le Manifeste agile radical, nous avons proposé d’y ajouter les valeurs sociale et écologique.

Dans l’outil OVNI, nous suggérons de ne pas seulement les ajouter à la réflexion après celle de la valeur métier, mais d’inverser complètement la hiérarchie. En effet, les entreprises sont structurellement orientées vers la valeur économique et nous souhaitons changer radicalement cette orientation, en donnant la priorité aux impacts écologiques et sociaux.

La valeur repose sur des estimations

On a besoin d’avoir une idée de la valeur d’un élément avant de l’avoir développé, c’est pourquoi il faut l’estimer.

Mais ce n’est pas facile d’estimer la valeur ajoutée par une story ou une fonctionnalité !

L’expérience de plusieurs années sur la business value l’a montré, estimer la valeur financière absolue que va rapporter une story par un chiffre est une gageure. C’est pourquoi l’agilité pousse à faire des estimations relatives par exemple avec les tailles de tee-shirt (S,M,L,XL).

C’est ce que nous suggérons aussi pour les valeurs sociale et environnementale, avec par exemple, une graduation sur cinq niveaux de l’impact d’un élément du backlog :

  • très négatif
  • plutôt négatif
  • neutre
  • plutôt positif
  • très positif

Nous conseillons de ne surtout pas donner un chiffre à ces valeurs, cela pousserait à les rapporter à une valeur économique.

Pour quels éléments ?

Dans le cadran d’OVNI, on place des éléments en fonction de leur valeur. Lesquels ?

Ces éléments qu’on va traiter avec OVNI peuvent être variables selon l’objectif qu’on poursuit. Si on utilise OVNI pour prioriser un portefeuille de projets, les éléments correspondront aux projets de l’entreprise. Si c’est pour prioriser un backlog d’équipe, les éléments seront des fonctionnalités (features) ou des stories.

Dans la suite de l’article, nous allons considérer que c’est au niveau du backlog d’équipe qu’OVNI est utilisé.

Story ou fonctionnalité ?

Même s’il existe des différences dans le vocabulaire, on retrouve généralement deux points de vue sur le backlog.

Au fil du temps, un élément du backlog a été appelé story. La tendance a fait que les stories sont devenues de plus en plus petites. C’est pour de bonnes raisons que nous ne présenterons pas ici. Mais cela a fait apparaître un problème : un petit morceau isolé n’est plus très compréhensible par les parties prenantes et un développeur a du mal à voir à quoi sert ce qu’il fait.
Jeff Patton (le créateur du Story Mapping) a mis en évidence cette situation de backlog trop plat. Il utilise la métaphore des astéroïdes pour décrire une approche de décomposition progressive et propose une carte pour s’y retrouver entre les gros et les petits morceaux. Au-delà de la taille des éléments, le plus important est l’usage qu’on en fait.

Après des années de pratique, nous sommes arrivés à la conclusion que le backlog servait deux points de vue :

  • un s’adresse à l’équipe, contenant les petits morceaux sur laquelle elle travaille ou va travailler bientôt,
  • l’autre pour communiquer avec les parties prenantes, qui contient des plus gros morceaux. Bien entendu, elle est aussi utile à l’équipe.

L’expérience montre qu’une story est trop petite pour être déployée individuellement et qu’il est plus raisonnable de réfléchir à la valeur pour des fonctionnalités.

Notion de Valuable Increments

Dans la deuxième édition de son livre The Art of Agile Development1, James Shore présente la notion de Valuable Increment comme l’élément pour lequel la notion de valeur a un sens.

Valuable Increment remplace MMF — Minimal Marketable Feature — qu’il utilisait dans sa 1ère édition.

Dans notre esprit, une fonctionnalité qui a émergé après décomposition est l’équivalent de la notion de James Shore.

Nous lui donnons la définition suivante :

Une fonctionnalité est un service ou une fonction d’un produit dont l’énoncé est clair pour les parties prenantes ; elle constitue un incrément qui s’ajoute au produit et peut déclencher une nouvelle livraison ; elle contribue à un impact sur un utilisateur en lui procurant de la valeur.

C’est cette notion de fonctionnalité (ou feature) que nous allons prendre pour montrer comment s’utilise OVNI.

Déroulement de l’atelier OVNI

Le moment idéal pour un premier OVNI est pendant le prélude, avec une équipe constituée et qui s’est alignée avec les parties prenantes (voir l’outil CARE).

Préparation

Prérequis

Disposer d’un backlog initial comportant entre 7 et 15 fonctionnalités. Elles ont pu être identifiées par un atelier de Story Mapping, par exemple.

Avec qui

L’atelier OVNI accueille l’équipe et les parties prenantes.
Le Product Owner de l’équipe est le mieux placé pour animer l’atelier et apporter des réponses aux questions sur les fonctionnalités identifiées.

Première étape : rassembler vos features

Dans un premier temps, faites l’inventaire des features du produit (si ce n’est déjà fait au sein du backlog) et notez une feature par post-it sans accorder d’importance à leur valeur et donc sans autre marque distinctive que leur nom.

Le Product Owner répond aux questions éventuelles des participants.
Disposez ces features en vrac sur une table ou un tableau.

features en vrac

Nous utiliserons l’exemple PermaBio dans la suite de l’article.

Deuxième étape : valeur sociale & environnementale

Ensuite dessinez le plan cartésien suivant (plus exactement un cadran du plan cartésien) :

cadran ovni

Dans cette deuxième étape les participants sont invités à positionner les features dans ce cadran en considérant la valeur sociale et environnementale. L’ensemble des parties prenantes peut positionner à tour de rôle une feature.

Suivez votre instinct pour ce classement.

Vous obtenez alors un premier positionnement des features au sein du cadran :

cadran features sans valeur

Troisième étape : repositionnement

Sans discussion, les participants sont maintenant autorisés à repositionner les features dans ce cadran. Cependant à chaque changement vous devez apposer une ou deux marques sur l’élément.
Vous apposez une marque sur le bord horizontal de la carte représentant la feature lorsque vous le déplacez suivant l’axe horizontal, c’est-à-dire l’axe représentant la valeur social.

déplacement valeur sociale

Vous apposez une marque sur le bord vertical de la carte représentant la feature lorsque vous le déplacez suivant l’axe vertical, c’est-à-dire l’axe représentant la valeur environnementale.

déplacement valeur env

Si la carte est repositionnée suivant les deux axes, vous apposez deux marques.

Pour une durée d’environ 5 à 8 minutes, réalisez ces changements.

Quatrième étape : discussions, échanges, synthèse

Les éléments n’ayant pas d’annotation ne font donc pas débat et sont laissés à leur place.

Les éléments ayant été repositionnés sont à discuter, c’est le moment d’échanger afin d’avoir le point de vue des parties prenantes. Si un consensus est trouvé pour leur positionnement, il convient alors de les placer.

Cinquième étape : faites maintenant apparaitre la valeur métier

Cette étape est optionnelle ; elle est omise pour une version radicale.

Créez de nouvelles cartes de tailles différentes (réprésentant la taille du T-shirt), la surface de la carte réprésentant la valeur métier de la feature. Les formats A5, A6, A7 et A8 sont, par exemple, de bons candidats mais libre à vous d’en imaginer des plus adaptés.

Vos features sont alors classées en fonction de leur valeur business, il se peut donc que plusieurs features soient dans la même classe Medium ou Large par exemple.

Une fois le classement réalisé vous obtenez ceci :

features business value

Reprenez le cadran précédemment établi et remplacez les post-it initiaux par ces nouvelles cartes, vous obtenez alors ceci.

cadran iter 1

Sixième étape : limite basse

Si l’équipe a décidé de se doter de limite basse ou zone rouge (CARE et KARMA peuvent contribuer à cette réflexion), il est alors possible de renoncer au développement des éléments se trouvant dans cette zone. Ce renoncement peut être que temporaire, cette prise de conscience encourage alors à mener une réflexion pour ces features.

cadran sup vert

Vous devriez maintenant avoir assez d’éléments pour prioriser le backlog au regard des trois dimensions métier, sociale et environnementale. Dans notre exemple, le développement peut être engagé pour les features compostage, préférences alimentaires, soupe, plats, entrées et dessert se trouvant au dessus des limites basses.

Quant à la feature mesrecettes.com le fait qu’elle soit en zone rouge va conduire à quelques séances de brainstorming si l’équipe souhaite explorer des pistes pour augmenter à la fois sa valeur écologique et sociale.

Il est possible d’écrire sur les cartes la valeur (relative) sociale et environnementale retenue.

Variantes

Produit existant

Cet atelier peut également se dérouler au niveau des features d’une application existante. Il est ainsi possible de cartographier la valeur des features existantes en considérant la valeur sociale, environnementale et business.

Selon le palier de maitrise de l’équipe

Les paliers sont présentés dans l’outil KARMA.

L’usage d’OVNI varie selon la maitrise de l’équipe, par exemple :

  • Une équipe en quête de focalisation se préoccupera d’abord de la valeur sociale interne, c’est-à-dire la sienne. De même elle prendre en compte l’impact environnemental du développement qu’elle maitrise mieux, avant celui de l’utilisation du produit.
  • Au palier technicité, une équipe prendra en compte la valeur sociale externe, c’est-à-dire avec toutes les personnes concernées par l’usage du produit. Pour les produits numériques, les questions sur le contrôle des données seront abordées. À ce même palier, l’impact sur le vivant lié aux usages des produits sera considéré. On s’intéressera à l’impact sur le climat et sur la biodiversité.

  1. en cours de rédaction au moment où nous rédigeons cet article. ↩︎

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CARE

CARE est un outil mis au point par le collectif agile radical.

C’est le canevas d’alignement radical de l’équipe.

Objectif de l’outil

Un problème qui remonte souvent, c’est le décalage entre l’équipe agile et son environnement. Environnement, ou écosystème, c’est pour désigner l’organisation autour de l’équipe, composée de parties prenantes.

Ce décalage, réel ou ressenti, montre un non alignement entre l’équipe et les parties prenantes sur des valeurs.

Comment y remédier ? En prenant un peu de temps pour discuter des points de vue et trouver un équilibre permettant de travailler en symbiose.

Ce temps, c’est une période avant de démarrer les sprints, appelée prélude. Et l’outil que nous proposons comme support à cette recherche d’alignement, c’est le CARE.

Le CARE, pour prendre soin d'une équipe qui se constitue.

Origine du canevas

La présentation sous forme de canevas a été popularisée par le Lean Canvas associé au Lean Startup (et avant par le Business Model Canvas).

Un canevas, c’est pratique pour partager l’essentiel des éléments permettant de prendre une décision collective.

Celui-ci s’inspire du canevas de prélude présenté dans la cinquième édition du livre Scrum, pour une pratique vivante de l’agilité. Il est décrit dans le chapitre 13.

Le canevas pour l’agilité radicale

L’agilité radicale, c’est d’abord de l’agilité. Le prélude y a toute sa place afin de mettre en place un cadre bienveillant favorisant l’épanouissement de l’équipe.

Dans le livre Scrum, on trouve des concepts tirés de la systémique et de la permaculture, qui avaient influencé la conception du canevas.
L’impact sur le vivant et la valeur sociale, au coeur de l’agilité radicale, y étaient déjà esquissés.

C’est pourquoi le canevas proposé pour l’agilité radicale reprend ce canevas de prélude, avec quelques ajustements.

Le canevas d'alignement à l'agilité radicale

Les dix cases

Les cases sont numérotées pour indiquer la séquence dans l’élaboration du canevas.

L’équipe et les rôles

Cette case contient la liste des membres, avec leur rôle dans l’équipe agile (comme ScrumMaster ou Product Owner).
Au-delà des rôles, on note les compétences et les souhaits de chacun·e.
Dans une équipe, l’identification des souhaits individuels permet à chacun de faire des travaux correspondant à ses aspirations profondes. On pourra ainsi mieux déceler la complémentarité.

Alignement sur les idéaux de l’équipe

Cette case contient les idéaux des coéquipiers partagées avec tous et toutes. Il s’agit donc du résultat d’une discussion et d’un alignement sur les idéaux.
Dans idéal, on entend un modèle, un but à atteindre ou une norme à suivre, qu’on veut mettre en avant ; l’agilité radicale pousse aussi à s’aligner sur les valeurs sociales et écologiques qui guideront les priorités de l’équipe.

Les parties prenantes

Cette case liste les parties prenantes avec leurs attributs dans les relations avec l’équipe.
L’élaboration de ce contenu est l’occasion de rencontrer les parties prenantes et de le sensibiliser à l’agilité. C’est le moment d’évoquer l’engagement qui leur est demandé.

Alignement sur la vision

Le sponsor de l’équipe est une partie prenante qui a un rôle important : c’est lui qui présente sa vision, qui explique le pourquoi.
L’alignement se fait avec lui pour aboutir à une vision partagée, qui est notée dans cette case.

Alignement sur la mission de l’équipe

L’équipe définit sa mission dans cette case : ce qu’elle se propose de faire pour atteindre la vision.
C’est sur cette mission que cherchent à s’aligner l’équipe, le sponsor et les parties prenantes.

Contextualisation

Cette case contient des précisions sur l’approche agile utilisée, compte tenu du contexte de l’équipe.

Outils

Cette case liste les outils utilisés par l’équipe.

Règles du jeu

Dans cette case on note les règles de fonctionnement de l’équipe, en particulier sur 3 points :

  • les mesures relevées,
  • la façon de prendre des décisions,
  • la façon de répondre aux urgences.

Localisation

Cette case définit le type de localisation de l’équipe : co-localisation, télétravail.

Définition de fini

L’équipe élabore une première liste de contrôles qui constitue la définition de fini, c’est à dire la qualité de résultat attendu.

Déroulement en trois grandes étapes

Le canevas est rempli pendant le prélude, selon l’ordre indiqué, avec trois grandes étapes (des itérations en fait) :

  1. la première pour s’assurer de la convivialité de l’équipe (1, 2),
  2. la seconde pour s’assurer de l’alignement avec les parties prenantes (3, 4, 5, 6) et
  3. la dernière pour s’accorder sur la viabilité de l’écosystème (7, 8, 9, 10), c’est-à-dire la capacité de l’équipe à obtenir un résultat.

Pour chacune, le canevas est un outil pratique et convivial pour présenter la situation, en discuter, puis prendre une décision collective.

C’est un outil pour une équipe qui vient de se constituer (ou qui vient d’être sensiblement modifiée). Il s’élabore en 3 demi-journées :

  • la première pour l’étape 1,
  • la deuxième, pour l’étape 2, nécessite la participation des parties prenantes,
  • la troisième, qui correspond à l’étape 3, demande d’avoir élaboré un backlog initial (avec l’outil OVNI).

En résumé

Le manifeste agile radical présente les extensions de valeurs ; les équipes qui y adhèrent trouveront dans ce canevas un outil en support au dialogue indispensable, au sein de l’équipe, et avec les parties prenantes.

Notre souhait est qu’il vous soit utile. Nous sommes là pour vous aider dans sa mise en oeuvre. À remplir les cases. Pour vous aligner mieux.

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KARMA

KARMA — Kata d’Amélioration Ritualisé de la Maitrise de l’Agilité — est un outil mis au point par le collectif agile radical.

Objectif de l’outil

Pour une équipe, identifier son voyage avec l’agilité pour qu’elle apporte plus de valeur — et pas seulement économique :

  • en l’aidant à comprendre où elle veut aller,
  • où elle se situe actuellement
  • et en lui permettant de s’approprier le chemin qu’elle prend pour son voyage.

Concepts

KARMA est un outil qui s’appuie sur :

  • le modèle Agile Fluency qui fournit un cadre conceptuel pour le voyage,
  • l’outil d’amélioration Improvement Kata, qui aide à trouver son chemin.

Présentation brève d’Agile Fluency

Agile Fluency est un modèle permettant à une équipe de se situer par rapport à des paliers de maitrise de l’agilité. Il permet de faire évoluer ses pratiques en fonction de ses intentions et des moyens qu’elle est prête à accorder à cette évolution.
Un palier n’est pas considéré meilleur ou pire qu’un autre dans l’absolu. La dynamique de progrès est à analyser, penser, organiser de façon contextuelle, comme souvent, et par introspection. Une équipe peut décider de rester dans un même lieu et continuer à se développer, ou vouloir en changer pour en tirer d’autres bénéfices.

Présentation brève d’Improvement Kata

Venant du lean, le kata d’amélioration a été développé par Mike Rother. Il propose une approche en quatre étapes, basée sur une approche scientifique :

  • Définir l’impact attendu (où voulons-nous aller?).
  • Définir la situation actuelle (où sommes nous ?).
  • Définir un objectif intermédiaire qui contribue à l’impact (quel chemin prenons-nous ?).
  • Expérimenter pour arriver à cet objectif.

Les résultats de l’expérimentation sont utilisés pour renouveler ce questionnement et ajuster les objectifs, selon le principe des boucles de feedback.

Concepts ajoutés par l’agilité radicale

Aux paliers

Agile Fluency ne parle que de valeur business. L’agilité radicale étend la notion de valeur en prenant en compte l’aspect social et l’impact sur le vivant.

Cela implique des ajouts pour atteindre les paliers :

  • pour focalisation, une prise en compte des 2 nouveaux attributs de la valeur ; l’idée est que l’équipe se pose des questions sur ces 2 nouvelles valeurs lorsqu’elle prend des décisions ou priorise. Agile Radical propose l’outil OVNI pour faciliter cette prise en compte,
  • pour technicité (livraison), une collecte de mesures sur les usages ; ces mesures portent sur la valeur sociale et l’impact sur le vivant, permettant de constituer des données historiques,
  • pour optimisation, ces mesures historiques sont utilisées, permettant d’aider à la prise de décision en tenant compte des valeurs sociales et écologiques des produits développés.

Au kata

Appliqué à notre contexte, le kata d’amélioration constitue un outil d’orientation vers le palier souhaité.

Le couplage avec Agile Fluency facilite l’énoncé des objectifs : les paliers constituent une carte permettant de répondre aux deux questions (où voulons-nous aller, où sommes-nous).

Préparation de l’atelier KARMA

Matériel

  • L’exemple des Lapins agiles, avec les dessins qui illustrent le modèle Agile Fluency, sert à faire comprendre les paliers aux participants.
  • Il faut de quoi faire un tableau kanban (un seul tableau pour une équipe) : paperboard, post-it (ou outil en distanciel)
  • (en option) On peut fournir une liste de pratiques habituellement nécessaires pour atteindre un palier.

Facilitation

L’atelier est visuel (le kanban) et en groupe, c’est un moyen de construire une compréhension partagée

Pour le succès du jeu, une équipe doit sentir qu’elle s’approprie les concepts et son travail d’amélioration. Le facilitateur écoute l’équipe plutôt que de la guider dès le début.
On sera sur une approche de type training from the back of the room :

  • donner à l’équipe les instructions minimales pour démarrer le jeu,
  • rester disponible pour donner des compléments ou la direction si l’équipe est bloquée ou comprend mal comment avancer dans le jeu.

Formation

Si l’équipe ne connait pas l’agilité, ni Agile Fluency ni ne pratique l’amélioration — bref, si elle n’est pas encore devenue agile — il est souhaitable de prévoir une demi-journée de formation pratique, donnée par un facilitateur de l’agilité radicale.

L’atelier lui-même dure une demi-journée.

Déroulement de l’atelier KARMA

Introduction à Agile Fluency

Utiliser l’exemple des Lapins Agiles.

Mettre les dessins correspondant aux paliers sur un mur.

Décrire brièvement ce que signifie chacun de ces paliers ; rester ouvert pour répondre aux questions et engager des discussions avec l’équipe sur l’objectif de chaque palier.

Au cas où l’atelier vient juste après la formation, cette partie devient simplement un rappel.

Où voulons-nous aller ?

Les membres de l’équipe réfléchissent ensemble à “où voulons-nous aller” par rapport au modèle Agile Fluency. Il s’agit de donner un cap avec une échéance qui peut aller de un an à deux ans. La réflexion porte sur l’impact attendu à l’échéance.

Prévoir 2 niveaux de réflexion :

  • du point de vue personnel, où seriez-vous le plus satisfait ?
  • en tant qu’équipe, où aimeriez vous être ?

Si c’est la première fois que l’atelier a lieu pour cette équipe, arriver à un accord d’équipe peut prendre du temps et demander beaucoup d’efforts.
D’autres outils peuvent être envisagés pour arriver à converger :

  • un atelier impacts rétro-futuristes (souvenir du futur) peut aider à se projeter,
  • si l’équipe a subi une perturbation importante du genre confinement, on mènera la RETROCONF avant ; elle apportera des éclaircissements sur où l’équipe souhaite atterrir
  • et surtout l’outil CARE qui inclut l’alignement avec les parties prenantes sur la mission de l’équipe. Il sera alors aisé à l’équipe de projeter sa mission sur un palier.

Où sommes-nous ?

Les membres de l’équipe définissent, en fonction de la situation actuelle, où ils pensent être dans le modèle.

Consensus d’équipe, si possible (en général ils sont trop optimistes, le facilitateur peut intervenir en posant quelques questions pour les inviter à être plus justes dans leur évaluation).

Quelles pratiques sont nécessaires pour arriver au palier visé ?

Demander quelles pratiques sont nécessaires.

En option, le facilitateur peut avoir préparé une liste de pratiques et s’en servir pour guider les participants.

Exemple de liste de questions pour évaluer les pratiques pour le palier focalisation :

  • qu’est-ce qu’il manque à notre équipe pour être TAPIS ?
  • est-ce que nous pouvons améliorer des choses concernant les rôles clés de Scrum Master et Product Owner ?
  • qu’est-ce qu’il faudrait mettre en place pour que notre backlog soit PROUVÉ ?
  • comment pouvons-nous progresser pour que notre résultat soit plus FUN ?
  • comment faire en sorte que nos rites (planif, mêlée, revue, rétrospective) se passent mieux ?
  • que peut-on améliorer dans notre définition de fini ?

Pour le palier suivant, les pratiques sont plus techniques et souvent contextuelles, il est difficile de fournir une liste, on peut laisser l’équipe les identifier.

  • Laisser l’équipe étudier les pratiques proposées et discuter de leur position : maîtrisée, en cours d’acquisition, faudrait mais pas commencée, pas nécessaire ; on peut faire un kanban pour visualiser cela :
Un kanban pour le kata
  • demander à l’équipe d’ajouter d’autres pratiques, en plus de celles proposées
  • demander à l’équipe si on peut en enlever sans remettre en cause le palier

Quel est notre objectif intermédiaire ?

La réflexion sur l’objectif intermédiaire va de pair avec la réflexion sur les pratiques.

Les participants se mettent d’accord sur un objectif intermédiaire, par exemple pour dans trois mois (la durée d’une saison), qui contribue à l’impact.

Cet objectif est formulé collectivement ; sa réalisation
Pour cela, il est utile de s’appuyer sur les pratiques et les patterns que les participants estiment nécessaires pour l’objectif.

Quelles sont les actions pour nos prochaines pratiques à maîtriser

À partir de l’objectif intermédiaire, l’équipe discute des bénéfices possibles et définit les premières actions d’amélioration.

Elle s’appuiera sur le kanban pour y arriver.

Comment intégrer ce travail d’amélioration à notre travail quotidien ?

Pour que l’amélioration soit effective, il faut laisser du temps. On demandera à l’équipe :

  • Pensez-vous qu’il soit souhaitable d’augmenter le temps dédié au travail d’amélioration ?
  • Sous quelle forme ?

Du point de vue pratique l’équipe peut :

  • visualiser les actions à mener dans le backlog,
  • prévoir des réunions pour planifier et affiner le travail d’amélioration.

Résultat de l’atelier

  • un objectif de maitrise à moyen terme,
  • l’objectif intermédiaire (à 3 mois),
  • les actions pour y arriver.

KARMA est un outil qui peut s’appliquer de manière récurrente, par exemple tous les 3 mois dans une rétrospective de saison, jusqu’à arriver à l’objectif de maitrise (ou le changer).

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KARMA POLICE

Nous ajoutons à notre panoplie un nouvel outil, en quelque sorte le chainon qui manquait entre la mission de l’équipe et son backlog. Il fait donc le lien entre CARE et OVNI mais du point de vue “technique” c’est une extension de KARMA.

Dans un premier temps nous l’avons appelé KARMA POLICE, POLICE étant un nouvel acronyme associé à KARMA :

Pilotage par Objectifs en Lien avec des Impacts Clés Externes

Pourquoi Karma Police ?

Les quadragénaires (et plus) se souviennent sans doute de la chanson de Radiohead. Au moins de l’air.

Karma Police figure sur l’album OK Computer paru en 1997. Elle s’inspire de 1984 dans lequel George Orwell parle de la police de l’esprit.

La police de l’esprit nous la combattons avec l’agilité radicale, particulièrement la forme moderne de la surveillance des gens, dont il est possible que des équipes prétendument agiles en aient conçu les applications.

Émergence

Ce nouvel outil, dont nous allons pour le moment conserver le nom, a — une fois de plus — émergé suite à une lecture.

En effet, le livre choisi pour le dernier klub de lecture, Succeeding with OKRs in Agile, présente les OKRs (encore un acronyme mais celui-ci n’est pas signifiant et guère plus doux à l’oreille que KPI).

OKR

L’approche par les Objectives and Key Results n’est pas très récente ; ce n’est pas non plus la première fois que nous l’évoquions dans un klub de lecture, puisque c’est le sujet du dernier chapitre de Changing Your Team From The Inside d’Alexis Monville, que nous avions accueilli en 2018.

Si on remonte plus loin, on pourrait presque dire que c’était le sujet du premier klub de lecture en 2012, bien que le terme OKR n’y soit pas cité. Impact Mapping de Gojko Adzic, le livre dont il s’agit, traite abondamment de la notion d’objectif mesurable.

Depuis presque 10 ans, l’outil Impact Mapping fait partie du kit du bon coach agile. C’est un outil de planification stratégique qui n’est pas si facile à appréhender correctement.

Agile OKR

Qu’apporte Allan Kelly avec ses agile OKRs ?

C’est la question que nous nous sommes posée, en nous rappelant que dans les anciennes lectures du klub, nous avions déjà sélectionné son ouvrage Xanpan. C’était en septembre 2015 et nous avions apprécié son style et son aisance à mixer des concepts et des idées. C’est toujours le cas dans son dernier opus où il introduit les OKRs dans l’agilité avec des choix personnels assumés et intéressants.

Nous reprenons dans KARMA POLICE le rythme qu’il propose pour les OKRs : un rythme trimestriel. Des OKRs sont définis à chaque saison.

OKRs à chaque saison

Agile radical OKR

Dans KARMA de base, nous avions projeté la notion d’objectif intermédiaire venant de l’Improvement kata sur ce même rythme, celui de la saison. L’objectif en question est un objectif sur la façon de travailler avec l’agilité. Nous proposons la grille Agile Fluency avec ses zones pour aider à situer les objectifs.

À cet objectif sur la maitrise de l’agilité nous ajoutons avec POLICE des objectifs sur les produits ou les services développés par l’équipe.

Dans Succeeding with OKRs in Agile, ce sont ces objectifs, les business objectives, qui sont traités. Kelly discute de la valeur dans son ouvrage. Cependant il reste globalement cantonné à une notion classique celle qui donne toute la place à la valeur économique.

L’agilité radicale, depuis son manifeste, pousse à considérer les valeurs sociales et écologiques de façon explicite. On va donc retrouver dans KARMA POLICE des objectifs correspondant à ces valeurs.

Résultat attendu

Le résultat attendu d’une utilisation de l’outil KARMA POLICE, ce seront donc des OKRs pour la saison, organisés en 4 parties :

  • maitrise de l’agilité (l’aspect processus)
  • valeur sociale
  • valeur écologique
  • valeur économique

En phase avec ce que recommande Allan Kelly, nous suggérons de limiter le nombre d’objectifs pour la saison, avec si possible un seul pour chacune de ces 4 parties.

Comment identifier ces objectifs (O) et leurs mesures associées (KR) ?

Nous avons expérimenté Souvenir du futur (le Remember the future des Innovation Games) ; cet atelier collectif convient très bien à la découverte de ce qui est potentiellement un objectif mesurable.

Comment présenter les résultats de KARMA POLICE ?

Nous suggérons de les montrer sous forme de carte heuristique. Avec au premier niveau le nom de la saison, au 2e les 4 catégories mentionnées ci-dessus, au 3e les objectifs qui y sont associés et au 4e les résultats-clés.

Voici l’exemple pour PermaBio :

exemple OKR pour PermaBio

Une mindmap comme Impact Mapping ?

Une carte mentale aussi, mais bien différente.

Au centre de la carte

Avec IM, le niveau 0 est exprimé par un but dont l’échéance temporelle n’apparait pas ; avec POLICE on considère simplement la saison d’une durée de 3 mois, il n’y a pas d’objectif global (qui est toujours difficile à trouver avec IM).

Niveau 1

Avec IM, le niveau 1 répond à la question Qui ? On y trouve des acteurs (ou parties prenantes) ; avec l’expérience cette notion placée avant les impacts posait quelques problèmes, notamment une difficulté à garder un arbre strict.
Avec POLICE, on a donc les objectifs au niveau 2. Comme les impacts, les objectifs restent dans le domaine du problème. On peut considérer que c’est proche, un objectif étant l’impact attendu.

Niveau 2

Avec IM, le niveau 2 répond à la question Comment ? On y trouve les impacts (donc ils sont des descendants des acteurs). Les mesures associées aux impacts figurent en commentaires sur la carte, ils ne font pas l’objet de noeuds. Dans la pratique, la formulation des impacts n’a rien de facile et les mesures sont souvent oubliées. Une notation (par exemple d’une à trois étoiles) permet de les prioriser.
Avec POLICE, on reste dans le domaine du problème en y mettant les impacts clés (résultats clés dans le langage OKR) associées à l’objectif.

Niveau 3

Avec IM, le niveau 3 répond à la question Quoi ? On y trouve les fonctionnalités qu’on a identifiées pour atteindre l’impact associé. On passe ici dans le domaine de la solution.
Avec POLICE, c’est pareil.

Conclusion

La réflexion sur Karma Police avec l’équipe prend tout son sens lors de la préparation d’une saison, pour aligner la mission de l’équipe et son backlog. Pour l’avoir déjà expérimentée concrètement une première fois, nous pensons que le résultat obtenu ici est un bon appui pour aborder le volet solution et embarquer avec l’OVNI.

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Des outils conviviaux

L’utilisation de convivial, associée au mot outil, a pour origine ce livre publié en 1973 :

La convivialité, d’Ivan Illich

Illich emploie le terme d’outil dans un sens très large ; c’est tout ce qui permet de :

… réaliser une tâche spécifique, c’est-à-dire mis au service d’une intentionnalité

Tout objet pris comme moyen d’une fin devient un outil.

On peut donc proclamer que l’agilité elle-même est un outil et que l’agilité radicale est un outil convivial, répondant aux 3 critères donnés par Illich :

  • ne dégradant pas l’autonomie personnelle,
  • ne créant pas de relation maîtres esclaves,
  • élargissant le rayon d’action personnel.

Pendant le confinement, le nom d’Ivan Illich a été souvent évoqué, comme source d’inspiration des philosophes et penseurs préconisant de profiter de ce moment pour en finir avec le productivisme.

Nous, c’est la lecture de Bruno Latour qui nous a conduits à proposer la rétro-confinement. L’agilité désigne habituellement la rétrospective comme une pratique, mais nous pouvons aussi dire outil, au sens d’Illich.

La rétro-confinement est donc le premier outil spécifique de l’agilité radicale. Trois autres ont été ajoutés comme réponses aux problèmes que vous rencontrez. Cela donne l’acronyme ROCK :

  • RETROCONF : la rétro-confinement
  • OVNI : Observer les Valeurs Non Industrielles
  • CARE : Canevas d’Alignement Radical pour une Equipe
  • KARMA : Kata d’Amélioration Radicale de la Maitrise Agile

Nous gardons à l’esprit de proposer des outils conviviaux :

Passer de la productivité à la convivialité, c’est substituer à une valeur technique une valeur éthique
— Ivan Illich

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