La philosophe Gabrielle Halpern a tenu une conférence à Orléans organisée par le Creai Centre-Val de Loire (Centre Régional d’Etudes, d’Actions et d’Informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité, à l'occasion de la célébration des 60 ans des CREAI, avant d'échanger longuement avec tous les participants.
The French Philosopher Gabrielle Halpern has spoken at the event WSIS + 20 Forum (World Summit on the Information Society), in Geneva, in Switzerland. Alongside experts, she has participated in a round table devoted to the question of the future of news media.
The Future of News Media: AI, Revenue Models, and Democracy (The UN Brief)
Session 250
Wednesday, 29 May 2024 - 14:00–14:45 (UTC+02:00) Physical (on-site) and Virtual (remote) participation
Hear news media entrepreneurs, media policy academics, and a philosopher, Gabrielle Halpern, have speaken about building the future of journalism.
A conversation around the impact of AI on newsrooms, the global news media landscape, and new revenue models for news media organizations. This round-table has address copyright issues, fact-checking, and discussed what news media organizations are focusing on in order to bring trustworthy, reliable, information to readers on tech policy issues. They also discussed how to train the next generation of journalists and adopting AI tools for research, news production, and fact-checking.
The WSIS event was co-organized by ITU, UNESCO, UNDP and UNCTAD and co-hosted by ITU and the Swiss Confederation.
La philosophe Gabrielle Halpern est intervenue à l'occasion de la présentation du projet associatif de l'ASRL, afin de partager sa vision du secteur social et médico-social et d'aborder les implications de la philosophie de l'hybridation qu'elle a forgée pour repenser la question du handicap et de la vulnérabilité.
L’ASRL, Association d’action sociale et médicosociale des Hauts-de-France, accompagne dans l’accès à leur pleine citoyenneté et dans le respect de leur projet personnel, plus de 4000 enfants, adolescents et adultes.
La philosophe Gabrielle Halpern et l'ambassadeur pour la gastronomie, l'alimentation et les arts culinaires, Guillaume Gomez, ont accordé une interview croisée à la Tribune Dimanche, afin de partager leur vision sur l'agriculture, la cuisine et la gastronomie et donner des clés pour améliorer l'éducation à l'alimentation.
Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.
« Nous, les êtres humains, nous adorons prendre des métaphores pour expliquer les choses de la vie. La vie, c’est comme conduire une voiture; la vie, c’est comme une boîte de chocolat (« on ne sait jamais sur quoi on va tomber », précise Forrest Gump!); la vie, c’est comme une sortie en mer sur un voilier, etc. Récemment, j’ai entendu plusieurs fois des comparaisons avec le jeu de go, les jeux de cartes, le jeu de dames, le jeu de l’oie ou encore le jeu d’échecs. Cela fait réfléchir. Certes, il y a des ressemblances dans le fait que l’on effectue une somme de choix dans un ensemble de contraintes et de règles. Certes, il y a des ressemblances dans le fait qu’il y a une part de chance et de hasard. Certes, il y a des ressemblances dans le fait que nous avons tous nos fous, nos rois et nos reines. Mais nous commettrions une erreur d’analyse et d’interprétation immense si nous pensions que tout cela s’équivaut.
En effet, ce que la vie a en plus de tout cela, ce que la vie a en plus de tous ces jeux, de toutes ces comparaisons, de toutes ces métaphores, ce que la vie a en plus de tout cela, c’est l’inédit! Le supplément d’âme de la vie, c’est l’inédit! Jamais, au grand jamais, on ne verra apparaître dans le jeu d’échecs un deuxième roi, un centaure ou une licorne! Alors que dans la vie, si! Des personnages apparaissent, d’autres disparaissent; des personnes sur lesquelles on croyait pouvoir compter se volatilisent, tandis qu’un coup de fil, un sms, un joker, une nouvelle inattendue nous sauvent !
Nous commettons beaucoup d’erreurs, parce que nous prenons nos décisions dans le cadre d’un ensemble de données que nous croyons intangibles, sans imaginer que d’autres données peuvent venir brusquement et radicalement bouleverser le jeu. Souvent, nous sommes désespérés face à une situation, parce que nous prenons toutes les pièces du jeu pour inéluctables. Or, la vie se charge toujours de faire apparaître de nouveaux personnages, de provoquer des événements que l’on n’attendait pas, de créer de nouveaux espaces et de nouveaux temps. Cette idée donne de quoi espérer, quand nous avons perdu toute lueur de courage. L’échiquier de la vie est indéfini, il peut s’élargir ou se rétrécir d’un coup et sans crier gare, dix mille nouveaux pions, tours et dames peuvent surgir ou se volatiliser. Nous ne vivons pas sur un tapis de jeu, mais dans des sables mouvants, sans aucune règle du jeu, malgré nos lois, nos normes, nos rites et nos habitudes. Et contrairement à tous ces jeux, dans la vie, nous ne jouons contre personne. Ou peut-être si, nous jouons contre nous-mêmes… »
The French Philosopher Gabrielle Halpern has spoken at the event WSIS + 20 Forum (World Summit on the Information Society), in Geneva, in Switzerland. Alongside experts, she has participated in a round table devoted to the question of the future of news media.
The Future of News Media: AI, Revenue Models, and Democracy (The UN Brief)
Session 250
Wednesday, 29 May 2024 - 14:00–14:45 (UTC+02:00) Physical (on-site) and Virtual (remote) participation
Hear news media entrepreneurs, media policy academics, and a philosopher, Gabrielle Halpern, have speaken about building the future of journalism.
A conversation around the impact of AI on newsrooms, the global news media landscape, and new revenue models for news media organizations. This round-table has address copyright issues, fact-checking, and discussed what news media organizations are focusing on in order to bring trustworthy, reliable, information to readers on tech policy issues. They also discussed how to train the next generation of journalists and adopting AI tools for research, news production, and fact-checking.
The WSIS event was co-organized by ITU, UNESCO, UNDP and UNCTAD and co-hosted by ITU and the Swiss Confederation.
Suite à des rencontres et de nombreuses visites de terrain en Grèce, dans le cadre de ses travaux de recherche, la philosophe Gabrielle Halpern a conçu et animé plusieurs ateliers de philosophie destinés à des enfants et à des adolescents grecs, dans le cadre du Festival de philosophie organisé par l'Institut français de Grèce.
Pour ce faire, elle a eu la chance de s'appuyer sur l'aide précieuse d'Orphée de Corbière-Kalessis, comédien et metteur en scène, en résidence à l'Institut français. Les enfants et adolescents dont l'âge était situé entre 6 ans et 16 ans ont beaucoup apprécié les jeux, les dessins et les exercices proposés par la philosophe qui souhaitait les faire réfléchir à la thématique de l'intelligence artificielle.
Dessin d'une jeune participante de l'atelier Philo
@DR (Les enfants portent les masques conçus et confectionnés par l'Institut français de Grèce, dans le cadre de son Festival de philosophie).
Petit florilège de réponses:
@DR (Les enfants portent les masques conçus et confectionnés par l'Institut français de Grèce, dans le cadre de son Festival de philosophie).
"Ateliers Philo ludiques autour de l'intelligence artificielle"
=> Quelle est la différence entre les végétaux et les animaux? Quelle est la différence entre les animaux et les êtres humains ? Quelle est la différence entre les êtres humains et les robots? Ces ateliers Philo qui se sont adressés à des enfants et adolescents entre 6 et 16 ans, ont exploré d'une manière ludique et interactive les enjeux de l'intelligence artificielle. Après avoir discuté des frontières qui distinguent les vivants, les participants ont été amenés à réfléchir aux implications de l'intelligence artificielle dans différents contextes. Jeux, devinettes, dessins, exercices en binômes et ateliers d'écriture conçus par la philosophe Gabrielle Halpern ont été mobilisés pour provoquer leur imagination!
@DR
@DR (Les enfants portent les masques conçus et confectionnés par l'Institut français de Grèce, dans le cadre de son Festival de philosophie).
@DR - Photo de la salle "Petit Prince" de l'Institut français de Grèce, à Athènes.
"Les carottes râpées poussent-elles dans les placards ? C’est ce que certains enfants croient, quand ils ne confondent pas les concombres et les courgettes, comme une récente étude l’a montré. Cette méconnaissance est révélatrice d’une terrible tendance de notre société : si nous sommes de plus en plus connectés au virtuel, nous sommes de plus en plus déconnectés du réel. Et l’alimentation fait partie de ce réel ! Cette question ne concerne pas seulement les enfants, mais aussi les adultes. Il y a urgence car elle interroge aussi notre rapport au corps, à la Nature, à autrui et, du cru au cuit, notre relation au temps.
Notre alimentation se révèle en effet aujourd’hui comme le miroir de notre société, de ses fractures, de ses angoisses, de ses fantasmes, de ses angles morts. « Il est tout de même bizarre que ces hommes qui se sont donnés du mal pour fabriquer la nourriture que tu manges, les vêtements que tu portes ou la maison que tu habites, toutes ces choses essentielles pour ta vie, soient tous de parfaits inconnus »[1], écrivait le japonais Genzaburô Yoshino. Nous avons perdu contact avec la Nature, avec la réalité! Combien d’élèves n’auraient jamais vu une vraie vache de leur vie si l’on ne les avait pas emmenés au Salon de l’agriculture ? « Comment donner un sens à sa vie si on ne prête pas attention à son alimentation ? C’est le départ de tout »[2], pour reprendre les mots de Guillaume Gomez, ambassadeur de France pour la gastronomie, l’alimentation et les arts culinaires. « Il faudrait qu’il y ait des petits bacs de potager dans les cours de récréation à l’école pour que les enfants comprennent comment poussent les légumes. Il devrait y avoir des cours de cuisine obligatoires à l’école pour apprendre aux enfants à cuire un œuf, des pâtes. Il ne s’agit pas d’en faire des cuisiniers, mais tout simplement de meilleurs citoyens »[3], écrit-il. Ne faudrait-il pas imaginer un Erasmus agricole en complément du stage professionnel de 3e pour que les enfants reprennent contact avec leur alimentation ? Comment renouer le lien entre les Français et les agriculteurs ?
C’est tout le sens des Journées Nationales de l’Agriculture, qui ont lieu les 7, 8 et 9 juin. Cette édition 2024 a pour thème la question de l’éducation à l’alimentation. Ce bel événement convivial et populaire durant lequel des activités sont proposées partout en France, est l’occasion de revenir sur la place de la nourriture dans nos vies. Comment éduquer à mieux manger ? Mille idées fourmillent, comme en témoigne le succès de la grande consultation citoyenne, lancée en perspective de ces Journées, à l’initiative d’Agridemain, de Make.org et d’Open Agrifood, avec plus de 31000 participants et près de 720 propositions.
Si la France a noué dans le passé une telle relation à la nourriture, - au point que l’on reconnaît un Français au fait qu’il parle de nourriture durant ses repas ! -, c’est peut-être parce que notre pays avait compris combien la cuisine n’était pas seulement une affaire alimentaire, mais une question éminemment civique. Friedrich Nietzsche ne disait-il pas que « tous les préjugés viennent des intestins » ? Renouons avec l’esprit français !"
[1] Genzaburô Yoshino, Et vous, comment vivrez-vous ?, 1937.
[2] Gabrielle Halpern et Guillaume Gomez, « Philosopher et cuisiner : un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe », Editions de l’Aube, 2022.
[3] Gabrielle Halpern et Guillaume Gomez, « Philosopher et cuisiner : un mélange exquis – Le Chef et la Philosophe », Editions de l’Aube, 2022.
La philosophe Gabrielle Halpern a participé à l'événement "Sport Définition" organisé par Bpi France, qui rassemblait toutes les parties prenantes du monde du sport à Paris. Elle a partagé sa vision du sport et la philosophie dans laquelle on pouvait inscrire cette activité pour lui donner un sens dans la Cité.
Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.
« Entre autres choses, les élections européennes nous interrogent sur la question de la relation entre les pays européens. D’ailleurs, dans la vie, en règle générale, la question, le sujet, le problème est toujours la question de la relation à l’autre, qu’il s’agisse de la relation à une autre personne, à un autre pays, à une autre entité. C’est la question essentielle qui nous concerne tous et qui a des implications politiques, sociales, familiales, professionnelles ou encore territoriales. Quelle est la juste relation à l’autre ?
Cette question est au cœur de mes travaux de recherche sur l’hybridation, puisque la philosophie de l’hybridation est une éthique de la relation à l’autre. Pour y répondre, la figure du centaure, mi-homme et mi-cheval, qui est la figure emblématique de mon travail, est très utile. Dans le centaure, quelle est la relation entre la partie humaine et la partie chevaline ? Sont-elles dans une relation de fusion où l’on ne sait plus qui est qui ? Sont-elles dans une relation de juxtaposition où elles coexistent, mais chacune mène sa propre vie dans l’indifférence de l’autre ou sont-elles dans une relation d’assimilation, c’est-à-dire qu’il y a une partie qui essaie de prendre le pas sur l’autre et de la faire disparaître?
Si l’on transpose cette réflexion aux questions diplomatiques, cela se traduirait ainsi :
La première diplomatie est celle du miroir : deux pays se comparent dans le but d’effacer leurs différences et de se ressembler… C’est la rencontre d’uniformisation qui mène à la fusion, donc à une forme de disparition de la singularité des deux pays ;
La deuxième diplomatie est celle de la juxtaposition : deux pays coexistent, dans l’indifférence de la relativité. C’est la rencontre qui n’a pas lieu;
La troisième diplomatie est celle de l’assimilation ou de la confrontation : deux pays entrent en concurrence avec l’ambition de faire disparaître l’autre, en l’assimilant. C’est la rencontre qui anéantit l’autre.
Aucune de ces diplomaties n’est la bonne ; or, si vous prenez beaucoup d’exemples actuels ou passés de la diplomatie, vous constaterez que beaucoup se classent dans l’une ou l’autre de ces catégories, comme s’il n’y avait que trois manières pour des cultures, des pays, des êtres, de se rencontrer.
Or, l’hybridation, justement, ce n’est ni la fusion, ni la juxtaposition, ni l’assimilation ; le centaure n’entre dans aucun de ces pièges. Il existe une quatrième voie, qui est que j’appelle la « métamorphose réciproque » [1]: c’est-à-dire que pour obtenir un centaure, il ne suffit pas de mettre un homme sur un cheval, mais il faut que chacune des parties fasse un pas de côté pour aller vers l’autre, se métamorphose au contact de l’autre, et alors seulement il y aura rencontre.
La tierce-diplomatie par l’hybridation peut faire émerger une nouvelle géopolitique. Il ne s’agit ni de fusionner, ni de coexister sans se voir, ni de s’affronter ; mais de s’hybrider, c’est-à-dire d’imaginer une combinaison permettant de se transformer et de se féconder l’un l’autre sans menacer la singularité de chacun. Cette géopolitique de l’hybride pourrait peut-être permettre de repenser les bases des relations entre les pays européens.
Comment penser l’hybridation de l’Europe ? Cela constitue l’un des défis politiques majeurs des prochaines années »…
[1] Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Éloge de l’hybridation », Le Pommier, 2020.
La philosophe Gabrielle Halpern a participé à l'émission protestante Solae, diffusée sur France Culture. Elle a débattu avec le Pasteur Vincent Miéville, de la question de l'hospitalité, au micro de Jean-Luc Gadreau.
La philosophe Gabrielle Halpern a été invitée à Poitiers par l'Institut des hautes études de l'éducation et de la formation (IH2EF) pour intervenir à l'occasion d'un séminaire dédié à la question du management collaboratif, réunissant près de 200 chefs d'établissements, cadres d'académie, inspecteurs, ingénieurs de formation et membres d'équipes pédagogiques.
Cette chronique est présentée par Gabrielle Halpern chaque mardi dans le journal de 12h sur la radio RCJ et vous offre un regard philosophique sur l'actualité.
« La liberté ressemble à tous ces grands mots à majuscule auquel il nous arrive de penser de temps en temps. Français d’aujourd’hui, nous avons malheureusement oublié que la liberté n’a rien d’une évidence et qu’elle est un apprentissage. Nous avons perdu de vue que la liberté n’a rien d’une promenade de santé et qu’elle peut être également très douloureuse. Alors que les petits enfants rêvent de devenir grands, les adolescents ont déjà l’intuition que la liberté des adultes est un pouvoir de choisir qui s’accompagne d’une immense responsabilité et de cruels sacrifices, tandis que les plus âgés ont enfin compris que la liberté, telle une pierre de Sisyphe, nécessite d’être sans cesse ré-apprise et reconquise.
Le peintre Hans Hartung disait : « Quant à moi, je veux rester libre, d’esprit, de pensée, d’action. Ne pas me laisser enfermer par les autres ni par moi-même ».
Après les confinements sanitaires, chacun d’entre nous était si heureux d’avoir retrouvé la liberté d’aller et venir, de voir ceux qu’il aime, de reprendre ses habitudes. Mais sommes-nous vraiment libres aujourd’hui ? Le confinement n’est pas toujours celui que l’on croit, ni là où on le croit…
Ne sommes-nous pas confinés autrement ? Enfermés, non pas dans nos maisons et appartements, mais dans le regard des autres ? Dans les injonctions sociales ? Dans nos obsessions et nos carcans ? Dans notre propre regard : l’idée que nous avons de nous-mêmes et qui ne correspond pas forcément à ce que nous sommes ? Aujourd’hui, sommes-nous vraiment déconfinés ?
Non, et le confinement auquel nous nous astreignons est sans doute le pire, le plus strict et le plus sévère. Les murs et les portes que nous nous imposons sont faits de nos peurs, de nos timidités, de nos illusions, de nos faiblesses et de nos préjugés... Nos démons ! Et dans ce confinement personnel, il n’y a ni dérogation, ni attestation de sortie. Ce virus qui nous entrave est semblable à ces démons qui nous empêchent si souvent de vivre comme nous le voudrions.
Sans le savoir, nous nous transformons aussi en démons pour les autres en les enfermant dans nos regards, nos jugements, nos peurs et nos croyances. Sans le vouloir, nous sommes si souvent les murs et les portes qui confinent ceux qui nous entourent et les empêchent d’être libre.
N’est-il pas temps de libérer les autres de nos regards, de nos peurs et de nos jugements ? Et pour ce qui est de nous-mêmes, n’est-il pas temps d’expérimenter dans notre laboratoire intérieur, à force de tubes à essai, de microscope et de patience, le remède qui nous aidera enfin à être libres ? »
Suite à sa conférence à l'Institut des hautes études de l’éducation et de la formation, à Poitiers, les directeurs des Ecoles Académiques de la Formation Continue de Guadeloupe et de Martinique ont sollicité la philosophe Gabrielle Halpern, afin qu'elle les accompagne dans la construction de leur futur Plan de formation.
A l'issue d'une présentation de ses travaux de recherche auprès de nombreuses parties prenantes des Académies de Guadeloupe et de Martinique, la philosophe Gabrielle Halpern a animé un atelier de réflexion collective réunissant cadres, inspecteurs, chefs d’établissement, enseignants ou encore ingénieurs de formation. Dans ce cadre, ils ont pu imaginer et construire ensemble des réponses et des solutions concrètes aux défis auxquels ils sont confrontés.
A partir de ces pistes opérationnelles et de ses travaux de recherche en philosophie sur l’hybridation[1], la philosophe Gabrielle Halpern a écrit et présenté une étude de prospective, ayant pour objectif d'inspirer l’écriture du futur Plan de Formation Continue des deux Ecoles académiques.
[1]Gabrielle Halpern, « Tous centaures ! Eloge de l’hybridation », Le Pommier, 2022.
L'académicien Erik Orsenna et l'ancien ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, ont publié un ouvrage écrit à quatre mains: "Nourrir sans dévaster", consacré à l'agriculture. Ayant pris connaissance des travaux de recherche de la philosophe Gabrielle Halpern, notamment dans leurs implications pour repenser le monde agricole et les liens entre l'agriculture et la société et après en avoir échangé avec elle, ils ont consacré un chapitre de leur livre à la question de "l'hybridation des compétences", - un axe fort de la philosophie de l'hybridation développée par Gabrielle Halpern.
Alors que le journal La Tribune Dimanche a préparé un dossier spécial sur la question de l'allongement de la durée de la vie, la philosophe Gabrielle Halpern a pris la parole, afin de partager avec les lecteurs son regard sur cette question, en expliquant ce qui, selon elle, permettrait de donner du sens à ces années supplémentaires.
(Extrait) « Alors que les progrès médicaux permettent d’allonger la durée de la vie, il semble que nous n’ayons pas pris conscience de tout ce que cela pourrait changer dans nos vies, nos activités, nos sociétés et même, notre humanité. Nous luttons contre le temps qui passe et nous repoussons sans cesse la mort, comme pour contourner les malédictions divines : en effet, dans la Bible, les êtres humains sont condamnés au travail et au trépas après qu’ils ont mangé le fruit défendu. Notre rébellion contre la sentence funeste emporte nos destins et l’organisation de nos sociétés, et elle semble justifier le développement de toutes les technologies possibles et de tous les fantasmes transhumanistes.
Or, l’allongement de la vie ne peut pas être un projet individuel et malheureusement, nous poursuivons cette quête sans réflexion ni anticipation... En effet, la collectivité doit nécessairement en être partie prenante, en transformant radicalement les transports, les logements, l’aménagement des territoires, les lieux de loisir, de culture et de soin. Aujourd’hui, l’espace public n’est pas adapté au grand âge. Si les personnes âgées sont condamnées à rester chez elles, l’allongement de la vie sera absurde ; ces années supplémentaires n’auront un sens que si on leur en donne un à l’échelle sociétale (...).
Les mouroirs que constituent encore trop souvent les maisons de retraite sont à réinventer pour devenir des lieux de vie et d’hybridation[1], mêlant les générations et les activités, du sport à l’art en passant par la cuisine ! Pour honorer la vieillesse, encore faudra-t-il aussi la laisser nous transmettre la force de son expérience, au lieu de la mépriser, en la mettant au rebut de nos vies sociale et familiale, et surtout du monde professionnel. Il va nous falloir inventer de nouveaux dispositifs pour donner aux personnes âgées toute leur place dans le monde du travail.
Mais la vieillesse ne peut pas être seulement le temps de la transmission, elle doit être aussi celui de l’apprentissage. Un grand penseur européen, Elias Canetti, rappelait que « la vie est un éternel rétrécissement ». De fait, lorsque l’on est jeune, toutes les portes sont encore ouvertes. A mesure que le temps commet son office, les choix se restreignent et l’on passe progressivement du monde à son pays, puis sa ville, son quartier, son appartement et son fauteuil... Si l’on ne veut pas voir sa vie réduite à peau de chagrin, il faudra apprendre à « jeter son ancre le plus loin possible », comme cette magnifique dame de 92 ans qui se met à apprendre l’allemand ! La mère de toutes les valeurs est la curiosité, puisqu’elle entraîne dans son sillage toutes les autres. Ce ne sont pas les nouvelles technologies qui nous augmenteront, mais nous-mêmes en étant curieux de tout ce que nous ne connaissons pas encore.
État, collectivités, entreprises, société civile, il nous faut collectivement repenser le rôle des aînés pour que la vie ait toujours un sens !"
[1] Gabrielle Halpern, Tous centaures ! Eloge de l’hybridation, Le Pommier, 2020.
Comme tous les ans, la philosophe Gabrielle Halpern s'est rendue au Salon de l'agriculture, afin de rencontrer les agriculteurs et d'échanger avec eux sur de multiples enjeux: développement de nouveaux modèles, partenariats, formation et renouvellement des générations, féminisation et parité, jeunesse et transmission, place de l'agriculture dans la société, etc...
Venue sur le stand d'Agridemain, qui crée des ponts entre l'agriculture et la société, elle s'est exprimée sur la question de l'éducation à l'alimentation. Il s'agit justement du thème des Journées Nationales de l'agriculture les 7, 8 et 9 juin 2024, qui célèbrent l'agriculture sous toutes ses formes.
La philosophe Gabrielle Halpern est intervenue à l'occasion d'une journée organisée à l'initiative de l'Association Pré de la Bataille, dont la mission est d’accompagner des personnes en situation de handicap, en difficulté sociale ou éloignées de l'emploi et de contribuer à leur insertion sociale et professionnelle.
La philosophe Gabrielle Halpern était présente au festival du livre de Paris pour rencontrer ses lecteurs et leur dédicacer ses derniers ouvrages, publiés aux Editions de l'Aube.
« Si la cuisine est une forme de chimie entre les aliments, la philosophie est une alchimie entre les idées, entre les concepts. L’ingéniosité du cuisinier réside, entre autres, dans les mariages qu’il va réussir à réaliser entre les aliments, entre les saveurs ; celle du philosophe réside dans sa capacité à créer des ponts entre des mondes, entre des idées. Le philosophe et le cuisinier sont des marieurs, si j’ose dire ! Sans compter qu’ils sont tous les deux au service de la société et que chacun à sa manière lui apporte une nourriture qui lui permet de survivre et de vivre » (« Philosopher et cuisiner » coécrit avec Guillaume Gomez).
« Et si un hôtel était plus qu’un hôtel ? Et s’il était à la fois un miroir et un angle mort de notre société, reflétant et cachant ses besoins, ses habitudes, ses préjugés, ses angoisses, ses fantasmes et ses métamorphoses ? » (« Penser l’hospitalité » coécrit avec Cyril Aouizerate)
« Et si l’opéra était un reflet du monde plus fidèle qu’il n’y paraît ? Qu’est-ce que l’opéra a à nous dire de notre société, de nos failles, de nos angoisses, de nos désirs, de nos lâchetés et de nos grandeurs ? N’est-il pas une invitation à transgresser les frontières, les rôles et les idées reçues ? Art jugé élitiste par beaucoup, il est bien plus ancré dans la réalité qu’on ne le croit, et même visionnaire dans les questions qu’il nous pose sur notre rapport aux autres, au courage, à la liberté et à soi » (« Et si le monde était un opéra? » coécrit avec Marina Viotti).
Ces ouvrages sont publiés dans la collection « Hybridation » que Gabrielle Halpern a créée et dirige auxEditions de l'Aube.