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TikTok Lite – l’UE exige des réponses sur la version rémunérée

Par : Korben
18 avril 2024 à 09:09

Aïe aïe aïe, on dirait bien que ce cher TikTok s’est encore fourré dans un sacré pétrin ! Figurez-vous que ces petits malins ont eu la riche idée de lancer en douce une nouvelle fonctionnalité dans leur app, sobrement intitulée « Task & Rewards« , dispo en France et en Espagne. Jusque-là, rien de bien méchant, me direz-vous sauf que voilà, cette version soi-disant « light » du réseau social cache en fait un système de récompenses qui paye les utilisateurs en échange de leur fidélité. Et ça, ça ne plaît pas du tout à l’Union Européenne !

En effet, la Commission Européenne vient de sortir l’artillerie lourde en exigeant des réponses de la part de TikTok dans un délai de 24 heures. Pourquoi tant de précipitation ? Eh bien figurez-vous que cette nouvelle fonctionnalité « Task & Rewards » qui rémunère les utilisateurs de plus de 18 ans à coup de bons d’achat ou de « coins » virtuels en échange de leur attention, inquiète.

Toute d’abord, on peut légitimement se poser la question de l’impact d’un tel système sur la santé mentale des utilisateurs, et en particulier des plus jeunes. Parce que bon, encourager les gens à scroller comme des zombies pour gratter trois cacahuètes, c’est quand même un peu limite… Surtout quand on sait à quel point les réseaux sociaux peuvent générer des comportements addictifs. La Commission s’inquiète notamment de l’efficacité de la vérification de l’âge des utilisateurs et de la gestion des plaintes par la plateforme.

Ensuite, il y a la question épineuse de la protection des données personnelles parce que pour distribuer ses récompenses, TikTok va forcément récolter encore plus d’infos sur nos habitudes, nos goûts, nos clics… Bref, de quoi remplir gentiment sa base de données, nourrir son algorithme et cibler toujours plus finement les utilisateurs.

Et là, l’UE ne rigole pas, elle veut des réponses, et vite !!!

TikTok a donc 24 heures chrono pour fournir son évaluation des risques liés à ce nouveau programme et s’il s’avère que la boîte chinoise a encore une fois voulu capturer toutes nos données sans prendre les précautions qui s’imposent, ça risque de chauffer pour son matricule ! La Commission a des pouvoirs qui pourraient potentiellement forcer TikTok à revoir entièrement, voire stopper son modèle économique si des impacts toxiques son relevés.

Bien sûr, TikTok assure qu’il a pris toutes les dispositions nécessaires, genre limiter l’accès à la fonctionnalité « Task & Rewards » aux plus de 18 ans, plafonner les récompenses à environ 1€ par jour et limiter le temps passé quotidiennement sur l’app, pour gratter des points, à seulement une heure. Mais bon, on ne va pas se mentir, ça ressemble quand même furieusement à une stratégie pour garder les gens le plus longtemps possible sur la plateforme. Comme d’hab quoi.

Les associations de consommateurs en Europe avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur l’UX / UI de la plateforme, notamment l’utilisation de monnaie virtuelle pour créer des incitations à l’engagement. Mais à en juger par la surveillance exercée par la Commission sur l’approche de l’app chinoise en matière de conformité au Digital Services Act (DSA), celle-ci devra peut-être aller plus loin pour satisfaire les responsables de ce nouveau règlement européen.

Alors attention TikTok, l’UE a l’œil sur toi !

Bras-Panon (97) : le CCAS accompagne la population face au Covid-19

30 avril 2020 à 07:00

Durant cette crise Covid19, Territoires-Audacieux.fr se mobilise pour vous permettre de bénéficier de retours d’expérience réussies. Notre objectif ? Vous proposer des témoignages de terrain afin de faire remonter les bonnes pratiques du territoire face au défi du confinement et de ses conséquences.

Par ailleurs, Territoires-Audacieux ouvre son abonnement aux collectivités en ayant besoin durant cette période. Vous pouvez demander à recevoir l’ensemble de nos contenus en cliquant ici.

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Nous avons également souhaité mettre en avant les initiatives de nos abonnés. Troisième exemple avec l’interview de Karine Thirion-Lebon, directrice du CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de Bras-Panon à la Réunion. Elle nous explique le rôle de son CCAS en ces temps de crise.

Depuis le début de cette crise, nous pouvons voir que le rôle des CCAS est très souvent mis en avant, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?

Lorsque l’on parle des CCAS, on dit souvent que ce sont la première portes d’entrée d’un territoire. C’est-à-dire la première porte vers laquelle un administré va se retourner. Cependant, nous avions pendant un moment eu la sensation d’être quelque peu oubliés. De n’être pas reconnus à notre juste valeur. En ces temps de crise, les regards ont changé car les CCAS sont cruciaux pour rassurer, sensibiliser la population, mettre en place des actions d’aide aux plus démunis, ou encore faire le lien entre gouvernement et la population. Les CCAS sont aussi une des rares institutions qui sont restées ouvertes au public en cette période de confinement.

Du fait de la situation actuelle, avez-vous spécifié vos actions à Bras-Panon ?

Une partie de la population réunionnaise est en décalage avec celle de la métropole. La typologie n’est pas tout à fait la même, le taux d’illettrisme est extrêmement important et la fracture numérique existe à la Réunion. Nous nous sommes donc retrouvés face à une part de la population qui était totalement perdue face à des dispositifs (tel que l’attestation de sortie) mis en place par l’État. Cela a été difficile pour eux je pense. Car ce sont ces situations qui creusent la précarité dans lesquelles peuvent être certains. Nos actions se sont donc spécifiées à travers la vulgarisation des dispositifs, l’accompagnement de la population, l’accueil physique et téléphonique pour les plus vulnérables, tout en gardant les services sécuritaires.

Quelles sont concrètement les actions que votre CCAS réalisent en ce moment ?

D’une part, nous sensibilisons les populations aux différents gestes barrières (équipements, distance de sécurité…). Par exemple, nous nous déplaçons dans les trois Résidences Personnes Âgés (RPÂ) de la ville afin de les sensibiliser aux différentes nouvelles procédures. L’explication du fonctionnement de l’attestation de sortie, l’affichage des consignes sanitaires en sont des exemples. Ces différentes démarches ont permis de rassurer et protéger la population. D’autre part, nous continuons notre mission d’aide alimentaire pour les plus démunis avec maintenant la distribution chaque vendredi de 200 « paniers fraîcheurs » avec des fruits et des légumes. Enfin, nous avons créé deux missions sur la plate-forme « Réserve Civique», une de phoning afin d’accompagner les personnes vulnérables. Nous vérifions qu’elles vont bien et qu’elles n’ont pas de problématiques particulières. En effet, certaines se retrouvent seules. C’est le cas des personnes âgées. Elles avaient auparavant des aidants familiaux et dans cette situation de crise, elles n’en ont plus. La seconde mission, concerne le service de course à domicile où il a été important de bien faire attention aux points juridiques car il y a de l’échange d’argent entre bénévoles et résidents. Actuellement quatre bénévoles se sont proposés. Ils font d’ailleurs partie de ces institutions qui sont actuellement fermées.

En cette période, mettez-vous des actions en place avec d’autres CCAS du département ?

Nous avons de la part du Département des demandes d’actions communes aux autres CCAS de la Réunion. Je vous avoue franchement, que pour avoir échangé avec mes collègues, nous avons vraiment eu la sensation d’avoir été au « front » sans vouloir reprendre la métaphore du Président. Nous n’avons pas eu le temps de lever la tête, ainsi l’idée de mise en place de projets communs avec d’autres CCAS n’était pas d’actualité.

Est-ce que votre CCAS a su s’adapter à cette hausse du nombre de personnes en difficultés ?

Les habitants se sont retrouvés du jour au lendemain sans aucune institution ouverte au public. En effet, il a fallu attendre une quinzaine de jours pour que ces institutions se mettent dans un mode de fonctionnement plus à distance avec le télétravail. Ça a donc été à nous de gérer à l’instant. Le public vulnérable, qui a toujours eu de l’accompagnement, s’est retrouvé complètement déstabilisé. Ce dernier a eu le réflexe, et il a eu bien raison, de revenir vers nous. Nous nous sommes donc retrouvés à gérer des situations qui ne relevaient pas de nos compétences. En temps normal, les compétences sont partagées dans le Département, notamment pour les personnes âgées et les familles. Nous nous sommes sentis littéralement compressés et au mis au « front ». Mais, nous n’avions pas le choix de nous adapter en très peu de temps. Nous nous sommes posés tout de suite les bonnes questions et avons travaillé presque tous les jours. Cela nous a permis petit à petit de nous adapter à ce bouleversement.

De quelle manière les informations et instructions vous ont-elle été transmises ?

Brutale. D’un seul coup, bon nombre de mesures sont arrivées de façon très descendantes. Certes, il existe des solutions, mais le plus compliqué est de les mettre en application dans un temps très court et avec peu de personnels. Depuis le début, nous sommes 15 au lieu de 17 et travaillons près de sept jours sur sept. Parfois, j’ai l’impression que l’État ne se rend pas compte de la masse de travail qu’il y a derrière chaque solution. Au début, la ville nous a demandé de travailler sur un nouveau modèle d’organisation de mes équipes, en diminuant leur mobilisation. Cela a duré deux jours étant donné le flux d’habitants qui n’arrivant pas à nous joindre par téléphone (puisque nous étion surchargés d’appels) arrivaient, paniqué, dans nos locaux. J’ai donc dû très rapidement revoir mes modalités d’organisation en rapatriant mes équipes pour que l’ont puissent à minima répondre aux questions de manière pédagogique et rassurer la population. Je pense que nous avons répondu au mieux aux problématiques de notre territoire en essayant malgré tout de conserver nos procédures. Cependant, il va falloir que je formalise certaines décisions qui ont été prises, que je retombe sur le juridique. Par exemple, l’État a exigé que sur chaque territoire des logements de confinement soient repositionnables. Pour réaliser ces démarches, il y a un cadre juridique à respecter. Nous n’avions pas le temps pour ça. Le CCAS de Bras-Panon a donc énormément investi pour que ces logements soient habitables de suite (bail, ameublement, charges…).

Quels types de personnes sont les plus fragilisées par cette crise ?

Deux types de personnes sont les plus fragilisés par cette crise. D’un côté, les personnes âgés qui sont assez nombreuses à Bras-Panon. Elles sont 1500 sur une population de 13 000 habitants. Souvent seules, et beaucoup plus fragiles. Elles sont susceptibles de pouvoir contracter beaucoup plus rapidement le virus. Nous avons donc passé beaucoup de temps à la sensibilisation notamment sur les réseaux sociaux. Les enfants des personnes âgées ont maintenant pris l’habitude de nous signaler si leurs parents ont des problématiques. D’un autre côté, il y a les personnes ayant des problèmes d’addiction. En effet, avec le confinement, ils peuvent très rapidement plus s’alcooliser que d’habitude et ont moins de chances d’être sauvés s’ils ont un souci de santé. Pour tenter de pallier cela, nous avons repris les visites à domicile pour les informer du danger. Mes équipes sont aussi allées aux supérettes locales pour les prévenir de réguler leurs ventes d’alcool afin de protéger ces personnes. Cette sensibilisation a fais ses preuves car chaque vendredi lors de nos circuits, nous passons forcément devant ces personnes vulnérables et nous discutons rapidement avec eux en leur donnant leur panier. Nous pouvons constater qu’ils vont bien.

Comment le CCAS peut-il jouer un rôle de coordinateur entre élus et citoyens sur le territoire ?

Comme j’ai pu l’expliquer précédemment, nous devions faire le pont entre élus et citoyens. D’une part pour vulgariser les propos de la métropole à certains de nos habitants qui ont une autre culture. D’autre part, afin de gérer les soucis de communication. En effet, certaines annonces télévisées furent partagées à la population sans savoir comment elles allaient se mettre en place au sein de chaque CCAS. Il a donc fallu faire de la pédagogie avec les administrés entre ce qu’est un droit et un dû.

Propos recueilli par Maëlle Alibert

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Comparaison n’est pas raison

21 février 2017 à 15:00

X : Ce monde nous demande en permanence de nous comparer les uns aux autres. C’est un désastre, je le sais, mais je passe mon temps à regarder autour de moi pour me déterminer, me définir et réagir en fonction. Je pense que ça me fait vraiment souffrir en fait, mais je n’arrive pas à m’y soustraire.

En même temps, ne peut-il exister une saine compétition ? N’est-ce pas la comparaison qui nous fait progresser, après tout ?…

Y : Je crois qu’il faut bien faire la différence entre la comparaison de faits objectifs et celle liée à l’interprétation subjective. Dire que 9 est supérieur à 8 ou que les poissons nagent plus efficacement que les orang-outans n’enlève rien à personne et n’est pas problématique ; bien au contraire, la comparaison est ici un élément indispensable à un raisonnement construit.

Les soucis commencent lorsque l’on cède à la comparaison de critères subjectifs tels que la beauté, la valeur des choses ou la morale, suivant des règles qui fluctuent selon l’époque et le territoire (et qui sont donc dogmatiques). En particulier lorsque cette comparaison devient ce qui nous guide dans nos raisonnements et nos actes, jusqu’à façonner notre identité personnelle.

Force est de constater que notre éducation toute entière est fondée sur la comparaison de nos résultats et de notre apparence avec ceux de nos frères et sœurs (dès l’enfance et jusqu’à la mort), de nos camarades de classe, de nos voisins, de nos parents, de nos collègues de travail et de nos amis. Et depuis peu dans l’histoire humaine, la comparaison se fait avec des « modèles » inatteignables quoique quotidiens : l’acteur porno, le mannequin photoshopé, la célébrité planétaire, l’ultra-riche à qui tout est permis.

Ces nouveaux objets d’attention, certes issus à la surconsommation, de la surinformation et de la mondialisation, demeurent cependant en accord avec un phénomène social immémorial, présent à la source-même des religions monothéistes comme polythéistes : « si tu suis bien les commandements divins, tu auras droit à l’amour de ton dieu ». Dès lors, comment ne pas vouloir être celui qui ne faillit pas, le bon élève, l’enfant préféré ?

Surtout si l’on considère qu’un échec en la matière a pour conséquence colère et vengeance, voire le droit gratuit et illimité de rôtir en Enfer !

X : Oui, enfin, ce genre de considérations est un peu passé de mode, non ?

Y : Pour nombre de croyants, c’est tout à fait d’actualité, hélas pour eux et pour nous. Rappelons que toutes les religions, leurs lieux de culte et leurs écrits, servent encore aujourd’hui à justifier tout un tas d’actes de répression et de terreur, y compris le Bouddhisme et y compris en Europe.

Mais même pour celles et ceux d’entre nous qui ne se pensent pas lié•es à une religion ou à une idéologie, l’influence de ces structures reste insidieuse et d’un impact bien réel sur notre psyché.

Les traditions et les croyances ont la vie dure ; elles s’ancrent dans nos esprits et se transmettent un peu à la manière d’un virus, de proche en proche, de génération en génération… Trouvant leur expression chez le supporter de foot, le militant pour la paix, le patriote ou le « bon » père de famille. Le plus souvent, sans que nous n’en ayons même conscience.

Ces systèmes hiérarchiques, d’opposition entre ceux qui « font bien » et ceux qui sont exclus de fait, promeuvent un mérite non pas lié aux qualités intrinsèques des personnes, mais lié à la bonne observance de règles qui leur sont totalement extérieures et à la soumission à des signes d’appartenance au groupe tels que l’argent, la plastique, le vocabulaire ou les symboles. Ils furent établis pour asseoir le pouvoir d’une tribu sur une autre, ou d’un groupe minoritaire sur les masses. Personne sur Terre n’est épargné par leur omniprésence.

X : Bon… Je me dis qu’au lieu de me comparer aux autres, je devrais toujours me comparer à moi-même il y a 10 ou 20 ans, et voir si je suis toujours fidèle à moi-même, ou si j’ai totalement cédé au système.

Y : Tu penses vraiment que dans le passé tes raisonnements étaient plus libres de jugements dogmatiques ? Et puis, n’as-tu pas appris avec les années ? N’as-tu pas dépassé certains préjugés ou certaines illusions ? Si ton ambition est d’évoluer personnellement, quel sens cela aura-t-il dans 10 ans de te référer à ton fonctionnement actuel ?

X : Ok. Donc, si le fait de se comparer les uns aux autres suivant des critères dogmatiques est tellement présent en nous, de manière inconsciente et depuis la nuit des temps, comment peut-on espérer s’en libérer ?

Y : Je ne pense pas que l’on puisse totalement s’en libérer. Ce que l’on peut faire en revanche, c’est diminuer sa récurrence, son impact, et les souffrances qui en découlent.

Cela commence par le fait de prendre la comparaison subjective pour ce qu’elle est : un réflexe qui peut être utile pour se positionner en société mais qui ne doit pas servir de base à notre identité personnelle.

Ensuite, il est fondamental de comprendre la relation personnelle que nous entretenons avec chacune de ces comparaisons ; repérer au jour le jour ces moments de réflexe compulsif, les disséquer, en identifier la raison d’être (notre avantage à y céder), et en admettre la violence pour nous-mêmes et pour notre entourage, dès lors qu’ils induisent des décisions et des comportements spécifiques de notre part.

Comme on entreprendrait une désintoxication à une drogue dure, il doit s’agir d’une démarche intègre et sans concession, de mise au jour de nos projections maladives et de l’un de nos plus grands mensonges quotidiens : « Je me compare aux autres, mais je pense et j’agis librement ; je fais mes propres choix et ces choix sont intelligents et justifiés. »

Car toute comparaison répondant au diktat des dogmes contemporains ne permet pas le choix, elle ne permet pas la raison.

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Lettre à Je

2 janvier 2017 à 15:00

Si tu réalisais que le jeu de l’ignorance t’a mené à la bêtiseSi tu réalisais que tu te mens ; pensant bien faire, ayant tout fauxChangerais-tu ?

Si tu voyais que la quête de reconnaissance est un piègeSi tu voyais que ton désir d’appartenance t’a fait te nierChangerais-tu ?

Si tu pensais avoir rompu avec les codes mais ne faisais que répéterSi tout ce dont tu étais si sûr avait rendu ta vie vague et insupportableChangerais-tu ?

Si tu savais que ta quête de Vérité porte une souffrance impossible à apaiserEt si tu te savais tombé si bas que devenu banalement ton propre bourreauChangerais-tu ?

Combien de joie, combien de peineCombien de perte, combien de regretQuel événement, quelle cause, quel effetTe ferait te retournerTe donnerait envie de faire silenceTe ferait changer ?

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Votre ADN vous veut du bien

16 décembre 2016 à 15:00

Sommes-nous donc condamnés à être les spectateurs sidérés et impuissants de la destruction de l’Homme par l’Homme ?

Fonte des glaces, massacres de civils, disparition des girafes, pédophilie, dictature de la finance, viols de guerre, mafia, impunité des dirigeants… Que pouvons-nous face à l’annonce journalière de catastrophes plus scandaleuses les unes que les autres ? Et que pouvons-nous face à la banale bassesse de nos comportements quotidiens ? Haine du voisin, femmes battues, surconsommation, surendettement, dégoût du riche, stigmatisation du pauvre, rejet du migrant, mort anonyme du sans-abris…

Les informations s’enchaînent, les révélations, les dénonciations. Nous pensons peut-être encore qu’elles nous apporteront vérité et soulagement, changement. Tout ça est tellement gros ! Les exactions si évidentes et inouïes ! Mais non. Ce flot incessant ne fait qu’ajouter à notre peine, à notre désarroi, au poids informe et gluant de notre responsabilité personnelle et collective.

Alors, par vagues, nous sommes envahis par la peur. Comment ne pas l’être ? Car ce que nous vivons actuellement porte directement atteinte à ce que notre ADN permet : la survie de l’espèce. À cette peur animale de mourir, de disparaître, nos réactions varient de l’apathie à la révolte, du renoncement à la violence, en passant par le cynisme ou la fuite dans la consommation, le tiercé, la drogue, l’engagement idéologique et que sais-je encore. Et tout cela est bien compréhensible ; tout cela s’explique.

Mais force est de constater que de telles réactions n’ont jamais rien résolu.

Bien sûr, nous avons été bercés au doux refrain de « la connaissance sauvera l’humanité ». Mais où en sommes-nous aujourd’hui, au moment où Internet nous offre, gratuitement ou presque, toute la connaissance du monde ? Apprendre, connaître, savoir nous apporte-t-il la libération, la capacité de discernement ? Manifestement pas. Non, la connaissance ne suffit pas.

« C’est l’amour qui sauvera l’humanité » ! Mais l’amour d’une mère empêche-t-il les comportements à risque ? L’amour de son pays empêche-t-il la guerre ? L’amour d’un homme l’empêche-t-il de battre sa femme ? L’amour pour un dieu empêche-t-il l’intolérance ? Manifestement pas. Non, l’amour ne suffit pas.

Alors est-ce l’art qui sauvera le monde ? La philosophie ? La politique ? Le repère identitaire ? Les progrès de la science ? J’ai bien peur que tout cela ne suffise pas non plus. Car toutes ces choses, malgré leur beauté ou leur puissance, ne nous immunisent pas contre la bêtise et la négligence envers nous-mêmes et les autres. Elles ne sont tout simplement pas suffisantes à la compréhension de ce que nous vivons, de ce que nous reproduisons dans une course effrénée dont la fin n’a jamais semblé si proche.

Mais alors, d’où peut-elle donc émerger cette compréhension, cette clairvoyance qui nous permettra enfin d’arrêter de nous auto-détruire ? 

De ce lieu intime et propre à chacun, de cet espace mental où nous prenons le temps de réfléchir et observer nos insuffisances personnelles, nos raccourcis faciles, notre complaisance, notre manque de courage, notre impatience, et depuis lequel nous pouvons mettre fin à des schémas mentaux et comportementaux issus de traditions non-questionnées, d’habitudes et de superstitions.

Réfléchissons ! Non pas en terme de croyance politique ou religieuse, non pas en terme de morale dictée par la culture dont nous sommes issus. Réfléchissons plutôt AU SUJET de ces croyances et de cette morale prétendument universelle. Réfléchissons à notre si grande tolérance envers ces évidences et ces fausses bonnes idées. Questionnons et défaisons-nous de ces chimères qui ont justifié à travers les siècles et continuent de justifier tant de nos violences et de nos négligences.

L’auto-destruction ne nous est pas naturelle, elle n’est pas inscrite dans notre ADN ! L’auto-destruction individuelle et collective est une construction culturelle, un choix qu’il nous appartient de comprendre à sa source, chacun à notre niveau, et qu’il nous est possible de désosser, pièce par pièce, pour revenir à l’essence-même de la vie : l’évolution.

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Aaah, la méditation…

23 mai 2016 à 15:00

Tout le monde vous le dira : la méditation peut aider à calmer l’esprit. Et le corps. Ou pas. Du tout.

Ce que la méditation permet surtout c’est de nous confronter à nos pensées, à notre bavardage intérieur, à nos obsessions, à nos compulsifs camouflages mentaux, à nos réponses automatiques. Rapidement, elle nous fait réaliser notre très grande tendance à fuir la réalité ; les faits comme les pensées.

Oui, la méditation est un outil formidable pour aborder en conscience ce que nous avons dans la tête et aussi ce que notre corps exprime au travers de douleurs cycliques ou permanentes. En cultivant une attention soutenue à ce qui se présente, de manière systématique et chirurgicale, nous pouvons discerner et disséquer chaque mouvement mental, chaque répétition, chaque réflexe de fuite.

Mais mais mais, la méditation ne nous permet pas, et je dirais même ne nous autorise pas à réfléchir notre petit (grand) manège mental. Car la technique, toutes écoles confondues, nous demande très expressément de mettre de côté chacune de nos pensées ou sensations, dès qu’elle est identifiée… jusqu’à ce que la suivante prenne le relais.

En conséquence, une fois que nous avons aiguisé notre capacité d’attention – et si tant est que nous soyons intéressé•es par notre santé psychologique et par l’intelligence qui peut en émerger – il est important que l’analyse prenne le relais de la méditation/observation.

Sinon, comment comprendre ce qui se passe dans notre esprit ? Comment ne pas perpétuer sans fin et à notre corps défendant toutes ces pensées parasites et majoritairement insensées ? Précisons ici que certaines peuvent être très très (très) étranges, dérangeantes, voire même effrayantes…

De nombreux méditants, en réalisant la qualité de leurs pensées choisissent de méditer de manière soutenue, jusqu’à plusieurs heures par jour, afin d’évacuer ces circonvolutions problématiques (mais se rendent bien vite compte qu’elles reviennent toujours). Ou bien, ils sautent à pieds joints dans la pensée magique, l’adhésion à des croyances spirituelles pleines de vérités éthérées, voire se raccrochent à l’autorité rassurante d’un leader charismatique.

Voilà l’histoire. Voilà comment la méditation peut mener à des souffrances plus importantes que celles qu’elle était supposée « soigner » ; à un profond manque de compréhension, à de lourds malentendus, à des échappatoires farfelues… et même à des désordres mentaux.

La méditation est un outil puissant qui peut réellement affiner notre capacité d’attention et ainsi constituer un terreau favorable à une pensée de qualité. Ce n’est pas une voie magique vers la transcendance de notre corps ou de notre esprit, dans une dimension rêvée.

Dans le plus grand intérêt de notre santé mentale, gardons bien ça en tête.

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